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lundi 11 août 2025

Israël : Vers la construction d'un nouveau jet furtif de 6ème génération ! ... JBCH N° 219


J'ai rencontré il y a plus de dix ans David Harari, ancien responsable chez Israel Aerospace Industries (IAI), il m'a raconté comment il a joué un rôle notable dans le développement des premiers systèmes opérationnels de drones israéliens,  Il avait eu cette idée quand les américains ont fermé le projet "Lavi" Ce travail a permis à Israël de devenir, dès les années 1980, un leader mondial dans la technologie des véhicules aériens sans pilote (UAV), avec des exportations massives et des avancées techniques significatives .

Israël pour un avion de chasse furtif de nouvelle génération







La décision potentielle d'Israël de chercher de nouveaux partenaires pour le développement d’un avion de chasse furtif de nouvelle génération d’ici 2028, comme rapporté par The Jerusalem Post, marque un tournant stratégique dans sa politique de défense. 


Cette initiative est motivée par une combinaison de leçons historiques, de réalités géopolitiques actuelles et du besoin d’une plus grande autonomie stratégique. Le texte met en lumière l’évolution des dynamiques du marché mondial de la défense et la position d’Israël au sein de celui-ci, en particulier face à la préférence croissante des nations européennes pour les systèmes fabriqués aux États-Unis, ce qui présente à la fois des opportunités et des défis. 


Ce commentaire explore les implications de cette décision, son contexte historique, les motivations derrière la recherche de nouveaux partenariats, ainsi que les obstacles et opportunités potentielles sur le marché mondial des exportations de défense.


Du Kfir et du Lavi aux défis modernes

L’industrie aérospatiale israélienne, dirigée par des entreprises comme Israel Aerospace Industries (IAI), a une longue histoire d’innovation, illustrée par les programmes Kfir et Lavi. Le Kfir, dérivé du Mirage 5 français, était un chasseur multirôle à succès qui a démontré la capacité d’Israël à adapter et améliorer des plateformes existantes. 



Son succès, tant sur le plan domestique qu’à l’exportation, a mis en avant les prouesses techniques d’IAI. Cependant, le programme Lavi, destiné à produire un chasseur de quatrième génération de pointe, est une histoire plus complexe. Malgré des progrès significatifs, le Lavi a été abandonné en 1987 sous la pression des États-Unis, qui y voyaient un concurrent de leur F-16 et étaient réticents à financer une plateforme rivale par le biais de l’aide militaire. 


L’annulation a porté un coup dur aux aspirations d’Israël en matière d’indépendance aérospatiale, le contraignant à dépendre des plateformes américaines comme le F-16 et, plus tard, le F-35.


L’annulation du Lavi a mis en évidence les risques d’une dépendance excessive envers un seul partenaire, en particulier lorsque ce dernier a des intérêts commerciaux concurrents. La mention dans le texte de la recherche de nouveaux partenaires d’ici 2028 suggère qu’Israël est déterminé à éviter de répéter cette erreur. 


L’échec du programme Lavi a appris à Israël l’importance de sécuriser des partenariats étrangers pour partager les charges financières et techniques, comme on l’a vu dans des projets réussis tels que le Dôme de fer et le David’s Sling, qui ont bénéficié de collaborations internationales. 


Ce contexte historique encadre la démarche actuelle d’Israël pour un nouvel avion de chasse furtif comme un mouvement stratégique visant à reconquérir sa souveraineté technologique tout en atténuant les risques grâce à des partenariats diversifiés.


Chercher de nouveaux partenaires !

La décision d’explorer de nouveaux partenariats pour un avion de chasse furtif de nouvelle génération repose sur plusieurs impératifs stratégiques. Premièrement, le texte note que l’évolution du paysage mondial de la défense pose des défis au marché des exportations de défense d’Israël. 


Les nations européennes, qui représentaient 54 % des 8 milliards de dollars d’exportations de défense d’Israël en 2024, optent de plus en plus pour des systèmes fabriqués aux États-Unis, comme le système de défense antimissile Patriot. 


