Rechercher dans ce blog

samedi 16 août 2025

La Bolivie .. en 2025 (FR, EN, ES,) JBCH N° 236


Dès le Lycée Condorcet , j’ai gardé en mémoire le cours de mon professeur d’histoire, géographie Monsieur Vilatte sur les Andes et les Incas , il s’était arrêté sur le lac le plus haut du monde, le lac Titicaca en Bolivie, on était lycéens et à l’écoute du nom un énorme fou-rire avait retenti dans la classe … ce professeur avait la  magie de nous faire vivre les paysages avec sa craie, sur le tableau noir qui était vert ..  on oublie très vite que dans les années 60 il n’y avait pas d’écrans … la puissance de Monsieur Vilatte était de nous faire vivre l’histoire et la géographie en 3D  sur le tableau, il  nous faisant vivre la bataille des thermophiles en dessinant les défilés et les strétégie, un cours digne de l'école militaire.


Pour la Bolivie , il avait décrit un pays dirigés par les Incas avent l'arrivée des Espagnols;  ce pays, peuplé d’indiens aux chapeaux ronds aux lamas qui crachaient aux fêtes indigènes que les missionnaires catholiques n’avaient jamais pu abolir même sous la contrainte ... Un peu comme l’album de Tintin,



Peuple de 14 millions d’habitants, j avais retenu que ce pays avait deux capitales , une administrative : La Paz et l’autre constitutionnelle Sucre


Depuis  vingt ans ce pays a été gouverné par un indigène qui s’était placé sous l’égide du dictateur vénézuélien et bolivariste Chavez, aujourd’hui remplacé par Maduro.  Mauvais choix !! 

drapeau Quechuas


La Bolivie est tombée dans l’abîme de la pauvreté et a besoin de se moderniser et de se démocratiser.


C’est important car le pays est riche de minéraux convoités par tous par les USA, par la Chine, par le Brésil de Lula et par bien d’autres ..  et depuis la guerre contre le Chili , ce pays a perdu sa façade pacifique en 1904, qui était son poumon.


La Bolivie est à un tournant décisif de son histoire politique. Après près de deux décennies de domination par le Movimiento al Socialismo (MAS), le pays pourrait assister à un renversement inédit, symbolisé par la montée de candidats de droite face à l’effondrement de la popularité du parti d’Evo Morales. 


Ce basculement résulte à la fois de la crise économique profonde que traverse le pays et de la perte de confiance des citoyens dans une gauche longtemps perçue comme garante de la justice sociale et de la défense des plus démunis.


L’élément le plus frappant de ce changement est sans doute la déconnexion entre le MAS et la population. 


Le parti, qui avait longtemps bénéficié d’une légitimité historique liée à l’élection du premier président indigène de Bolivie et aux réformes sociales favorables aux classes populaires, se trouve aujourd’hui fragilisé. 


Morales


La décision de la Cour constitutionnelle d’exclure Morales de la course présidentielle a exacerbé cette crise interne, laissant Luis Arce, son successeur, dans une position délicate. 


La désaffection pour le MAS est telle qu’aucun candidat de gauche ne figure parmi les principaux favoris, et Eduardo del Castillo, désigné par Arce, plafonne à moins de 3 % des intentions de vote, insuffisant pour assurer la survie électorale du parti.


Cette situation révèle un désenchantement profond face aux limites du modèle économique défendu par le MAS. 


Le boom du gaz naturel, qui avait permis des années de prospérité sous Morales, a été mal exploité, avec des ressources peu diversifiées et mal investies. 


Lac Titicaca


La gestion économique de la présidence Arce a aggravé la situation, avec une inflation atteignant 24,8 % en 2025 et des pénuries récurrentes de carburant et de devises. 


La population, auparavant fidèle à la gauche, se détourne désormais du MAS, en quête de solutions concrètes face à la crise quotidienne, comme le souligne Pablo Quispe, commerçant d’El Alto : « Tout est plus cher et nous ne nous en sortons plus… la gauche ne fonctionne plus. »


Cette montée de la droite s’incarne dans les figures de Samuel Doria Medina et Jorge “Tuto” Quiroga, candidats expérimentés mais présentés comme des outsiders. 


Leur programme repose sur des mesures de rigueur économique, des coupes dans les dépenses publiques et une ouverture vers les marchés et partenaires internationaux, en particulier les États-Unis. 


