Jonathan Haidt : quelle est sa philosophie ?
Jonathan Haidt est un psychologue social américain, professeur à la Stern School of Business de l’Université de New York. Il est reconnu pour ses travaux en psychologie morale, notamment la théorie des fondations morales et l’intuitionnisme social, qui expliquent comment nos jugements naissent souvent d’intuitions spontanées plutôt que d’analyses rationnelles .
Il est l’auteur de plusieurs best-sellers : "The Happiness Hypothesis" (2006), qui met en lumière des sagesses anciennes à travers la science moderne "The Righteous Mind" (2012) ; "The Coddling of the American Mind (2018), coécrit avec Greg Lukianoff, qui décrit comment la surprotection et le “safetyism” fragilisent jeunes et universités .
Son nouveau livre, The Anxious Generation (2024), s’inscrit dans la continuité de ses préoccupations : il explore les effets profonds des technologies numériques et de l’éducation moderne sur la santé mentale des jeunes . Sa philosophie se caractérise par un équilibre entre clarté scientifique, humanisme et désir de restaurer une société plus résiliente.
Jonathan Haidt et The Anxious Generation : redonner à l’enfance ses ailes : Qui est Jonathan Haidt et pourquoi son regard compte
Jonathan Haidt est un psychologue social américain reconnu, professeur à la New York University, spécialiste de la morale, des émotions et des influences culturelles sur la pensée humaine. Depuis des années, il explore les liens entre psychologie, éducation et société, cherchant à comprendre comment nos environnements façonnent notre bien-être.
Son talent est double : il sait manier les données scientifiques avec rigueur tout en les rendant accessibles, et il n’hésite pas à aborder des sujets sensibles avec un esprit constructif. Ce qui frappe chez lui, c’est son optimisme lucide : il ne nie pas les problèmes, mais il les analyse pour ouvrir des chemins de solutions.
Dans The Anxious Generation, Haidt s’attaque à un phénomène qu’il juge capital : l’effondrement de la santé mentale des jeunes depuis le début des années 2010, qu’il relie directement à un changement culturel et technologique sans précédent — le passage d’une enfance vécue dehors, dans le monde physique, à une enfance vécue derrière les écrans.
Le « grand recâblage » : comprendre le problème sans sombrer dans la nostalgie
L’expression clé de Haidt, The Great Rewiring (le grand recâblage), résume parfaitement son constat. Le développement cérébral d’un enfant, façonné pendant des millénaires par l’expérience physique, le jeu libre, l’exploration de la nature et les interactions en face à face, est désormais influencé par un flux constant d’images, de notifications et d’algorithmes.
Cette mutation a des conséquences profondes : baisse de la capacité de concentration, hausse de l’anxiété, difficultés relationnelles, et surtout fragilisation de la résilience émotionnelle. Les statistiques citées par Haidt sont frappantes : depuis le début des années 2010, les taux de dépression, d’automutilation et de suicide chez les adolescents — notamment les filles — ont explosé.
Pour autant, Haidt ne se laisse pas enfermer dans la posture du « c’était mieux avant ». Il reconnaît que la technologie offre aussi des opportunités, mais que son usage précoce et excessif, combiné à une diminution du jeu non supervisé, a rompu un équilibre essentiel. Le problème n’est pas la technologie en soi, mais la manière dont nous l’avons laissée redéfinir l’enfance.
Un plan d’action pour une enfance plus libre et plus heureuse
L’une des forces du livre est qu’il ne se contente pas de tirer la sonnette d’alarme : il trace des pistes claires et positives. Haidt propose un plan en plusieurs étapes, qui redonne espoir aux parents et éducateurs : protéger la période de l’enfance comme un temps d’apprentissage de soi et du monde réel. Limiter le temps d’écran : réduire l’exposition aux flux d’informations et aux comparaisons sociales qui minent l’estime de soi. Réintroduire le jeu libre et non supervisé : recréer des espaces et des temps où les enfants peuvent explorer, prendre des risques mesurés, inventer leurs propres règles. Renforcer les liens sociaux réels : privilégier les activités collectives, les clubs, le sport, les rencontres physiques. Former les parents et les enseignants : leur donner les clés pour accompagner les jeunes dans l’usage raisonné des outils numériques.
Haidt transmet ici une vision inspirante : il ne s’agit pas de « couper » les enfants du monde numérique, mais de leur offrir une fondation solide dans le monde réel, afin qu’ils puissent ensuite naviguer dans le virtuel avec discernement et confiance.
L’importance de ce message aujourd’hui
La réflexion de Haidt dépasse la question de la santé mentale : elle touche à notre conception même de l’éducation, de la liberté et de la citoyenneté. Une génération qui grandit dans la dépendance aux écrans risque de perdre le goût de l’effort, la patience, et la profondeur des relations humaines.
En revanche, une génération élevée dans la curiosité, la coopération et le contact réel avec la vie développera les qualités dont notre époque a le plus besoin : l’empathie, la créativité et la résilience.
C’est pourquoi The Anxious Generation n’est pas seulement un cri d’alarme : c’est une invitation à repenser l’enfance comme une aventure joyeuse, physique, et riche en interactions humaines.
Un optimisme à cultiver
Le ton de Haidt est une source d’inspiration : il nous rappelle que rien n’est irréversible. Les tendances actuelles peuvent être corrigées si nous, adultes, choisissons de créer un environnement plus sain.
Cette mission est exaltante : il s’agit de redonner à l’enfance ses ailes, de permettre aux enfants de retrouver le plaisir de courir, de tomber, de se relever, de jouer ensemble, d’imaginer des mondes sans pixels.
Et le plus beau, c’est que ce changement profite aussi aux adultes : en accompagnant les enfants dans cette redécouverte du réel, nous renouons nous-mêmes avec la joie simple et profonde de vivre pleinement.
Jonathan Haidt nous offre bien plus qu’un diagnostic : il nous donne un projet de société enthousiasmant. Redonner du souffle à l’enfance, c’est préparer une génération plus solide, plus équilibrée et plus heureuse. Et cela, dans un monde qui en a cruellement besoin, est peut-être l’un des plus beaux combats à mener.
Rendez cela personnellement motivant : chaque lecteur peut contribuer (parents, enseignants, responsables). Terminer sur une note optimiste : réapprendre le jeu libre, les interactions réelles, et redonner aux jeunes la confiance, l’autonomie et la joie d’être ensemble hors ligne.
C'est délicat de témoigner quand on vit à Paris, loin des scènes politiques,
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