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jeudi 4 septembre 2025

Le couple franco-allemand boîte .. sur le Moyen Orient ! (FR, EN, ES, HE). JBCH N° 328


Les retrouvailles franco-allemandes prennent une tournure nouvelle avec l’arrivée de Friedrich Merz à la chancellerie. En accueillant son homologue au Fort de Brégançon, Emmanuel Macron a voulu marquer une rupture symbolique avec les relations tendues qu’il entretenait avec Olaf Scholz. L’image est forte : après quinze années de chancellerie, seule Angela Merkel avait eu droit à un tel honneur. 

Le message est clair : Paris veut miser sur Merz pour relancer le moteur franco-allemand. Mais derrière l’apparente entente, de profondes divergences demeurent notamment sur le soutien à Israël





Emmanuel Macron s’efforce de cultiver une stature internationale où les alliances du Golfe jouent un rôle central, notamment par le poids financier et énergétique du Qatar.



Cette proximité n’est pas sans conséquence : elle alimente son hostilité croissante envers la politique israélienne, ce qui crée une distance de fond avec Friedrich Merz





Contrairement à Macron, le chancelier allemand affiche une écoute plus limitée aux narratifs issus du Hamas et de ses soutiens. Berlin, marquée par l’histoire et les mensonges récurrents des organisations terroristes, adopte une posture plus ferme au soutien à Israël. Ce clivage pourrait devenir l’un des points de friction les plus sensibles de leur coopération. Berlin ne semble pas être au diapason avec le Qatar, contrairement à la France.


Face à Moscou, l’image est tout autre. Merz et Macron ont multiplié les rencontres : en Moldavie, à Brégançon puis à Toulon pour le conseil des ministres franco-allemand. Leur objectif commun : consolider un front européen contre Vladimir Poutine. 


Ils s’affichent dans une « coalition des volontaires » avec Londres pour définir les garanties de sécurité de l’Ukraine en cas de cessez-le-feu. Néanmoins, Berlin se refuse toujours à envisager un déploiement de troupes, au contraire de Paris et Londres. La divergence reste stratégique : la France prône l’engagement, l’Allemagne privilégie l’appui logistique et financier. Aux yeux de Moscou, la montée en puissance de Merz traduit une Allemagne plus dure, accusée par les médias russes de se lancer dans une militarisation forcée pour masquer ses faiblesses économiques.


À Toulon, Paris et Berlin ont réaffirmé leur volonté de renforcer l’Europe de la défense : dissuasion nucléaire, alerte antimissile (projet Odin’s eye et réseau JEWEL), cybersécurité et production industrielle. 


Mais la réalité demeure chaotique : le programme de char commun MGCS accumule les retards, le projet SCAF est paralysé par les désaccords entre Dassault et Airbus, et l’Allemagne a commandé des F-35 américains, court-circuitant le projet européen. Berlin a dores et déjà acheté et payé 4 milliards d'Euros de matériel militaire à Israël. Les annonces franco-allemandes ressemblent davantage à des compromis temporaires qu’à un plan solide.



Sur le plan énergétique, un équilibre a été trouvé entre le nucléaire français et l’hydrogène allemand. Mais sur l’accord UE-Mercosur, Paris et Berlin restent opposés. Macron tente d’imposer des garanties pour protéger les agriculteurs, ce que Merz juge irréaliste. Plus largement, les deux pays s’engagent dans un agenda commun sur le numérique, la compétitivité et les réformes sociales, mais qui ressemble davantage à une liste de vœux qu’à une feuille de route crédible.


La solidité de cette entente dépend aussi des fragilités internes. En France, Macron gouverne sans majorité stable, et la dette publique dépasse les 3 300 milliards d’euros, faisant planer des risques sur l’euro. 


En Allemagne, Merz affronte une récession persistante et une montée du chômage. Certains éditorialistes jugent que le « moteur franco-allemand » n’est plus qu’un mythe, affaibli par des querelles internes et des désaccords structurels. D’autres y voient malgré tout un retour bienvenu au dialogue bilatéral, indispensable pour l’avenir de l’Europe.


Entre proximité affichée et désaccords de fond, le tandem Macron–Merz illustre à la fois le potentiel et les limites du couple franco-allemand. 


S’ils convergent sur la Russie et l’Ukraine, les divergences profondes sur Israël, sur l’énergie ou sur l’armement européen révèlent des fractures profondes. L’influence croissante du Qatar sur le président français Macron accentue encore ces différences, le plaçant sur une ligne diplomatique ambiguë face aux défis sécuritaires du Moyen-Orient. 



L'Allemagne est le deuxième partenaire militaire de Tel-Aviv entre 2019 et 2023 après Washington, selon l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm. Lors de la guerre de Gaza commencée en 2023 l'industrie militaire allemande continue d'exporter de grandes quantités d'armement vers Israël.