Cette tendance menace la part de marché des géants israéliens de la défense comme IAI, Elbit Systems et Rafael Advanced Defense Systems, qui ont historiquement concurrencé sur les prix, la rapidité de livraison et les performances. 


Développer un chasseur de nouvelle génération pourrait aider Israël à maintenir son avantage compétitif en proposant une plateforme unique de haute valeur intégrant ses systèmes avancés, tels que les suites de guerre électronique et les munitions à guidage de précision.


Deuxièmement, le texte fait allusion à des relations tendues entre les États-Unis et Israël en matière de défense, notamment avec l’expiration imminente de l’accord actuel d’aide militaire américaine de 3,8 milliards de dollars par an en 2028. 


Sans un nouvel accord favorable, Israël pourrait faire face à une pression financière accrue pour financer ses acquisitions de défense, y compris des avions avancés comme le F-35 et le F-15EX. 


La volonté des États-Unis de pousser Israël à acheter des systèmes américains, comme l’a illustré le président Donald Trump en plaidant pour les entreprises de défense américaines, complique davantage l’autonomie d’Israël. 


Le coût élevé des plateformes de nouvelle génération, comme le F-47, estimé à 300 millions de dollars par unité, souligne le besoin de partenaires pour partager les coûts. En développant son propre chasseur avec une collaboration internationale, Israël pourrait réduire sa dépendance à l’aide américaine et négocier de meilleures conditions pour les transferts de technologie et la production locale.


Troisièmement, les dynamiques de sécurité régionale nécessitent une plus grande indépendance. La prolifération d’avions de chasse avancés, comme le F-35, dans des pays du Moyen-Orient tels que les Émirats arabes unis, le Qatar et potentiellement l’Arabie saoudite, soulève des inquiétudes quant à l’avantage militaire qualitatif d’Israël. 


Bien que le F-35I Adir d’Israël soit personnalisé avec des systèmes indigènes, l’exportation potentielle de plateformes américaines moins restreintes à des rivaux régionaux pourrait éroder cet avantage.


 Développer un chasseur furtif de nouvelle génération adapté aux besoins spécifiques d’Israël, comme des capacités de frappe à longue portée et une intégration avec ses systèmes C4I, garantirait une supériorité aérienne continue, en particulier face à des menaces comme le programme nucléaire iranien.


De nouveaux partenaires ?


Le texte identifie plusieurs partenaires potentiels pour le programme d’avion de chasse d’Israël, chacun offrant des opportunités uniques. 


L’Inde, avec son propre programme d’avion de combat moyen avancé (AMCA) de cinquième génération, est un candidat prometteur en raison de ses solides liens de défense avec Israël. 


Une collaboration pourrait tirer parti des ressources financières et de l’expertise aérospatiale croissante de l’Inde, tout en offrant à Israël un accès à un marché de défense massif. 


De même, le programme mondial de combat aérien (GCAP), impliquant le Japon, la Grande-Bretagne et l’Italie, représente une opportunité de rejoindre un effort multinational pour développer un chasseur de sixième génération. 


Le vécu sur le terrain donne une expérience unique à Israël; la guerre des douze jours contre l'Iran a montré la totale maitrise de Tsahal. L’expertise d’Israël en avionique, guerre électronique et systèmes de missiles pourrait enrichir le GCAP, tout en réduisant les coûts de développement et en augmentant le potentiel d’exportation.


Le système de combat aérien futur (FCAS) de l’Allemagne, malgré des négociations difficiles avec la France, pourrait également être un partenaire viable. 


Les systèmes avancés de radar et de renseignement d’Israël pourraient aider à surmonter certains obstacles techniques du FCAS, favorisant une collaboration mutuellement bénéfique. 


La Suède, confrontée au besoin de remplacer sa flotte vieillissante de Gripen, offre une autre opportunité. Un partenariat pourrait intégrer des systèmes israéliens dans un Gripen de nouvelle génération, combinant l’expertise suédoise en conception avec la technologie éprouvée au combat d’Israël. 