La symbolique de la remise à l’heure du fameux horloge de la Plaza Murillo, qui tournait à l’envers sous le MAS pour incarner une identité décoloniale et anti-impérialiste, illustre à elle seule ce désir de retour à une rationalité économique et politique perçue comme nécessaire pour redresser le pays.




Cependant, ce changement de cap politique n’est pas sans risques. Le MAS conserve encore un noyau dur de militants, attachés aux acquis sociaux obtenus ces vingt dernières années et au projet de représentation des peuples indigènes. 


La fracture entre les électeurs urbains, déçus par l’inefficacité économique, et les populations rurales, historiquement proches du MAS, pourrait accentuer les tensions sociales et les contestations post-électorales, notamment si la droite remporte la présidence. 


Morales lui-même reste une figure influente, capable de mobiliser ses partisans pour contester un résultat défavorable, ce qui pourrait compliquer la transition politique.


Enfin, cette évolution reflète un phénomène plus global dans la région : la fatigue des populations vis-à-vis de partis au pouvoir depuis longtemps, l’aspiration à des gouvernements plus pragmatiques et la nécessité d’une gestion économique crédible. 


La Bolivie, célébrant en 2025 le bicentenaire de son indépendance, pourrait symboliser ce passage d’un modèle politique idéologique à une approche centrée sur l’efficacité et la stabilité économique. 


Le prochain président aura donc la lourde tâche de réconcilier les aspirations de la population, d’assurer un redressement économique rapide et de gérer un paysage politique profondément fragmenté.





la Bolivie s’apprête à tourner une page majeure de son histoire politique. Le MAS, autrefois hégémonique, risque de connaître une marginalisation durable, tandis que la droite, portée par Doria Medina ou Quiroga, propose une rupture avec les vingt années précédentes. 


Si ce basculement répond aux attentes de nombreux électeurs déçus par l’économie et la gestion du MAS, il soulève également des questions sur la capacité de la Bolivie à maintenir sa cohésion sociale et à préserver les acquis sociaux, tout en cherchant à relancer un développement économique durable. 


Cette période charnière pourrait marquer le début d’une nouvelle ère politique, moins idéologique et davantage centrée sur la gouvernance pragmatique et la stabilité économique. Je souhaite le meilleur à ce pays. 


Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un historien, ni un professionnel ...
 

C'est délicat de témoigner quand on vit à Paris, loin des scènes politiques,

les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation personnelle et strictement privée


© 2025 JBCH. Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation  




Anglais

From my time at Lycée Condorcet, I vividly remember the history and geography lessons of my teacher, Mr. Vilatte, about the Andes and the Incas. He paused to talk about the highest lake in the world, Lake Titicaca in Bolivia. We were high school students, and when he mentioned the name, a huge burst of laughter erupted in the classroom. This teacher had a magical way of bringing landscapes to life with his chalk on the blackboard, which was actually green. It’s easy to forget that in the 1960s, there were no screens. Mr. Vilatte’s strength was in making history and geography come alive in 3D on the board. He made us experience the Battle of Thermopylae by drawing the passes and strategies, delivering a lesson worthy of a military academy.

For Bolivia, he described a country ruled by the Incas before the arrival of the Spaniards—a land populated by indigenous people with round hats, spitting llamas, and native festivals that Catholic missionaries could never suppress, even under pressure. It was a bit like a Tintin album.

With a population of 14 million, I remembered that this country has two capitals: an administrative one, La Paz, and a constitutional one, Sucre.

For the past twenty years, Bolivia has been governed by an indigenous leader aligned with the Venezuelan and Bolivarian dictator Chávez, now succeeded by Maduro. A poor choice!

Quechua Flag

Bolivia has fallen into the abyss of poverty and needs to modernize and democratize. This is critical because the country is rich in minerals coveted by the United States, China, Lula’s Brazil, and many others. Since the war against Chile in 1904, Bolivia lost its Pacific coastline, which was its lifeline.

Bolivia is at a decisive turning point in its political history. After nearly two decades of dominance by the Movimiento al Socialismo (MAS), the country could witness an unprecedented shift, symbolized by the rise of right-wing candidates amid the collapse of Evo Morales’ party’s popularity.

This shift stems from both the deep economic crisis the country is experiencing and the loss of public trust in a left-wing movement long seen as a defender of social justice and the underprivileged.

The most striking element of this change is undoubtedly the disconnect between the MAS and the population. The party, which long benefited from the historical legitimacy of electing Bolivia’s first indigenous president and implementing social reforms favoring the working class, is now weakened.