Sur la période 2019–2023, les principaux fournisseurs d’armes à Israël étaient les États-Unis (69 %) puis l’Allemagne (30 %) ; les autres pays, dont la France, représentaient moins de 1 %, la France n'est plus l'ami d'Israël depuis de Gaulle. Israël est aussi le troisième exportateur mondial dans la sécurité et dans le domaine des armes, un véritable concurrent our la France.

La coopération avec Merz pourrait offrir un souffle nouveau à l’Europe, mais seulement si Paris et Berlin parviennent à dépasser leurs contradictions internes, surtout le penchant pro-arabe probablement vénal du Quai d'Orsay, et à transformer leurs annonces en décisions concrètes.

 © 2025 JBCH. Tous droits réservés. Reproduction du texte interdite sans autorisation


Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme...
 

C'est  délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur 

d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne

les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle, privée.







🇬🇧 English version Macron–Merz: Between Strategic Rapprochement and Fault Lines


French President Emmanuel Macron and German Chancellor Friedrich Merz have recently multiplied meetings – from Moldova to the Fort of Brégançon and Toulon – seeking to relaunch the Franco-German engine. The symbolism was strong: Brégançon had only been offered to Helmut Kohl and Angela Merkel before, signaling Macron’s will to elevate Merz as a privileged partner. Yet beneath the gestures, deep fractures remain.


One of the most sensitive divides concerns the Middle East. Macron’s closeness with Qatar, a key financial and diplomatic partner, fuels his hostility toward Israeli policies. Merz, by contrast, shows less patience with Hamas’s narratives and insists on a firmer stance toward terrorism. This divergence could become a lasting fault line, especially as Germany grapples with its historical responsibility and refuses to be swayed by propaganda.


On Russia, however, Paris and Berlin project unity. Together with London, they present themselves as part of a “coalition of the willing” defining Ukraine’s future security guarantees. France argues for stronger military commitments, while Germany prefers financial and logistical support, still reluctant to deploy troops. Moscow, for its part, denounces a “forced militarization of Germany” and sees Merz as tougher than Olaf Scholz.


Defense cooperation remains the Achilles heel. At Toulon, both sides pledged to strengthen European defense capabilities – nuclear deterrence, anti-missile systems, cyber cooperation. But the record is bleak: the joint tank project (MGCS) is years behind, the Future Combat Air System (SCAF) is paralyzed by industrial rivalries, and Berlin has already bought U.S. F-35s. Announcements often look like stopgap compromises rather than strategic breakthroughs.


On energy and trade, fragile compromises emerged. France defended nuclear energy, Germany pushed for hydrogen. On the EU-Mercosur deal, Macron insists on agricultural safeguards, while Berlin wants rapid ratification. Economically, both promised reforms in digital and industrial competitiveness, but analysts note this is more a “wish list” than a roadmap.


The fragility of both leaders complicates matters: Macron governs without a majority and faces record debt, while Merz must deal with recession and rising unemployment. Some commentators see the Franco-German engine as exhausted; others believe its revival is vital to European autonomy.


Ultimately, Macron and Merz embody both the promise and the fragility of the European project. If they can overcome divergences on Israel, defense and economic policy, the partnership could regain substance. Otherwise, it risks remaining a symbolic façade in a time of geopolitical urgency.


🇪🇸 Versión en español


Macron–Merz: entre el acercamiento estratégico y las líneas de fractura


El presidente francés Emmanuel Macron y el canciller alemán Friedrich Merz se han reunido en varias ocasiones – desde Moldavia hasta el Fuerte de Brégançon y Toulon – con el objetivo de reactivar el motor franco-alemán. El gesto fue fuerte: sólo Helmut Kohl y Angela Merkel habían sido recibidos en Brégançon, lo que muestra la voluntad de Macron de otorgar a Merz un lugar privilegiado. Sin embargo, bajo esta aparente armonía, persisten profundas diferencias.


La más delicada es la que concierne a Oriente Medio. La cercanía de Macron con Qatar, socio clave en lo financiero y diplomático, alimenta su hostilidad hacia la política israelí. Merz, en cambio, muestra menos tolerancia con los discursos del Hamás y mantiene una postura más firme frente al terrorismo. Alemania, marcada por su historia, no se deja arrastrar por narrativas propagandísticas, lo que lo distancia de París.


Frente a Rusia, París y Berlín muestran unidad. Junto con Londres, forman parte de una “coalición de voluntarios” que define las garantías de seguridad para Ucrania. Francia apuesta por compromisos militares más fuertes, mientras Alemania se limita a apoyo financiero y logístico, evitando desplegar tropas. Moscú acusa a Merz de militarizar Alemania y lo ve más duro que Olaf Scholz.


