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mardi 19 août 2025

La Guerre pour les Terres Rares (FR, EN, ES) JBCH N° 260

C'est en lisant  The Economist du 16 août 2025, consacré à la “guerre des terres rares” entre la Chine et l’Occident que je me suis aperçu que les hommes ne changeront jamais, ils courront toujours vers la ruée de l'Or, et l'Or du moment ... ce sont les Terres Rares ... Je ne m'étais que peu aperçu de son entrée dans la géo-politique, dans la stratégie au plus haut niveau , au sommet de chaque état ...



Xi, les terres rares et le piège de la dépendance



Lorsqu’en avril dernier la Chine a brutalement interrompu ses exportations de terres rares, le monde a paniqué. Les constructeurs automobiles ont ralenti leur production, l’Union européenne a crié au « chantage », et Washington a immédiatement cherché à négocier une trêve commerciale. 


À première vue, Xi Jinping avait réussi son coup : démontrer que Pékin pouvait étrangler l’économie mondiale en fermant le robinet d’une ressource cruciale. Mais l’éditorial du Economist du 16 août 2025 le rappelle avec force : ce coup de poker pourrait bien se retourner contre la Chine.



Un levier fragile


La Chine fournit plus de 90 % des terres rares raffinées, indispensables pour les aimants permanents présents dans les voitures électriques, les smartphones, les éoliennes et les avions de chasse


Une position dominante construite sur deux atouts : l’acceptation des dégâts environnementaux et la puissance d’échelle industrielle. Mais, contrairement aux semi-conducteurs avancés, les terres rares ne sont ni rares ni technologiquement inaccessibles. Elles existent en abondance ailleurs, et leur raffinage, bien que polluant et coûteux, peut être reproduit.


C’est là que réside la fragilité de l’arme chinoise : chaque fois qu’elle s’en sert, elle stimule l’innovation et la diversification. 


Le Japon a réduit sa dépendance de 90 % à 60 % en quinze ans. Les États-Unis réinvestissent dans l’extraction, via MP Materials en Californie. L’Europe multiplie les projets de recyclage et de substitution. 






Le paradoxe est limpide : plus Pékin brandit sa menace, plus elle accélère la construction de filières alternatives.

L’effet boomerang du chantage

Le Economist souligne une vérité historique : les embargos créent des effets d’entraînement. L’embargo pétrolier arabe de 1973 avait incité l’Occident à diversifier ses sources d’énergie et à investir dans l’efficacité énergétique. 



Aujourd’hui, la menace chinoise pousse constructeurs automobiles et startups occidentales à concevoir des moteurs sans terres rares. BMW et Renault ont déjà ouvert la voie. Dans quelques années, l’arme de Xi pourrait devenir un simple pétard mouillé.


Mais à court terme, le risque reste réel. Les chaînes d’approvisionnement militaires dépendent encore largement des exportations chinoises. La transition vers d’autres sources prendra des années, d’autant que les lourdeurs administratives dix ans pour obtenir un permis minier aux États-Unis  freinent les projets. C’est pourquoi le Economist appelle à des mesures radicales : simplification des procédures, révision des normes environnementales, baisse des barrières commerciales.


La dimension la plus intéressante de l’analyse du Economist est son optimisme technologique. Là où certains redoutent un étau chinois durable, l’hebdomadaire insiste sur la force de l’innovation en temps de crise. 


L’exemple de la pénurie de cobalt en 2022 est éclairant : en quelques mois, les industriels ont trouvé des alternatives, réduisant la dépendance à un métal alors jugé « indispensable ». Les terres rares pourraient suivre la même trajectoire : moins un talon d’Achille qu’un catalyseur de créativité.


L’argument du Economist est séduisant, mais il comporte un angle mort. Il suppose que l’Occident saura mobiliser capitaux, volonté politique et acceptation sociale pour développer ses propres mines ou recycler massivement. 


Or, le coût environnemental reste considérable, et il n’est pas certain que les opinions publiques européennes, déjà échaudées par le climat, acceptent d’ouvrir des mines toxiques sur leur sol. 



La Chine, elle, joue sur ce paradoxe : son avantage compétitif n’est pas seulement industriel, il est aussi politique : une société plus disposée à sacrifier l’environnement pour la puissance géopolitique.


En outre, si Pékin perd à long terme en « parts de marché », elle peut encore gagner à court terme en monnaie diplomatique. Comme on l’a vu avec la levée par Washington de certaines restrictions sur Nvidia, ou avec la visite contrainte d’Ursula von der Leyen à Pékin, le simple spectre d’un embargo suffit déjà à arracher des concessions. 


Autrement dit : l’arme des terres rares est vouée à s’émousser, mais elle fonctionne tant que l’Occident n’a pas consolidé ses alternatives.


La bataille des terres rares n’est pas seulement une guerre commerciale, c’est une guerre de temps. Pékin joue l’immédiateté, profitant de sa position dominante pour forcer la main aux puissances occidentales. 


