Réflexion autour de la reconnaissance du génocide arménien par Israël
Il est tout à fait anormal que l'Etat d'Israël n'aie toujours pas reconnu le génocide des arméniens de 1915, le premier génocide du XXème siècle.
Lors d’un entretien sur le podcast de Patrick Bet-David, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a déclaré pour la première fois, à titre personnel, qu’il reconnaissait le génocide arménien.
Cette affirmation est d’autant plus symbolique qu’elle émane du chef du gouvernement de l’État juif, dont l’histoire est intimement liée à la mémoire de la Shoah.
Pourtant, cette reconnaissance n’a pas encore été traduite en un acte officiel de l’État d’Israël, comme un vote de la Knesset. Cet acte est urgent, notre proximité de destin avec les arméniens l'exige.
La question surgit donc : pourquoi ce geste est-il intervenu si tard, alors que de nombreux pays ont depuis longtemps reconnu le massacre des Arméniens par l’Empire ottoman (1915-1917) comme un génocide ? Et pourquoi ne pas franchir l’étape décisive d’une ratification parlementaire, qui engagerait Israël tout entier et non seulement son chef de gouvernement ?
La première explication réside dans la géopolitique régionale. Israël, depuis sa fondation, a cherché des alliés stratégiques parmi les puissances non arabes de son environnement. La Turquie, membre de l’OTAN, fut longtemps un partenaire privilégié, notamment sur le plan militaire.
L’Azerbaïdjan, État chiite mais proche d’Israël, fournit aujourd’hui une part importante du pétrole consommé dans le pays et achète massivement de l’armement israélien.
Reconnaître officiellement le génocide arménien équivaudrait à provoquer une rupture avec Ankara et dans une moindre masure Bakou, deux États qui ont une ambassade à Tel Aviv, et qui nient vigoureusement ce crime historique.
Israël a donc choisi la prudence, à tort à mon avis, préférant maintenir ses intérêts stratégiques plutôt que de heurter ces partenaires. La Turquie se positionnant politiquement contre Israël, mais entretient des relations économiques se montant à 4 milliards de US $.
Une autre raison du retard tient à une réticence identitaire et mémorielle. La Shoah occupe une place unique dans la conscience nationale israélienne et dans l’histoire universelle.
Certains responsables politiques ont redouté que reconnaître d’autres génocides ne « relativise » la singularité de l’extermination des Juifs d’Europe. Même si cette crainte est critiquée par de nombreux historiens, elle a contribué à freiner la reconnaissance officielle du génocide arménien en Israël.
Israël observe souvent la position des États-Unis. Or, Washington n’a reconnu officiellement le génocide arménien qu’en 2021, sous la présidence de Joe Biden. Avant cela, tous les présidents américains, républicains comme démocrates, avaient soigneusement évité ce terme, afin de ne pas détériorer leurs relations avec la Turquie, alliée stratégique au sein de l’OTAN. Israël a suivi une logique comparable.
La déclaration personnelle de Netanyahou, bien qu’importante, ne suffit pas. Pour qu’Israël reconnaisse officiellement le génocide arménien, il faudrait un vote de la Knesset. Or plusieurs obstacles s’y opposent :
Diplomatie et sécurité nationale : une telle ratification aurait des conséquences directes sur la coopération militaire et énergétique avec l’Azerbaïdjan, ainsi que sur les relations économiques et diplomatiques avec la Turquie.
Équilibre politique interne : la coalition actuelle, comme les précédentes, regroupe des partis aux positions divergentes. Certains députés, sensibles aux enjeux mémoriels, sont favorables à la reconnaissance, tandis que d’autres craignent ses conséquences diplomatiques.
Calculs de realpolitik : Israël, engagé sur plusieurs fronts (Iran, Gaza, Hezbollah), a besoin d’alliés régionaux et n’a pas intérêt à se couper de partenaires stratégiques en raison d’un geste symbolique.
Pourtant Israël a reconnu la république d'Arménie en 1991, issue de l'ex URSS, depuis, Les deux pays ont signé plusieurs accords dans les domaines de la culture, de la science, de la santé, de l’éducation, de l’agriculture, ainsi qu’en matière d’investissements, de fiscalité et de douanes. De nombreux arméniens , entre 5 et 10 000 sont citoyens israéliens.
Ainsi, la Knesset hésite à s’engager officiellement, préférant laisser cette question dans le registre de la reconnaissance individuelle ou parlementaire ponctuelle (certaines commissions ont déjà évoqué le génocide arménien), plutôt que d’adopter une loi engageant définitivement l’État.Pourtant, la reconnaissance officielle ne se limite pas à un calcul diplomatique. Elle touche à la cohérence morale et historique d’Israël.
En tant qu’État né en partie de la tragédie de la Shoah, Israël porte une responsabilité particulière dans la défense de la mémoire des génocides. Nombreux sont les Arméniens, Assyriens et Grecs qui attendent de la nation juive qu’elle reconnaisse leur tragédie, en solidarité avec toutes les victimes de massacres de masse. Comme le rappelle souvent la formule de Yehuda Bauer, historien de la Shoah :
« Se souvenir est un devoir moral, non seulement envers ses propres morts, mais envers l’humanité. »
Ne pas reconnaître officiellement le génocide arménien peut donner le sentiment d’un double standard : défendre vigoureusement la mémoire juive tout en évitant d’assumer la reconnaissance d’autres crimes. Or depuis, il faut aussi compter le génocide du Rwanda.
