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jeudi 4 septembre 2025

KI Tetse ... cette semaine .... (FR, EN, ES, HE). JBCH N° 327


Comment comprendre la place de la guerre dans la Torah ? Les récits bibliques évoquent des conflits fratricides (Caïn et Abel, Jacob et Ésaü), des conquêtes (la Terre promise), mais aussi des luttes intérieures (le combat de Jacob avec l’ange).


Faut-il voir dans ces récits une justification d’une “guerre sainte” ? Ou plutôt un appel à repenser la violence à la lumière d’une exigence éthique ? La Torah ne glorifie pas la guerre : elle en reconnaît la nécessité mais en impose des limites, toujours liées à la justice et à la mémoire.


La paracha Ki-Tetsé (Deutéronome 21,10 – 25,19) est l’une des plus riches de la Torah : elle contient pas moins de soixante-quatorze commandements, soit près d’un dixième de la totalité des mitsvot. Ces lois touchent à des domaines très variés : vie familiale, justice, économie, relations sociales, guerre, mémoire. Mais au-delà de leur diversité, elles posent une question centrale : comment l’homme peut-il se tenir face à une Loi qui, parfois, défie sa raison et sa sensibilité ?





Trois cas en particulier frappent par leur dureté apparente.

Le premier est celui de la femme captive, que le soldat hébreu peut épouser après un rituel humiliant pour elle. Comment comprendre un tel texte ? Samuel Sarfati rappelle que la Torah n’encourage pas ici la brutalité guerrière mais tente, dans un monde violent, d’imposer des limites et d’humaniser un acte inévitable. La Loi ne consacre pas un droit, elle impose un frein.

Le second cas est celui du fils rebelle : dénoncé par ses propres parents, il est passible de la peine capitale. Là encore, les Sages du Talmud soulignent que cette loi n’a probablement jamais été appliquée. Elle est moins un code pénal qu’un texte pédagogique : montrer jusqu’où peut mener une dérive morale et avertir des dangers de la rébellion et de l’irrespect.

Enfin, la Torah évoque le lévirat : lorsqu’un homme meurt sans enfant, son frère est invité à épouser la veuve pour perpétuer la descendance. Ici, l’enjeu est la continuité, la survie d’un nom dans l’histoire, mais aussi l’équilibre entre devoir et liberté individuelle.




Ces exemples révèlent une tension permanente entre la norme et la conscience. La Loi oblige à penser, à interpréter, à confronter l’idéal éthique aux réalités humaines.





L’Alliance au cœur de l’épreuve


La haftara associée à la paracha, tirée du prophète Isaïe, apporte un contrepoint. Alain Goldmann y voit une lumière d’espérance : même dans les moments de désolation, l’Alliance éternelle entre Dieu et Israël ne se rompt pas. Isaïe parle au peuple éprouvé pour lui rappeler que, malgré les ruptures et les exils, la fidélité divine transcende le temps.


Ce contraste entre les lois parfois rudes de la paracha et le message consolateur du prophète souligne une dialectique essentielle : la Torah n’est pas univoque, elle confronte l’homme à la rigueur mais aussi à la tendresse, à la justice mais aussi à la miséricorde.


La paracha se conclut par un passage marquant : le rappel du combat contre Amalek, l’ennemi de toujours qui attaqua Israël dans le désert. Francine Kaufmann a souligné la force de la double injonction biblique : « souviens-toi » et « n’oublie pas ». Souvenir et oubli sont ici inséparables : il s’agit de se rappeler le danger de la haine gratuite, de ne jamais banaliser la violence qui vise à détruire l’innocent.

Le combat contre Amalek n’est pas seulement militaire : il est aussi spirituel. Amalek incarne les forces de désespoir, de cynisme et de nihilisme qui sapent la confiance et la foi.


À l’approche des Jours redoutables de Tichri, centrés sur la techouva – le retour, le repentir –, la lecture de cette paracha prend un relief particulier. Benny Lévy, dans son séminaire de 2003 sur la pensée du Retour, rappelait que la techouva n’est pas seulement un acte individuel, mais un mouvement collectif et cosmique : revenir vers Dieu, mais aussi vers l’autre et vers soi-même.


Dans ce sens, Ki-Tetsé trace une voie exigeante : elle montre les dangers de la violence et de l’oubli, mais aussi les ressources de la mémoire, de l’alliance et du repentir. Elle invite chacun à se tenir, avec courage et humilité, devant la Loi et devant l’histoire.


 © 2025 JBCH. Tous droits réservés. Reproduction du texte interdite sans autorisation


Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme...
 

C'est  délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur 

d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne

les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle, privée.








🇬🇧 Parashat Ki-Tetse: Between Law, Conscience, and Memory


Parashat Ki-Tetse (Deuteronomy 21:10 – 25:19) is one of the richest in the Torah: it contains no fewer than seventy-four commandments, nearly a tenth of all the mitzvot. These laws touch on family life, justice, economy, social relations, war, and memory. Yet beyond their diversity, they raise a central question: how can a human being stand before a Law that sometimes challenges reason and sensitivity?


Three cases stand out for their apparent harshness.

  • The captive woman, whom a Hebrew soldier may marry after a humiliating ritual. This is not an encouragement to brutality but, as Samuel Sarfati explains, a limitation imposed in a violent world.

  • The rebellious son, denounced by his own parents and liable to capital punishment. Rabbinic tradition sees this more as pedagogy than law, a warning of moral drift.

  • The levirate marriage, where a brother marries the widow of his childless brother, illustrates the tension between duty, continuity, and individual freedom.


Each case forces us to confront conscience within the Law.