L’Occident, lui, doit tenir bon, accélérer l’investissement dans les mines, le recyclage et les substitutions. Comme le note The Economist, chaque fois que Xi utilise l’arme du chantage, il réduit sa propre puissance future. 


Mais entre-temps, l’économie mondiale reste à la merci d’un blocage soudain. Le paradoxe de Xi est donc clair : en essayant d’asservir ses clients, il les incite à se libérer.


© 2025 JBCH. Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation 

Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un  scientifique, ni un historien, ni un professionnel  du journalisme ... 

C'est délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur

les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation personnelle et strictement privée


English 

It was while reading The Economist of August 16, 2025, dedicated to the “rare earth war” between China and the West, that I realized men will never change. They will always run toward a gold rush—and today’s gold is Rare Earths. I had barely noticed their entry into geopolitics, into top-level strategy, at the summit of each state…

Xi, Rare Earths, and the Dependency Trap

When last April China abruptly halted its rare earth exports, the world panicked. Car manufacturers slowed production, the European Union cried “blackmail,” and Washington immediately sought to negotiate a trade truce.

At first glance, Xi Jinping had pulled it off: proving that Beijing could strangle the global economy by shutting off the tap of a crucial resource. But The Economist editorial of August 16, 2025, strongly reminds us: this gamble might well backfire on China.

A Fragile Lever

China supplies more than 90% of refined rare earths, essential for permanent magnets found in electric vehicles, smartphones, wind turbines, and fighter jets.

This dominant position is built on two assets: tolerance of environmental damage and massive industrial scale. Yet, unlike advanced semiconductors, rare earths are neither rare nor technologically inaccessible. They exist in abundance elsewhere, and their refining, though polluting and expensive, can be replicated.

This is where China’s weapon becomes fragile: each time it is used, it fuels innovation and diversification.

Japan has reduced its dependence from 90% to 60% in fifteen years. The U.S. is reinvesting in extraction through MP Materials in California. Europe is multiplying recycling and substitution projects.

The paradox is clear: the more Beijing wields its threat, the faster it accelerates the building of alternative supply chains.

The Boomerang Effect of Blackmail

The Economist underlines a historical truth: embargoes create ripple effects. The Arab oil embargo of 1973 spurred the West to diversify energy sources and invest in efficiency.

Today, China’s threat is driving Western automakers and startups to design engines without rare earths. BMW and Renault have already paved the way. In a few years, Xi’s weapon may turn into a damp squib.

But in the short term, the risk remains real. Military supply chains still depend heavily on Chinese exports. Transitioning to alternative sources will take years, especially given regulatory hurdles—ten years to obtain a mining permit in the U.S. slows progress. That’s why The Economist calls for radical measures: streamlined procedures, revised environmental standards, and reduced trade barriers.

The most striking dimension of The Economist’s analysis is its technological optimism. Where some fear a lasting Chinese stranglehold, the weekly stresses the power of innovation in times of crisis.

The example of the cobalt shortage in 2022 is telling: in a few months, industries found alternatives, reducing dependence on a metal once deemed “indispensable.” Rare earths could follow a similar trajectory: less an Achilles’ heel than a catalyst for creativity.

The Economist’s argument is compelling but has a blind spot. It assumes the West can mobilize capital, political will, and social acceptance to develop its own mines or recycle on a massive scale.

Yet the environmental cost remains considerable, and it is far from certain that European public opinion—already wary about climate—will accept opening toxic mines on their soil.

China, meanwhile, plays on this paradox: its competitive edge is not only industrial but political—a society more willing to sacrifice the environment for geopolitical power.

Moreover, even if Beijing loses “market share” in the long term, it can still gain short-term diplomatic currency. As seen with Washington’s easing of some Nvidia restrictions, or with Ursula von der Leyen’s reluctant visit to Beijing, the mere specter of an embargo is enough to extract concessions.

In other words: the rare earth weapon is bound to dull, but it works as long as the West has not secured its alternatives.

The rare earth battle is not merely a trade war—it is a war of time. Beijing plays for immediacy, exploiting its dominance to force Western powers’ hands.

The West must stand firm, accelerating investment in mining, recycling, and substitution. As The Economist notes, each time Xi uses the weapon of blackmail, he erodes his own future power.

But in the meantime, the global economy remains at the mercy of a sudden blockade. Xi’s paradox is therefore clear: in trying to enslave his customers, he pushes them to break free.

© 2025 JBCH. All rights reserved. Reproduction prohibited without authorization.

This article is personal. I do not claim to be a scientist, historian, or professional journalist. It is always tricky to testify as a layperson, but in this blog, I express a heartfelt opinion based on current events and my international press review.


Photos and videos are taken from the web, again for personal and strictly private use.


