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dimanche 17 août 2025

Les Monarchies du Golfe s'imposent en Afrique (FR). JBCH N° 246


Ayant vécu en Côte d'Ivoire il y a plus de 45 ans, j'ai pu observer l'évolution des pays que j'ai visité, les ex pays coloniaux , L france, la grande Bretagne, la Belgique, l'Italie, se sont fait bouté de tous ces territoires remplacés par les russes, les USA, la Turquie, l'Iran, et surtout par les monarchies du Golfe, et dans une moindre mesure, Israël.




Depuis plusieurs années, l’Afrique subsaharienne est le théâtre d’une recomposition géopolitique majeure. La France, longtemps considérée comme puissance tutélaire dans son ancien “pré carré” africain, voit son influence s’éroder rapidement. 


Chassée militairement du Mali, du Burkina Faso du Tchad ou du Niger, contestée politiquement par des élites africaines plus soucieuses de souveraineté, concurrencée par des acteurs comme la Russie, la Turquie, la Chine, voire les États-Unis, elle ne parvient plus à maintenir l’équilibre fragile qui avait caractérisé la “Françafrique”. 


Ce retrait laisse un vide stratégique. Et comme toujours en géopolitique, la nature a horreur du vide.




Dans ce contexte, les monarchies du Golfe — Qatar, Émirats arabes unis, Arabie saoudite , avancent leurs pions avec méthode. 


Contrairement aux approches traditionnelles centrées sur la sécurité, elles misent aujourd’hui sur l’économie, les infrastructures et l’énergie pour s’imposer comme partenaires incontournables des pays africains. 


La visite récente du ministre qatari des Affaires africaines au Sénégal en février 2025, à l’occasion d’un échange avec le président Bassirou Diomaye Faye, illustre cette nouvelle donne : l’Afrique est perçue comme un territoire d’opportunités économiques, énergétiques et technologiques, au-delà des anciennes logiques de dépendance.


Investissements des Monarchies du Golfe en Afrique


Leur stratégie repose principalement sur le secteur de l’énergie, levier central d’influence. Ces monarchies investissent massivement dans les hydrocarbures africains — toujours vitaux pour leurs économies — mais surtout dans les énergies renouvelables : solaire, éolien, hydrogène vert. 


Ce choix répond à un double impératif. D’une part, diversifier leurs investissements pour préparer l’ère post-pétrole, conformément à leurs programmes de transition (Vision 2030 pour l’Arabie saoudite, Vision 2050 pour les Émirats). D’autre part, se positionner comme acteurs majeurs du développement africain, en proposant des solutions adaptées à des États en forte croissance démographique, mais encore faiblement industrialisés.



Au-delà de l’énergie, les monarchies du Golfe investissent dans des infrastructures régionales, des ports, des télécommunications, des projets de digitalisation. Ces investissements s’accompagnent d’une diplomatie active : sommets conjoints, financements d’écoles et d’hôpitaux, partenariats militaires limités. 


Le Qatar, fort de son image d’intermédiaire diplomatique, s’appuie sur des réseaux discrets mais efficaces, tandis que les Émirats privilégient une approche plus commerciale et visible, en s’appuyant sur Dubaï comme hub. L’Arabie saoudite, de son côté, mobilise ses ressources financières considérables pour proposer des financements massifs dans des pays stratégiques comme le Nigeria, l’Éthiopie ou le Kenya.



Face à cette offensive, la France apparaît marginalisée. Son modèle — basé sur une coopération sécuritaire et culturelle — ne correspond plus aux attentes prioritaires des États africains, qui recherchent des financements rapides, des infrastructures concrètes et une diversification de leurs partenariats. Pire, la perception négative de la présence militaire française alimente un rejet populaire qui renforce la légitimité de nouveaux acteurs. 


La Chine et la Russie ont ouvert la voie, suivis par la Turquie et l'Iran, mais le Golfe incarne désormais une alternative séduisante : il n’apporte pas seulement des armes ou des financements, mais aussi des projets qui semblent en phase avec la transition énergétique et numérique. Les russes de Wagner appelés aujourd'hui Africakorps ont probablement raté leur entrée dans le domaine économique.


La question est donc la suivante : l’Afrique se dirige-t-elle vers une nouvelle dépendance, cette fois vis-à-vis des monarchies du Golfe ? Les investissements massifs, bien que présentés comme porteurs de développement, gardent souvent une logique extractiviste : hydrocarbures, minerais, ressources stratégiques. 


De plus, ces partenariats renforcent parfois les élites locales sans toujours bénéficier directement aux populations. Toutefois, comparés à l’héritage lourd de la colonisation française, ces nouveaux acteurs sont perçus comme plus neutres, moins connotés politiquement, et donc plus légitimes.





En conclusion, l’éviction progressive de la France du continent africain ne signifie pas un vide durable, mais au contraire une redistribution des cartes. Après la Chine et la Russie, ce sont désormais le Qatar, les Émirats et l’Arabie saoudite qui cherchent à occuper le terrain, avec une stratégie plus économique que sécuritaire.


 L’Afrique, consciente de son importance stratégique et démographique, bénéficie pour l’instant de cette concurrence, en diversifiant ses partenariats et en attirant des financements massifs. Mais la véritable question est de savoir si ces nouveaux acteurs contribueront réellement à l’émancipation du continent ou s’ils reproduiront, sous une autre forme, les logiques de dépendance déjà bien connues.

Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un  scientifique, ni un historien, ni un professionnel  du journalisme ... 

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