Morales

The Constitutional Court’s decision to bar Morales from running for president has exacerbated this internal crisis, leaving his successor, Luis Arce, in a precarious position. The disaffection with the MAS is so profound that no left-wing candidate is among the leading contenders, and Eduardo del Castillo, Arce’s appointee, is polling at less than 3%, insufficient to ensure the party’s electoral survival.

This situation reveals deep disillusionment with the limits of the economic model championed by the MAS. The natural gas boom, which fueled years of prosperity under Morales, was poorly managed, with undiversified and poorly invested resources.

Lake Titicaca

Arce’s economic management has worsened the situation, with inflation reaching 24.8% in 2025 and recurring shortages of fuel and foreign currency. The population, once loyal to the left, is now turning away from the MAS, seeking concrete solutions to daily struggles, as Pablo Quispe, a merchant from El Alto, puts it: “Everything is more expensive, and we can’t cope anymore… the left isn’t working.”

The rise of the right is embodied in figures like Samuel Doria Medina and Jorge “Tuto” Quiroga, experienced candidates presented as outsiders. Their platform focuses on economic austerity, cuts to public spending, and openness to international markets and partners, particularly the United States.

The symbolic reversal of the famous Plaza Murillo clock, which ran backward under the MAS to represent a decolonial and anti-imperialist identity, encapsulates the desire for a return to economic and political rationality seen as necessary to revive the country.

However, this political shift is not without risks. The MAS still retains a core base of supporters loyal to the social achievements of the past twenty years and the project of indigenous representation. The divide between urban voters, frustrated by economic inefficiency, and rural populations, historically aligned with the MAS, could heighten social tensions and post-election protests, especially if the right wins the presidency.

Morales himself remains an influential figure, capable of mobilizing his supporters to contest an unfavorable outcome, which could complicate the political transition.

This evolution reflects a broader regional trend: public fatigue with long-ruling parties, a desire for more pragmatic governments, and the need for credible economic management. As Bolivia celebrates the bicentennial of its independence in 2025, it could symbolize a shift from an ideological political model to one focused on efficiency and economic stability.

The next president will face the daunting task of reconciling the population’s aspirations, ensuring a rapid economic recovery, and managing a deeply fragmented political landscape.

Bolivia is preparing to turn a major page in its political history. The once-hegemonic MAS risks long-term marginalization, while the right, led by Doria Medina or Quiroga, proposes a break with the past two decades. While this shift meets the expectations of many voters disillusioned by the economy and MAS governance, it also raises questions about Bolivia’s ability to maintain social cohesion and preserve social gains while pursuing sustainable economic development.

This pivotal period could mark the beginning of a new political era, less ideological and more focused on pragmatic governance and economic stability. I wish the best for this country.


Espagnol

Desde el Lycée Condorcet, recuerdo claramente las clases de historia y geografía de mi profesor, el señor Vilatte, sobre los Andes y los Incas. Hizo una pausa para hablar del lago más alto del mundo, el lago Titicaca en Bolivia. Éramos estudiantes de secundaria, y al escuchar el nombre, una enorme carcajada resonó en el aula. Este profesor tenía la magia de hacer que los paisajes cobraran vida con su tiza en el pizarrón negro, que en realidad era verde. Es fácil olvidar que en los años 60 no había pantallas. La fortaleza del señor Vilatte era hacer que la historia y la geografía cobraran vida en 3D en el pizarrón. Nos hacía vivir la batalla de las Termópilas dibujando los desfiladeros y las estrategias, una clase digna de una academia militar.

Sobre Bolivia, describió un país gobernado por los Incas antes de la llegada de los españoles; un país poblado por indígenas con sombreros redondos, llamas que escupían y festividades indígenas que los misioneros católicos nunca pudieron suprimir, incluso bajo presión. Era un poco como un álbum de Tintín.

Con una población de 14 millones de habitantes, recordé que este país tiene dos capitales: una administrativa, La Paz, y otra constitucional, Sucre.

Durante los últimos veinte años, Bolivia ha sido gobernada por un indígena que se alineó con el dictador venezolano y bolivariano Chávez, ahora sucedido por Maduro. ¡Mala elección!

Bandera Quechua

Bolivia ha caído en el abismo de la pobreza y necesita modernizarse y democratizarse. Esto es crucial porque el país es rico en minerales codiciados por Estados Unidos, China, el Brasil de Lula y muchos otros. Desde la guerra contra Chile en 1904, Bolivia perdió su costa del Pacífico, que era su pulmón.