Español

Fue leyendo The Economist del 16 de agosto de 2025, dedicado a la “guerra de las tierras raras” entre China y Occidente, cuando me di cuenta de que los hombres nunca cambiarán. Siempre correrán hacia una fiebre del oro… y el oro del momento son las tierras raras. Apenas había notado su entrada en la geopolítica, en la estrategia de más alto nivel, en la cúspide de cada Estado…

Xi, las tierras raras y la trampa de la dependencia

Cuando en abril pasado China interrumpió bruscamente sus exportaciones de tierras raras, el mundo entró en pánico. Los fabricantes de automóviles redujeron la producción, la Unión Europea gritó “chantaje” y Washington buscó inmediatamente negociar una tregua comercial.

A primera vista, Xi Jinping había logrado su cometido: demostrar que Pekín podía estrangular la economía mundial cerrando el grifo de un recurso crucial. Pero el editorial de The Economist del 16 de agosto de 2025 lo recuerda con fuerza: esta jugada podría volverse en contra de China.

Una palanca frágil

China suministra más del 90% de las tierras raras refinadas, esenciales para los imanes permanentes presentes en vehículos eléctricos, teléfonos inteligentes, aerogeneradores y aviones de combate.

Esta posición dominante se construyó sobre dos activos: la aceptación de daños ambientales y la escala industrial masiva. Pero, a diferencia de los semiconductores avanzados, las tierras raras no son ni raras ni tecnológicamente inaccesibles. Existen en abundancia en otros lugares y su refinado, aunque contaminante y costoso, puede reproducirse.

Aquí reside la fragilidad del arma china: cada vez que se utiliza, estimula la innovación y la diversificación.

Japón ha reducido su dependencia del 90% al 60% en quince años. Estados Unidos reinvierte en extracción a través de MP Materials en California. Europa multiplica proyectos de reciclaje y sustitución.

La paradoja es clara: cuanto más esgrime Pekín su amenaza, más acelera la construcción de cadenas de suministro alternativas.

El efecto boomerang del chantaje

The Economist subraya una verdad histórica: los embargos generan efectos dominó. El embargo petrolero árabe de 1973 llevó a Occidente a diversificar sus fuentes de energía e invertir en eficiencia.

Hoy, la amenaza china impulsa a fabricantes y startups occidentales a diseñar motores sin tierras raras. BMW y Renault ya han abierto el camino. En unos años, el arma de Xi podría convertirse en un simple petardo mojado.

Pero a corto plazo, el riesgo sigue siendo real. Las cadenas de suministro militares dependen en gran medida de las exportaciones chinas. La transición hacia otras fuentes llevará años, especialmente debido a las trabas regulatorias: obtener un permiso minero en EE. UU. puede llevar diez años. Por eso The Economist pide medidas radicales: agilización de procedimientos, revisión de normas ambientales y reducción de barreras comerciales.

La dimensión más interesante del análisis de The Economist es su optimismo tecnológico. Donde algunos temen un control chino duradero, el semanario insiste en la fuerza de la innovación en tiempos de crisis.

El ejemplo de la escasez de cobalto en 2022 es revelador: en pocos meses, las industrias hallaron alternativas, reduciendo la dependencia de un metal entonces considerado “indispensable”. Las tierras raras podrían seguir la misma trayectoria: menos un talón de Aquiles que un catalizador de creatividad.

El argumento de The Economist es convincente, pero tiene un punto ciego. Supone que Occidente podrá movilizar capital, voluntad política y aceptación social para desarrollar sus propias minas o reciclar masivamente.

Sin embargo, el coste ambiental sigue siendo considerable y no está claro que las opiniones públicas europeas—ya sensibles por el clima—acepten abrir minas tóxicas en su suelo.

China, por su parte, juega con esta paradoja: su ventaja competitiva no es solo industrial, sino también política: una sociedad más dispuesta a sacrificar el medio ambiente por el poder geopolítico.

Además, incluso si Pekín pierde cuota de mercado a largo plazo, aún puede ganar a corto plazo en moneda diplomática. Como se vio con el levantamiento por parte de Washington de ciertas restricciones a Nvidia o con la visita forzada de Ursula von der Leyen a Pekín, el mero espectro de un embargo basta para arrancar concesiones.

En otras palabras: el arma de las tierras raras está destinada a embotarse, pero funciona mientras Occidente no haya consolidado sus alternativas.

La batalla por las tierras raras no es solo una guerra comercial, es una guerra de tiempo. Pekín juega con la inmediatez, aprovechando su posición dominante para forzar la mano de las potencias occidentales.

Occidente debe resistir, acelerando la inversión en minería, reciclaje y sustitución. Como señala The Economist, cada vez que Xi utiliza el arma del chantaje, reduce su propio poder futuro.

Pero mientras tanto, la economía mundial sigue a merced de un bloqueo repentino. La paradoja de Xi es clara: al intentar esclavizar a sus clientes, los incita a liberarse.

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Este artículo es personal. No pretendo ser científico, historiador ni profesional del periodismo. Es delicado testimoniar como profano, pero en este blog expreso en general un golpe de corazón basado en la actualidad y mi revisión de la prensa internacional.


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