La cooperación en defensa sigue siendo el talón de Aquiles. En Toulon se anunciaron avances en disuasión nuclear, sistemas antimisiles y ciberdefensa, pero los grandes proyectos se tambalean: el tanque MGCS acumula retrasos, el SCAF está paralizado y Berlín ya compró aviones F-35 estadounidenses. Las declaraciones parecen más compromisos temporales que un plan sólido.


En energía y comercio, se lograron compromisos frágiles. Francia defendió su modelo nuclear, Alemania el hidrógeno. En cuanto al acuerdo UE-Mercosur, Macron exige garantías agrícolas, mientras Berlín presiona por la ratificación rápida. A nivel económico, se habla de digitalización y competitividad, aunque los analistas lo consideran una lista de deseos más que una hoja de ruta.


Las fragilidades internas complican el escenario: Macron gobierna sin mayoría y con una deuda récord, Merz enfrenta recesión y desempleo en alza. Para algunos, el motor franco-alemán está agotado; para otros, su revitalización es esencial para la autonomía europea.


En definitiva, el dúo Macron–Merz refleja tanto las promesas como las debilidades de Europa. Sólo si logran superar sus divergencias en Israel, defensa y economía, la relación podrá recuperar fuerza real. De lo contrario, corre el riesgo de quedarse en una fachada simbólica en plena urgencia geopolítica.


🇮🇱 גרסה בעברית


מקרון–מרץ: בין התקרבות אסטרטגית לשסעים עמוקים


נשיא צרפת עמנואל מקרון וקנצלר גרמניה פרידריך מרץ נפגשו לאחרונה מספר פעמים – במולדובה, במצודת ברגנסון ובטולון – במטרה להחיות מחדש את “המנוע הצרפתי–גרמני”. הסמליות ברורה: רק הלמוט קוהל ואנגלה מרקל התקבלו בעבר בברגנסון. מקרון מבקש להעניק למרץ מעמד של שותף מועדף. אולם מאחורי מחוות הידידות מסתתרות מחלוקות יסודיות.


המוקד הרגיש ביותר נוגע למזרח התיכון. קשריו ההדוקים של מקרון עם קטאר – שותפה פיננסית ודיפלומטית מרכזית – מזינים את עוינותו כלפי מדיניות ישראל. מרץ, לעומת זאת, מגלה סבלנות מועטה לנרטיבים של חמאס ודורש קו תקיף יותר נגד טרור. גרמניה, הנושאת את עול ההיסטוריה, נמנעת מלהיגרר אחרי תעמולה, וזה יוצר פער מול פריז.


מול רוסיה, לעומת זאת, פריז וברלין מפגינות אחדות. יחד עם לונדון הן מציגות עצמן כחלק מ”ברית המתנדבים” המעצבת את עתידה הביטחוני של אוקראינה. צרפת דוחפת למחויבות צבאית מוגברת, בעוד גרמניה מסתפקת בסיוע לוגיסטי וכספי ומסרבת לשלוח חיילים. מוסקבה מאשימה את ברלין ב”צבאיות כפויה” ורואה במרץ דמות קשוחה יותר משולץ.


שיתוף הפעולה הביטחוני מדשדש. בטולון הכריזו על חיזוק ההרתעה הגרעינית, מערכות נגד טילים ושיתופי פעולה בסייבר. בפועל, הפרויקטים המרכזיים מקרטעים: טנק MGCS מתעכב, פרויקט המטוס הקרבי העתידי SCAF תקוע, וברלין כבר הזמינה מטוסי F-35 מארה”ב.


באנרגיה ובמסחר, הושגו פשרות שבריריות. פריז מגנה על הכוח הגרעיני, ברלין דוחפת למימן. סביב הסכם האיחוד האירופי–מרקוסור, מקרון דורש הגנות לחקלאים, בעוד מרץ מעוניין ברטיפיקציה מהירה. מבחינה כלכלית מדובר ברשימת כוונות יותר מאשר תכנית פעולה.


הקשיים הפנימיים רק מוסיפים לחץ: מקרון ללא רוב בפרלמנט ועם חוב לאומי עצום, ומרץ מתמודד עם מיתון ואבטלה גואה. יש הרואים במנוע הצרפתי–גרמני מיתוס מתכלה, אחרים טוענים כי חידושו חיוני לעצמאות אירופה.


בסופו של דבר, הצמד מקרון–מרץ מבטא גם את הפוטנציאל וגם את השבריריות של הפרויקט האירופי. אם יצליחו להתגבר על הפערים בנוגע לישראל, ביטחון וכלכלה – השותפות עשויה לקבל תוכן אמיתי. אחרת, היא עלולה להישאר סמל בלבד בעידן של דחיפות גיאופוליטית.


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