J'ai cherché à connaître, alors que les négociations de Trump avec les chinois ne se déroulent pas dans la meilleure harmonie, pourquoi les chinois préfèrent acheter du matériel américain pour plusieurs dizaines de milliards de US $, j'ai donc enquêté sur un choix stratégique au cœur de ces turbulences géopolitiques
Boeing 737 MAX plutôt qu'Airbus A320neo ?
Le marché chinois de l'aviation commerciale est l'un des plus convoités au monde. Selon les projections, Pékin aura besoin de plus de 8 500 avions neufs d'ici vingt ans, soit plus de 20 % des livraisons mondiales prévues. Or, derrière les chiffres mirobolants, une question brûlante se pose : pourquoi la Chine envisageait-elle de commander jusqu'à 500 Boeing 737 MAX , alors que l'alternative européenne, l'Airbus A320neo, semble tout aussi compétitive, voire plus sûre sur le plan politique ?
Car l'époque où les décisions d'achat se limitaient aux performances techniques et aux coûts d'exploitation est révolue.
Les relations sino-américaines oscillent entre coopération commerciale et confrontation stratégique , notamment autour de la question de Taïwan, des droits technologiques et de la suprématie industrielle. Pourtant, des négociations entre Boeing et Pékin ont été évoquées récemment, laissant planer un paradoxe : comment justifier un rapprochement commercial alors que la rivalité géopolitique s'intensifie ?
En apparence, Airbus pourrait tirer son épingle du jeu. En cas de restrictions américaines, l'avionneur européen semblerait mieux placé pour fournir des appareils à la Chine. Mais la réalité industrielle est plus complexe : Les moteurs CFM Leap , qui équipent la famille A320neo, sont produits par une co-entreprise franco-américaine (Safran-General Electric). Certains modèles, comme l'A330neo, utilisent également des Pratt & Whitney américains.
Conséquence : si Washington impose des restrictions d'exportation de moteurs vers la Chine , Airbus serait tout autant paralysé que Boeing. Le fameux « made in Europe » n'est donc pas synonyme d'indépendance technologique.
Le Boeing 737 MAX traîne encore l'ombre des deux crashs meurtriers de 2018 et 2019, qui avaient cloué au sol la flotte mondiale pendant près de deux ans. Mais depuis, l'avionneur a investi des milliards dans la mise à jour de ses systèmes et dans la restauration de sa réputation.
Pour Pékin, acheter du Boeing pourrait servir plusieurs objectifs stratégiques :
Un geste politique calculé : malgré les tensions, un commandement massif de Boeing pourrait être interprétée comme une ouverture dans les négociations commerciales avec Washington.
Diversification des fournisseurs : dépendre uniquement d'Airbus rend la Chine vulnérable aux décisions européennes alignées sur la politique américaine.
Effet de levier diplomatique : en maintenant Boeing dans le jeu, Pékin garde un atout pour négocier des concessions technologiques ou des levées de sanctions dans d'autres secteurs (semi-conducteurs, IA, télécommunications).
Un concurrent en embuscade : le COMAC C919
Pendant ce temps, l'avionneur chinois COMAC accélère le développement de ses modèles C919 et C929, copies troublantes des Airbus... visant une autonomie industrielle à l'horizon 2035.
Mais ses avions reposent encore sur des composants occidentaux (moteurs Leap, avionique Honeywell, etc.), et leur production reste limitée.
Afin que COMAC atteigne une capacité de production massive, les entreprises chinoises doivent compter sur Boeing et Airbus pour soutenir la croissance du trafic intérieur et international .
C'est un choix qui dépasse la technique. La décision finale ne se jouera pas seulement sur le rendement en carburant, la capacité passagers ou les coûts d'entretien. Elle se situe à la croisée des enjeux commerciaux, diplomatiques et technologiques .
Si Pékin choisit Boeing, ce sera moins pour des raisons d'ingénierie que pour peser dans l'équilibre géopolitique mondial , envoyer un signal à Washington et maintenir un équilibre stratégique entre les fournisseurs occidentaux.
Loin d'être un simple marché aéronautique, l'affaire des 500 avions devient un indicateur majeur de la direction qui prendront les relations sino-américaines dans les années à venir .
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