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mercredi 27 août 2025

Le Pélérinage à Jérusalem d'après les archéologues (FR). JBCH N° 306

The Archaeology of Jerusalem Pilgrimage




Le pèlerinage au Temple de Jérusalem constituait un aspect central de la religion juive à l’époque du Second Temple, conformément aux prescriptions bibliques d’apparaître devant Dieu trois fois par an (Exode 23:17 ; 34:23–24 ; Deutéronome 16:16). 


Nous avons de nombreuses sources écrites à partir du Ier siècle av. J.-C., telles que Philo d’Alexandrie, Flavius Josèphe et le Nouveau Testament, témoignent d’un pèlerinage largement observé par les Juifs de Judée et de la diaspora, notamment lors des trois fêtes annuelles : Pessa’h, Chavouot et Souccot, moments où d’importants sacrifices et offrandes étaient réalisés au Temple. 


Les preuves archéologiques de Jérusalem sont essentielles pour reconstruire toutes ces pratiques. Or les musulmans qui gardent le Mont du Temple, le WAQF, s'ils interdisent les fouilles, éliminent volontairement toutes traces pouvant attester la présence d'un Temple Juif. Les israéliens examinent avec une grande attention les déchets rejetés par les musulmans, et de temps en temps mettent la main sur des objets inattendus et trè précieux


Par contre tout ce qui n'est pas du ressort du WAQF est fouillé scientifiquement : des tunnels, des canalisations, des bâtiments datant du premier et du second temple sont dégagés, étudiés et rendus à la municipalité qui les met en valeur.





Durant la période du Second Temple tardif (Ier siècle av.–Ier siècle ap. J.-C.), des milliers de pèlerins convergeaient vers Jérusalem pour les fêtes annuelles. Leur parcours les menait souvent à travers l’Ophel, zone cérémonielle et commerciale située au sud du Mont du Temple. Là, ils pouvaient se purifier dans des piscines à degrés, échanger de l’argent, acheter des animaux sacrificiels et rencontrer d’autres pèlerins.


Les fouilles récentes ont permis de mieux comprendre le trajet des pèlerins. Beaucoup entraient par la porte sud-est de la ville, proche de la piscine de Siloé, puis montaient vers le Mont du Temple via une voie pavée le long de la vallée du Tyropoeon. Cette rue de près de 600 mètres, munie de marches mais sans trottoirs, était clairement destinée aux piétons, principalement aux pèlerins




L’Ophel, entre le Mont du Temple et la Cité de David, constituait un lieu clé de passage. Des fouilles pionnières de Benjamin Mazar (1968–1978) ont révélé une grande place, des magasins, une rue majeure et un escalier monumental menant à une entrée du Temple, ainsi que de nombreuses installations liées à l’eau (citernes, bains rituels) et des artefacts (vases de craie, lampes à huile). Ces vestiges permettent d’appréhender l’infrastructure urbaine nécessaire pour accueillir des milliers de pèlerins.



Le projet actuel de l’Université hébraïque, lancé en 2022, poursuit l’étude de l’archéologie du pèlerinage. Il repose sur deux axes principaux : 


Analyse des vestiges inédits de Mazar : traitement systématique de milliers de documents, photographies et plans, étude des structures et artefacts, notamment un ensemble exceptionnel de 2 900 monnaies, permettant de tracer l’intensité et l’ampleur du pèlerinage et de la vie commerciale autour du Temple.


Les fouilles récentes dans l’Ophel oriental ont permis d'explorer des zones peu ou pas fouillées par Mazar sous les niveaux byzantins, afin de révéler des structures et installations du Second Temple, en utilisant des méthodes modernes (tamisage humide, flottaison) permettant de récupérer des matériaux délicats comme ossements, graines, pollens et bulbes, enrichissant la compréhension environnementale, économique et administrative de la ville.


Quatre zones principales sont fouillées : Areas D, D1, E et F. Dans Area D, un grand bassin à degrés et un bâtiment monumental adjacent, datant de la fin du Ier siècle av. J.-C. ou début du Ier siècle ap. J.-C., semblent former un complexe dédié à la purification rituelle des pèlerins. Les escaliers et installations du bâtiment reflètent une architecture publique et cérémonielle, détruite lors du siège romain de 70 ap. J.-C., comme l’indiquent les pièces datant de la quatrième année de la Révolte juive.




Toutes ces découvertes mettent en évidence l’importance de Jérusalem comme centre de pèlerinage à l’époque du Second Temple. L’infrastructure urbaine:  rues, places, escaliers, piscines, tunnels et citernes — ainsi que les objets domestiques et rituels, témoignent d’une organisation sophistiquée pour accueillir un grand nombre de pèlerins et répondre à leurs besoins rituels et commerciaux. 

Ces recherches prouvent la vie intense juive autour du Temple, et contribuent à reconstruire la vie religieuse et sociale , révélant comment l’espace public et sacré était structuré pour le pèlerinage.


En combinant l’analyse des artefacts, l’étude des structures et la topographie de la ville, le projet offre une compréhension détaillée du pèlerinage à Jérusalem, de la circulation des fidèles à leurs pratiques rituelles, et de l’interaction entre l’urbanisme, la religion et le commerce à la veille de la destruction romaine de 70 ap. J.-C.



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Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme...
 

C'est  délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur 

d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale 

les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle 



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