Les chiens soldats de Tsahal :
héros silencieux et frères d’armes
Dans les conflits modernes, les forces armées recourent de plus en plus à des moyens non conventionnels pour assurer la sécurité de leurs troupes et la réussite de leurs missions.
Parmi eux, les chiens militaires, souvent oubliés du grand public, jouent un rôle essentiel. En Israël, ces chiens ne sont pas seulement des auxiliaires : ils sont considérés comme de véritables soldats, alliés loyaux, et même héros décorés. Leur engagement dans les opérations les plus sensibles – y compris les guerres urbaines, les opérations antiterroristes et le sauvetage de civils – en fait des acteurs incontournables de la doctrine militaire israélienne.
Oketz : l’unité canine d’élite de Tsahal
L’unité canine de l’armée israélienne s’appelle Oketz, ce qui signifie « piqûre » ou « dard » en hébreu. Créée dans les années 1970, cette unité d’élite est spécialisée dans l’utilisation de chiens dressés pour des missions très précises : détection d’explosifs ou d’armes, neutralisation d’ennemis, sauvetage de blessés, protection de soldats, recherche de tunnels, ou encore infiltration de bâtiments.
Les races les plus courantes dans Oketz sont les malinois belges et les bergers allemands, choisis pour leur intelligence, leur endurance, leur docilité et leur courage. Ces chiens reçoivent un entraînement rigoureux de plusieurs mois, souvent plus exigeant que celui de nombreux soldats humains.
Chaque chien est affecté à un maître-chien, soldat soigneusement sélectionné, avec lequel il forme une paire inséparable. Ce lien étroit est fondé sur la confiance, la communication et l’empathie. Le chien ne répond qu’à son maître, et ce dernier le protège comme un frère d’armes.
Des soldats à part entière
Ce qui frappe dans l’approche israélienne, c’est le niveau d’intégration du chien dans la doctrine militaire : ces animaux ne sont pas des outils ou des machines vivantes, mais des membres à part entière des unités de combat. À ce titre :
- Ils portent des caméras sur le dos ou la tête, transmises en direct aux centres de commandement pour faciliter la reconnaissance et la planification tactique.
- Ils sont déployés en première ligne dans des missions extrêmement périlleuses, comme l’entrée dans des bâtiments piégés ou infestés de terroristes.
- En cas de blessure ou de décès, le chien est ramené avec les honneurs à sa base, et peut même recevoir une décoration militaire.
Certains chiens ayant sauvé des vies humaines ou contribué à déjouer des attentats ont été publiquement salués. Il arrive même que des chiens soient enterrés dans les cimetières militaires, aux côtés des soldats tombés au combat.
Portés comme des frères, soignés comme des blessés
Une image frappante de ces dernières années montre un soldat israélien portant son chien dans une bandoulière spéciale, attaché à sa poitrine ou son dos comme un enfant ou un sac de combat. Cette pratique n’a rien de folklorique : elle répond à des besoins opérationnels et émotionnels. En milieu urbain ou difficile d’accès (tunnels, toits, bâtiments piégés), ces harnais permettent au soldat de protéger son chien tout en gardant les mains libres pour manœuvrer.
Lorsque le chien est blessé, il est immédiatement évacué, et reçoit des soins vétérinaires équivalents à ceux des soldats humains. L’armée israélienne dispose de vétérinaires militaires spécialisés, parfois embarqués dans les unités sur le terrain.
Ce lien intense entre l’homme et l’animal va au-delà de l’utilitaire. Dans plusieurs témoignages, des soldats racontent avoir pleuré la perte de leur chien comme celle d’un frère d’armes. Certains, après leur service, adoptent leur chien et continuent de vivre avec lui.
Une arme douce mais redoutable
Dans un contexte de guerre asymétrique, notamment contre des groupes comme le Hamas ou le Hezbollah, les chiens de Tsahal représentent une arme silencieuse mais puissante. Leur odorat peut détecter une bombe artisanale à plusieurs mètres. Leur agilité leur permet d’explorer des tunnels étroits ou des caches d’armes. Leur vitesse et leur discrétion en font des alliés idéaux pour neutraliser un ennemi sans alerter une position entière.
Ils sont également un facteur psychologique : leur simple présence peut désorganiser une embuscade ou dissuader une attaque. Dans certains cas, les forces ennemies choisissent de fuir face à l’arrivée de chiens, par crainte d’être rapidement repérés ou attaqués.
Des héros muets, mais reconnus
À une époque où la guerre devient de plus en plus technologique, les chiens de Tsahal rappellent que le vivant reste irremplaçable. Leur fidélité, leur courage, leur intelligence font d’eux des héros silencieux, souvent invisibles aux yeux du grand public, mais cruciaux pour la réussite de nombreuses opérations.
En Israël, ces chiens ne sont pas seulement utilisés : ils sont honorés, chéris, et reconnus pour leur valeur. Ils incarnent à leur manière une forme de patriotisme animal, un engagement sans calcul, une bravoure instinctive qui force le respect.
Demain, il est possible que des robots puissent compléter la panoplie de l'armée israélienne.
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