Le mot "génocide" a été galvaudé, et son sens trahi, depuis le 7 Octobre 2023, les terroristes du Hamas ayant réussi à renverser les situations, les victimes juives sont devenues des génocidaires !!! ... et ceci avec l'aide de la Gauche qui les ont suivi pour des raisons électorales, prendre les voix des immigrés.
La reconnaissance personnelle du génocide arménien par Benjamin Netanyahou marque une étape symbolique importante. Mais elle reste insuffisante tant que la Knesset n’a pas donné à cet acte une valeur officielle et nationale.
Pourquoi si tard ? Parce que la realpolitik, la dépendance énergétique et militaire, ainsi que la singularité accordée à la Shoah ont freiné Israël.
Pourtant, le moment viendra sans doute où Israël, comme d’autres nations, assumera pleinement ce devoir de mémoire universel. L’histoire l’exige, et la cohérence morale d’Israël en dépend.
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Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme...
C'est délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur
d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale
les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle, privée.
English
India: Russian Oil Gains Wiped Out by U.S. Tariffs
Since the beginning of the conflict in Ukraine, India has adopted a strategic approach by massively increasing its imports of discounted Russian oil. This move allowed it to save billions of dollars and secure a vital portion of its energy supply. However, this strategy has recently backfired: the United States, irritated by this cooperation with Moscow, has imposed punitive tariffs of up to 50% on several Indian products.
These sanctions risk canceling the benefits New Delhi has accumulated since 2022. According to sources close to the government, India could lose up to $37 billion in the current fiscal year—a major blow to the country’s economy and to Prime Minister Narendra Modi, who faces a sensitive election year. Labor-intensive sectors such as textiles, gemstones, and jewelry will be particularly affected.
On the diplomatic front, the situation is even more complex. Washington remains an essential partner for India, especially within the Indo-Pacific axis aimed at countering China’s growing influence. At the same time, Moscow continues to be a strategic ally in terms of energy, military cooperation, and geopolitics. India thus finds itself in a delicate position: it cannot completely turn away from Russia, yet it must also preserve its relationship with the United States, which represents a vital market and an indispensable source of technology.
Experts believe that bilateral discussions could lead to a compromise, but they also emphasize that the economic and political consequences of these tariffs will be long-lasting. Furthermore, other emerging countries such as Vietnam, Mexico, or Turkey could take advantage of India’s vulnerability to capture market share.
For New Delhi, the issue goes beyond mere oil trade: it is about preserving its status as a multipolar power capable of cooperating simultaneously with Moscow and Washington, while minimizing the risks of an economic and diplomatic crisis. If India fails to negotiate a reduction of U.S. tariffs, its energy strategy could be undermined, its relations with its two major partners destabilized, and its growth slowed in the short term.
Español
India: Las ganancias petroleras rusas anuladas por los aranceles estadounidenses
Desde el inicio del conflicto en Ucrania, India ha adoptado una estrategia consistente en aumentar masivamente sus importaciones de petróleo ruso a precios reducidos. Esta maniobra le permitió ahorrar miles de millones de dólares y asegurar una parte esencial de su suministro energético. Sin embargo, esta estrategia se ha vuelto en su contra recientemente: Estados Unidos, molesto por esta cooperación con Moscú, ha impuesto aranceles punitivos de hasta un 50% sobre varios productos indios.
Estas sanciones amenazan con anular los beneficios acumulados por Nueva Delhi desde 2022. Según fuentes cercanas al gobierno, India podría perder hasta 37.000 millones de dólares en el presente año fiscal, un duro golpe para la economía del país y para el primer ministro Narendra Modi, que enfrenta un año electoral sensible. Los sectores del textil, las piedras preciosas y la joyería, muy intensivos en mano de obra, serán los más afectados.
En el plano diplomático, la situación es aún más compleja. Washington sigue siendo un socio esencial para India, especialmente dentro del eje indo-pacífico destinado a contener la creciente influencia de China. Al mismo tiempo, Moscú continúa siendo un aliado estratégico en términos energéticos, militares y geopolíticos. Por lo tanto, India se encuentra en una posición delicada: no puede alejarse completamente de Rusia, pero también debe preservar su relación con Estados Unidos, que representa un mercado vital y una fuente tecnológica indispensable.
Los expertos estiman que las discusiones bilaterales podrían desembocar en un compromiso, pero subrayan que las consecuencias económicas y políticas de estos aranceles serán duraderas. Además, otros países emergentes como Vietnam, México o Turquía podrían aprovechar esta fragilidad india para captar cuotas de mercado.
Para Nueva Delhi, el desafío va más allá del comercio petrolero: se trata de preservar su estatus de potencia multipolar capaz de cooperar simultáneamente con Moscú y Washington, minimizando los riesgos de una crisis económica y diplomática. Si India no logra negociar una reducción de los aranceles estadounidenses, su estrategia energética podría verse comprometida, sus relaciones con sus dos principales socios desestabilizadas y su crecimiento ralentizado a corto plazo.
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