The haftara from Isaiah, commented on by Alain Goldmann, offers a counterpoint: despite suffering and exile, God’s eternal covenant with Israel remains unbroken. Justice and mercy are held together.


At the end of the parasha, Israel is commanded to remember Amalek. Francine Kaufmann highlights the dual injunction: “Remember” and “Do not forget.” This means not banalizing hatred or nihilism but remaining vigilant against them.


Biblical wars—fraternal conflicts, conquests, inner struggles—pose the question: holy war, just war, or ethical rereading of violence? The Torah sets limits: war is not glorified but restrained by justice and memory.


As Tishri approaches, with its focus on teshuva (return, repentance), Ki-Tetse takes on special meaning. As Benny Lévy noted, teshuva is both personal and collective. This parasha, with its rigor, memory, and call to vigilance, invites us to humility and responsibility before history and the divine.


🇪🇸 Parashá Ki-Tetsé: Entre Ley, Conciencia y Memoria


La parashá Ki-Tetsé (Deuteronomio 21:10 – 25:19) es una de las más ricas de la Torá: contiene setenta y cuatro mandamientos, casi una décima parte del total. Sus leyes abarcan la vida familiar, la justicia, la economía, las relaciones sociales, la guerra y la memoria. Más allá de su diversidad, plantean una pregunta central: ¿cómo situarse ante una Ley que a veces desafía la razón y la sensibilidad?


Tres casos destacan por su dureza aparente:

  • La mujer cautiva, que puede ser tomada como esposa tras un ritual de humillación. Según Samuel Sarfati, no se trata de un derecho, sino de un límite impuesto en un mundo violento.

  • El hijo rebelde, denunciado por sus padres y condenado a la pena capital. Los sabios lo entienden más como advertencia pedagógica que como aplicación legal.

  • El levirato, donde un hermano se casa con la viuda de su hermano fallecido sin hijos, expresa la tensión entre deber, continuidad y libertad personal.


Cada caso obliga a pensar la conciencia frente a la Ley.

La haftará de Isaías, comentada por Alain Goldmann, recuerda que, incluso en la aflicción y el exilio, la alianza eterna entre Dios e Israel permanece. Justicia y misericordia se unen.

La parashá concluye con el mandato de recordar a Amalec. Francine Kaufmann subraya la doble orden: «Acuérdate» y «No olvides». Es un llamado a no banalizar el odio y a mantenerse vigilantes.

Los relatos bíblicos —conflictos fraternales, conquistas, luchas interiores— plantean la cuestión: ¿guerra santa, guerra justa o relectura ética de la violencia? La Torá impone límites: la guerra no se glorifica, sino que se encuadra en la justicia y la memoria.


Hacia los Días Temibles


Con la llegada de Tishrí, centrado en la teshuvá (retorno, arrepentimiento), Ki-Tetsé cobra un sentido especial. Como señalaba Benny Lévy, la teshuvá es personal y colectiva. Esta parashá invita a la humildad, la memoria y la responsabilidad frente a la historia y lo divino.


🇮🇱 

פרשת כי־תצא : בין חוק, מצפון וזיכרון

פרשת כי־תצא (דברים כא, י – כה, יט) היא מן העשירות שבתורה: יש בה שבעים וארבע מצוות – כמעט עשירית מכלל המצוות. היא עוסקת בחיי משפחה, צדק, כלכלה, יחסים חברתיים, מלחמה וזיכרון. מעבר לריבוי הנושאים, עולה בה שאלה מרכזית: כיצד האדם עומד מול חוק שלעתים חורג מן ההיגיון ומן הרגש?


שלושה מקרים בולטים בחומרתם:

  • האישה השבויה, שחייל עברי רשאי לשאת לאישה לאחר טקס משפיל. לדעת שמואל סרפתי, אין זו הכשרה של מעשה, אלא הטלת גבול בעולם אלים.

  • בן סורר ומורה, שמוסרים אותו הוריו לבית דין וניתן לדונו למיתה. חז״ל פירשו שמצווה זו לא התקיימה בפועל, אלא באה כאזהרה חינוכית.

  • ייבום, שבו האח נושא את אשת אחיו שמת בלא בנים, מבטא את המתח שבין חובת ההמשכיות לבין החירות האישית.

בכל המקרים נדרש האדם להפעיל את מצפונו מול החוק.


הברית בלב הניסיון


ההפטרה מישעיהו, כפי שמדגיש אלן גולדמן, מזכירה שהברית הנצחית בין ה׳ לישראל אינה מתבטלת, גם מול חורבן וגלות. החוק והחסד משולבים יחד.


עמלק: זיכרון וזהירות


סיום הפרשה מזכיר את מלחמת עמלק. פרנסין קאופמן מדגישה את הכפילות: ״זכור״ ו*״לא תשכח״*. זו קריאה לא לטשטש את שנאת החינם, אלא להישמר מפניה.


מלחמה בתורה: קריאה אתית


מלחמות המקרא — סכסוכי אחים, כיבושים, מאבקים פנימיים — מעוררות שאלה: מלחמת קודש? מלחמה צודקת? או קריאה אתית לאיפוק ולצדק? התורה מציבה גבולות: אין היא מהללת מלחמה, אלא מגדירה אותה בתוך מסגרת של צדק וזיכרון.


לקראת ימי הדין


עם התקרב תשרי, זמן תשובה, מקבלת פרשת כי־תצא משמעות מיוחדת. כפי שאמר בני לוי, התשובה איננה רק פרטית אלא גם כללית. הפרשה מזמינה לענווה, לזיכרון וללקיחת אחריות מול ההיסטוריה ומול האלוקות.

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