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mardi 9 septembre 2025

Relations Egypte Israël ... Suite (FR) JBCH N° 356



Quand le Président Egyptien Anouar El Sadate s'est rendu à la Knesset, reconnaissant par là même que Jérusalem était la Capitale d'Israël, je me trouvais à Vincennes, dans le petit studio de ma grand-mère, ... Elle était sioniste, et même plus, elle pleurait de joie et mon papa lui a apporté dans l'aprè-midi la photo de l'accolade avec Beguin. 

A l'époque, je trouvais cette reconnaissance et ce traité de Paix inespéré voire miraculeux, mais au fond de moi, je n'ai jamais eu confiance, et ll'histoire ne m'a pas contrarié, car Sadate a été assassiné par les frères musulmans et la paix entre ces deux pays est restée froide, même glaciale, Sous les deux présidents militaires suivants : Moubarak et Sissi .




En juillet, Khalil al-Hayya, haut responsable du Hamas à Gaza, a lancé un appel virulent aux Égyptiens, accusant Le Caire de laisser mourir de faim les Palestiniens coincés à sa frontière. Cette attaque frontale, perçue comme une mise en cause directe du régime d’Abdel Fattah al-Sissi, a provoqué une réaction immédiate et sévère des autorités égyptiennes. 


Frontiere de Gaza coté égyptien

Des porte-parole officiels et des éditorialistes influents ont dénoncé l’ingratitude de Hamas, rappelant l’aide humanitaire et diplomatique constante fournie par l’Égypte. Pour Le Caire, cette sortie de Hamas n’était pas seulement une provocation, mais aussi une tentative de déstabilisation intérieure, alors que l’Égypte traverse une grave crise économique.



Malgré cette tension, l’interlocution n’a pas été rompue : deux semaines plus tard, une délégation de Hamas a été convoquée au Caire pour reprendre les discussions sur les otages israéliens détenus à Gaza. Toutefois, la méfiance et l’amertume persistent, notamment après que Benyamin Netanyahou a suggéré d’ouvrir le passage de Rafah pour permettre l’exil de Gazaouis vers le Sinaï, insinuant que l’Égypte empêchait délibérément leur sortie. Ces propos ont été interprétés comme une remise en cause de la souveraineté égyptienne et une relance du spectre d’un « transfert » forcé, idée rejetée par Le Caire comme une violation du droit international et assimilée à un projet de nettoyage ethnique.




Depuis la signature des accords de Camp David en 1978 et du traité de paix en 1979, Israël et l’Égypte entretiennent une relation ambiguë : formellement pacifique, mais traversée de crises. L’Égypte a accepté à plusieurs reprises de renforcer sa présence militaire dans le Sinaï avec l’aval tacite d’Israël, notamment pour lutter contre les groupes djihadistes. Israël a même mis à la disposition des égyptiens des drones tueurs.







Les armées des deux pays ont même coopéré discrètement contre l’État islamique. Mais les récentes accusations israéliennes selon lesquelles l’Égypte violerait le traité en déployant trop de forces dans le Sinaï sont jugées infondées par Le Caire. Elles apparaissent comme un prétexte pour exercer une pression politique.



Au cœur de cette relation paradoxale se trouve le gaz naturel. En 2024, Israël et l’Égypte ont conclu le plus important contrat énergétique de leur histoire : l’achat par l’Égypte de 130 milliards de m³ de gaz israélien, pour une valeur de 35 milliards de dollars, jusqu’en 2040. 



Ce contrat implique la construction d’un nouveau gazoduc conjoint, estimé à 400 millions de dollars. Pour Israël, il s’agit d’un levier stratégique et économique majeur ; pour l’Égypte, ce gaz est vital afin de compenser l’effondrement de sa production nationale, en baisse de 40 % depuis deux ans.




Pourtant, ce partenariat reste fragile. Le gaz avait déjà été une source d’instabilité : dans les années 2000, l’exportation de gaz égyptien vers Israël avait alimenté la colère populaire et contribué à la chute de Hosni Moubarak en 2011. Aujourd’hui, Le Caire tente d’atténuer les critiques en présentant ce nouveau contrat non comme une orientation stratégique mais comme une extension d’un accord signé en 2019.


L’Égypte cherche à diversifier ses approvisionnements afin de ne pas être prisonnière d’Israël. Elle a conclu des partenariats avec le Qatar, ainsi qu’un accord inédit avec la Turquie pour accueillir des navires méthaniers flottants capables de regazéifier du GNL au large de ses côtes. Mais ces solutions restent coûteuses et moins fiables que l’importation directe du gaz israélien. La dépendance au gaz israélien est donc un choix pragmatique, dicté par l’urgence énergétique et la pression d’une opinion publique déjà mécontente des pénuries.



Les relations israélo-égyptiennes apparaissent aujourd’hui comme un équilibre instable entre coopération contrainte et méfiance stratégique. L’Égypte reste un médiateur indispensable entre Israël et Gaza, mais refuse catégoriquement toute tentative de faire de son territoire une « solution » au problème palestinien. Dans le même temps, la survie énergétique égyptienne dépend désormais en partie du gaz israélien.


Ainsi, tandis que le langage diplomatique est marqué par des affrontements verbaux et des accusations de violation du droit international, la réalité économique pousse les deux pays à poursuivre une coopération discrète mais incontournable.



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Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme...
 

C'est  délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog,  j'exprime en général un coup de coeur 

d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne


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