Ces partenariats s’alignent sur la stratégie d’Israël de co-développer un chasseur intégrant ses systèmes, garantissant à la fois une pertinence opérationnelle et une compétitivité à l’exportation.

Une collaboration pourrait stimuler l’industrie de défense israélienne, créant des milliers d’emplois et réduisant la dépendance aux achats d’avions américains. 


En se positionnant comme un acteur clé dans le développement mondial de la défense, Israël pourrait pénétrer des marchés émergents, notamment en Asie et en Europe, où la demande pour des chasseurs avancés est en croissance. 


Le succès de systèmes israéliens comme l’Arrow 3 et le SPYDER démontre l’attrait mondial de sa technologie, qui pourrait être exploitée dans un nouvel avion de chasse pour capter des parts de marché face aux concurrents américains et russes.


Défis sur le marché mondial de la défense

Malgré ces opportunités, Israël fait face à des défis importants. On peut noter la préférence croissante pour les systèmes fabriqués aux États-Unis en Europe, ce qui pourrait limiter le potentiel d’exportation d’Israël. 


Concurrencer des acteurs établis comme Lockheed Martin et Boeing, dont les programmes F-35 et F-47 bénéficient d’investissements massifs et d’une influence politique américaine, est une tâche redoutable. 


Le coût élevé du développement d’un chasseur furtif :  potentiellement des milliards de dollars, nécessite des investissements étrangers substantiels, qui pourraient être difficiles à obtenir compte tenu des risques impliqués. L’annulation du programme Lavi rappelle que même les projets bien financés peuvent échouer sans un soutien politique et financier soutenu.


Les considérations géopolitiques posent également des défis. Des partenaires potentiels comme l’Inde et le Japon peuvent être confrontés à leurs propres contraintes, y compris des pressions politiques internes et des priorités concurrentes. 


S’aligner sur le GCAP ou le FCAS pourrait impliquer de naviguer dans des dynamiques multinationales complexes, comme on le voit dans le programme FCAS actuellement en difficulté. De plus, la dépendance d’Israël à l’aide militaire américaine complique sa capacité à poursuivre des projets entièrement indépendants. 


Les États-Unis pourraient s’opposer aux efforts d’Israël pour développer un chasseur concurrent, en particulier s’ils perçoivent une menace pour leur industrie de défense ou leur influence régionale.


La France, par l'intermédiaire de Macron a fait comprendre au Salon du Bourget en fermant les stands israéliens, qu'Israël était un concurrent redoutable et redouté.


Les défis techniques sont tout aussi redoutables. 


Développer un chasseur furtif de sixième génération nécessite des avancées dans la technologie de furtivité, l’intelligence artificielle et les systèmes de propulsion. 


Bien qu’Israël excelle dans l’avionique et la guerre électronique, et l'expérience sur le terrain, il manque d’échelle par rapport aux industries aérospatiales américaines ou européennes dans des domaines comme la conception de cellules et la fabrication de moteurs. 


Les partenariats devront combler ces lacunes sans compromettre l’exigence d’Israël d’une production locale importante et d’une intégration de ses systèmes.


La quête d’Israël pour un avion de chasse furtif de nouvelle génération d’ici 2028 reflète une réponse stratégique aux leçons historiques, aux défis géopolitiques actuels et au besoin d’une plus grande autonomie de défense. 


L’annulation du programme Lavi a souligné les risques de dépendre d’un seul partenaire, tandis que l’évolution du marché mondial de la défense et l’influence américaine mettent en lumière l’urgence de la diversification. 




Des partenariats avec des nations comme l’Inde, le Japon ou les pays européens offrent des opportunités de partager les coûts, d’améliorer les capacités et d’élargir les marchés d’exportation. Cependant, la concurrence des systèmes américains, les contraintes financières et les obstacles techniques présentent des défis importants. 


En s’appuyant sur son expertise technologique et son expérience historique, Israël a le potentiel de se positionner comme un leader dans le développement de chasseurs de nouvelle génération, garantissant à la fois son indépendance stratégique et un avantage compétitif sur le marché mondial de la défense... A suivre !



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