Bolivia está en un punto de inflexión decisivo en su historia política. Tras casi dos décadas de dominio del Movimiento al Socialismo (MAS), el país podría presenciar un cambio sin precedentes, simbolizado por el ascenso de candidatos de derecha ante el colapso de la popularidad del partido de Evo Morales.

Este cambio se debe tanto a la profunda crisis económica que atraviesa el país como a la pérdida de confianza de los ciudadanos en un movimiento de izquierda que durante mucho tiempo fue visto como garante de la justicia social y la defensa de los más desfavorecidos.

El elemento más sorprendente de este cambio es, sin duda, la desconexión entre el MAS y la población. El partido, que durante mucho tiempo gozó de una legitimidad histórica por la elección del primer presidente indígena de Bolivia y por las reformas sociales en favor de las clases populares, ahora está debilitado.

Morales

La decisión del Tribunal Constitucional de excluir a Morales de la carrera presidencial ha exacerbado esta crisis interna, dejando a su sucesor, Luis Arce, en una posición delicada. La desafección hacia el MAS es tan profunda que ningún candidato de izquierda figura entre los principales favoritos, y Eduardo del Castillo, designado por Arce, no supera el 3% de las intenciones de voto, insuficiente para garantizar la supervivencia electoral del partido.

Esta situación revela un profundo desencanto con los límites del modelo económico defendido por el MAS. El auge del gas natural, que permitió años de prosperidad bajo Morales, fue mal gestionado, con recursos poco diversificados y mal invertidos.

Lago Titicaca

La gestión económica de la presidencia de Arce ha empeorado la situación, con una inflación que alcanza el 24,8% en 2025 y escasez recurrente de combustible y divisas. La población, antes fiel a la izquierda, ahora se aleja del MAS, buscando soluciones concretas para las dificultades diarias, como señala Pablo Quispe, comerciante de El Alto: “Todo es más caro y no podemos seguir así… la izquierda ya no funciona”.

El ascenso de la derecha se encarna en figuras como Samuel Doria Medina y Jorge “Tuto” Quiroga, candidatos experimentados pero presentados como outsiders. Su programa se basa en medidas de austeridad económica, recortes en el gasto público y una apertura hacia los mercados y socios internacionales, especialmente Estados Unidos.

El cambio simbólico del famoso reloj de la Plaza Murillo, que giraba al revés bajo el MAS para representar una identidad descolonial y antiimperialista, ilustra por sí solo el deseo de volver a una racionalidad económica y política percibida como necesaria para levantar al país.

Sin embargo, este cambio político no está exento de riesgos. El MAS aún conserva un núcleo duro de militantes, leales a los logros sociales obtenidos en los últimos veinte años y al proyecto de representación de los pueblos indígenas. La brecha entre los votantes urbanos, frustrados por la ineficiencia económica, y las poblaciones rurales, históricamente cercanas al MAS, podría aumentar las tensiones sociales y las protestas postelectorales, especialmente si la derecha gana la presidencia.

El propio Morales sigue siendo una figura influyente, capaz de movilizar a sus seguidores para impugnar un resultado desfavorable, lo que podría complicar la transición política.

Esta evolución refleja una tendencia regional más amplia: el cansancio de las poblaciones con los partidos que han estado en el poder durante mucho tiempo, el deseo de gobiernos más pragmáticos y la necesidad de una gestión económica creíble. Al celebrar en 2025 el bicentenario de su independencia, Bolivia podría simbolizar un cambio de un modelo político ideológico a uno centrado en la eficiencia y la estabilidad económica.

El próximo presidente tendrá la ardua tarea de reconciliar las aspiraciones de la población, garantizar una rápida recuperación económica y gestionar un panorama político profundamente fragmentado.

Bolivia se prepara para dar un giro importante en su historia política. El MAS, antes hegemónico, corre el riesgo de quedar marginado a largo plazo, mientras que la derecha, liderada por Doria Medina o Quiroga, propone una ruptura con las dos décadas anteriores. Si bien este cambio responde a las expectativas de muchos votantes decepcionados por la economía y la gestión del MAS, también plantea preguntas sobre la capacidad de Bolivia para mantener la cohesión social y preservar los logros sociales mientras busca relanzar un desarrollo económico sostenible.

Este período crucial podría marcar el inicio de una nueva era política, menos ideológica y más centrada en la gobernanza pragmática y la estabilidad económica. Le deseo lo mejor a este país.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire