Face à la profondeur du youd (l’être), et la leçon morale universelle de cette fête, avec des citations à la fois juives et profanes.
Souccot, fête des cabanes, s’élève dans le calendrier juif comme un chant paradoxal : à peine sortis de la rigueur spirituelle de Yom Kippour, le peuple d’Israël est invité non pas à construire, mais à habiter le provisoire, à quitter sa maison solide pour une demeure fragile, ouverte au vent, à la pluie et à la lumière et à célébrer la Joie.
« Vous habiterez dans des souccot pendant sept jours, afin que vos générations sachent que J’ai fait demeurer les enfants d’Israël dans des cabanes quand Je les ai fait sortir du pays d’Égypte » (Lévitique 23:42-43).
La Soucca est donc à la fois mémoire et métaphore : mémoire d’un peuple errant protégé par Dieu dans le désert, et métaphore de la fragilité humaine. En hébreu, la lettre Beth (ב), première du mot Bayit — la maison — symbolise la possession, la stabilité, l’avoir. Mais cette stabilité est illusoire : le Beth n’est solide que tant que le souffle du monde ne le traverse pas. À Souccot, on découvre que le Beth est fragile, car tout ce qui est matériel — toit, biens, réussite — peut s’effondrer. En revanche, la lettre Youd (י), minuscule, représente l’esprit, l’être, la sagesse et l’étude. Ce n’est pas l’avoir qui dure, mais le savoir, la transmission, la conscience.
Comme l’écrivait Rabbi Nachman de Breslev : « Le monde entier est un pont très étroit, mais l’essentiel est de ne pas avoir peur. »
Ce pont, c’est la Soucca elle-même : une cabane fragile suspendue entre le ciel et la terre, un lieu où l’homme apprend à se tenir dans l’instable, à faire confiance. L’enseignement de Souccot est d’une modernité bouleversante : dans une époque obsédée par la propriété, la performance et la sécurité, elle rappelle que la vraie solidité ne se mesure pas en murs mais en valeurs.
Le philosophe Albert Camus écrivait : « Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible. »
Cette phrase résonne étrangement avec le message de Souccot : sous le toit de branchages, dans la précarité assumée, se découvre la force intérieure, la chaleur de l’être. Le Youd intérieur — l’étincelle divine, la conscience — devient alors plus solide que n’importe quelle pierre.
De même, Socrate affirmait : « L’homme ne possède rien d’autre que lui-même. »
Cette vérité, simple et radicale, se rejoue chaque année à Souccot. On quitte le confort pour renouer avec l’essentiel, on troque le béton pour les palmes, la certitude pour la foi.
Mais Souccot n’est pas une fête de tristesse : c’est au contraire le “temps de notre joie” (Zman Simhaténou). Pourquoi la joie au cœur de la fragilité ? Parce qu’en acceptant l’éphémère, l’homme se libère de la peur de perdre. Il retrouve une forme d’équilibre spirituel, un rapport juste au monde : ni fuite dans le confort, ni mépris du matériel, mais conscience que tout est don et que la vie, comme la Soucca, est faite pour être traversée, non possédée.
Le peuple, sous la bénédiction des Cohanim se doit de se rendre au Temple de Jérusalem, trois fois par an : Pesah, Chavouot et Souccot , ces fêtes sont basées sue les semailles le laburage et laes récoltes, toutes ces fêtes sont agricoles.
Ainsi, le savoir, l’étude, la parole transmise — ce Youd spirituel — se révèle plus solide que le Beth matériel. On peut perdre sa maison, ses richesses, sa position, mais non la sagesse qu’on a acquise ni la foi qu’on a vécue. Comme le dit Maïmonide : « Les biens matériels sont comme l’ombre d’un arbre : plus on les poursuit, plus ils s’éloignent. »
La Soucca est une école d’humilité : elle enseigne à bâtir non sur la pierre, mais sur la connaissance, la mémoire, la solidarité. Souccot nous apprend à habiter le monde sans en être prisonniers.
Elle nous rappelle que la vraie maison est intérieure, qu’elle se construit dans la fidélité, dans la prière, dans le partage, dans la volonté d’apprendre. L’homme qui s’attache à l’avoir devient captif du Beth qui s’effondre ; celui qui s’attache à l’être s’élève avec le Youd qui ne disparaît pas.
En sortant de la Soucca, nous ne rentrons pas dans une maison plus solide : nous rentrons dans une conscience plus claire. La fragilité, acceptée, devient sagesse ; la précarité, assumée, devient paix. Et l’homme découvre que son seul vrai bien, c’est la lumière qu’il porte.
C'est délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur
d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne
les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle, privée
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🇬🇧 English
Facing the depth of the Youd (being), and the universal moral lesson of this festival, with both Jewish and secular references.
Sukkot, the Feast of Tabernacles, rises in the Jewish calendar as a paradoxical song: barely emerging from the spiritual austerity of Yom Kippur, the people of Israel are invited not to build, but to dwell — to leave their solid homes for fragile huts open to wind, rain, and light, and to celebrate Joy.
“You shall dwell in booths for seven days, so that your generations may know that I made the children of Israel dwell in booths when I brought them out of the land of Egypt.” (Leviticus 23:42–43)
The Sukkah is both memory and metaphor: memory of a wandering people protected by God in the desert, and metaphor for human fragility.
In Hebrew, the letter Beth (ב), first of Bayit — the house — symbolizes possession, stability, having.
Yet this stability is illusory: Beth is solid only as long as the breath of the world does not pass through it.
On Sukkot, we discover that Beth is fragile, for all that is material — roof, wealth, success — can collapse.
In contrast, the tiny Youd (י) represents spirit, being, wisdom, and study.
It is not having that endures, but knowing, transmitting, and being conscious.
As Rabbi Nachman of Breslov wrote:
“The whole world is a very narrow bridge, and the main thing is not to be afraid.”
This bridge is the Sukkah itself: a fragile hut suspended between heaven and earth, where man learns to stand in the unstable, to trust.
The teaching of Sukkot is strikingly modern: in an age obsessed with property, performance, and security, it reminds us that true solidity is not measured by walls but by values.
The philosopher Albert Camus wrote:
“In the midst of winter, I finally learned that there was in me an invincible summer.”
This resonates deeply with Sukkot’s message: beneath a leafy roof, in accepted vulnerability, one discovers inner strength — the warmth of being.
The inner Youd — the divine spark, the conscience — becomes more enduring than any stone.
Likewise, Socrates affirmed:
“Man possesses nothing but himself.”
This radical truth is replayed every year at Sukkot.
We leave comfort to rediscover essence; we trade concrete for palm branches, certainty for faith.
But Sukkot is not a festival of sorrow: it is “the time of our joy” (Zman Simchatenu).
Why joy in fragility? Because by accepting impermanence, man frees himself from the fear of loss.
He finds spiritual balance — a right relationship with the world: neither escape into comfort nor contempt for matter, but awareness that everything is gift, and that life, like the Sukkah, is meant to be inhabited, not owned.
The people, under the blessing of the Cohanim, were commanded to go up to the Temple in Jerusalem three times a year: Pesach, Shavuot, and Sukkot.
These pilgrim festivals are rooted in the agricultural cycle — sowing, plowing, and harvest.
Thus, knowledge, study, and transmitted word — that spiritual Youd — prove more lasting than the material Beth.
One can lose home, wealth, and status, but not the wisdom one has gained nor the faith one has lived.
As Maimonides said:
“Material goods are like the shadow of a tree — the more you chase them, the farther they flee.”
The Sukkah is a school of humility: it teaches us to build not on stone, but on knowledge, memory, and solidarity.
Sukkot teaches us to dwell in the world without becoming its prisoner.
It reminds us that the true home is within — built through faithfulness, prayer, sharing, and the will to learn.
He who clings to having becomes captive of the collapsing Beth; he who clings to being rises with the enduring Youd.
When we leave the Sukkah, we do not return to a stronger house — we return to a clearer consciousness.
Fragility, accepted, becomes wisdom; precariousness, embraced, becomes peace.
And man discovers that his only true wealth is the light he carries within.
🇪🇸 Español
Frente a la profundidad del Yod (el ser) y la lección moral universal de esta festividad, con citas tanto judías como profanas.
Sucot, la fiesta de las cabañas, se alza en el calendario judío como un canto paradójico: apenas salidos de la severidad espiritual de Yom Kipur, el pueblo de Israel es invitado no a construir, sino a habitar lo provisional, a dejar su casa sólida por una morada frágil, abierta al viento, la lluvia y la luz, y a celebrar la Alegría.
“Habitaréis en cabañas durante siete días, para que vuestras generaciones sepan que hice habitar a los hijos de Israel en cabañas cuando los saqué de la tierra de Egipto.” (Levítico 23:42-43)
La Sucá es a la vez memoria y metáfora: memoria de un pueblo errante protegido por Dios en el desierto, y metáfora de la fragilidad humana.
En hebreo, la letra Bet (ב), primera de Bayit — la casa — simboliza la posesión, la estabilidad, el tener.
Pero esa estabilidad es ilusoria: el Bet sólo es firme mientras el soplo del mundo no lo atraviesa.
En Sucot descubrimos que el Bet es frágil, pues todo lo material — el techo, los bienes, el éxito — puede derrumbarse.
Versión en español
Texto en español...
En cambio, la pequeña Yod (י) representa el espíritu, el ser, la sabiduría y el estudio.
No es el tener lo que perdura, sino el saber, el transmitir, el ser consciente.
Como escribió el rabí Najman de Breslev:
“Todo el mundo es un puente muy estrecho, y lo esencial es no tener miedo.”
Ese puente es la Sucá misma: una cabaña frágil suspendida entre el cielo y la tierra, donde el hombre aprende a mantenerse en lo inestable, a confiar.
La enseñanza de Sucot es de una modernidad conmovedora: en una época obsesionada por la propiedad, el rendimiento y la seguridad, nos recuerda que la verdadera solidez no se mide en muros sino en valores.
El filósofo Albert Camus escribió:
“En medio del invierno, aprendí por fin que dentro de mí habitaba un verano invencible.”
Esta frase resuena con el mensaje de Sucot: bajo un techo de ramas, en la precariedad asumida, se descubre la fuerza interior, el calor del ser.
El Yod interior — la chispa divina, la conciencia — se vuelve más duradero que cualquier piedra.
Asimismo, Sócrates afirmaba:
“El hombre no posee nada más que a sí mismo.”
Esta verdad simple y radical se revive cada año en Sucot.
Abandonamos el confort para reencontrar lo esencial; cambiamos el hormigón por las palmas, la certeza por la fe.
Pero Sucot no es una fiesta de tristeza: es, al contrario, “el tiempo de nuestra alegría” (Zman Simjatenu).
¿Por qué la alegría en la fragilidad? Porque al aceptar lo efímero, el hombre se libera del miedo a perder.
Recupera un equilibrio espiritual, una relación justa con el mundo: ni huida hacia el confort ni desprecio de lo material, sino conciencia de que todo es un don, y que la vida, como la Sucá, está hecha para ser habitada, no poseída.
El pueblo, bajo la bendición de los Cohanim, debía subir al Templo de Jerusalén tres veces al año: Pésaj, Shavuot y Sucot.
Estas fiestas están ligadas a las cosechas, la siembra y la recolección — todas son agrícolas.
Así, el saber, el estudio, la palabra transmitida — ese Yod espiritual — resultan más duraderos que el Bet material.
Se puede perder la casa, las riquezas o la posición, pero no la sabiduría adquirida ni la fe vivida.
Como decía Maimónides:
“Los bienes materiales son como la sombra de un árbol: cuanto más los persigues, más se alejan.”
La Sucá es una escuela de humildad: enseña a construir no sobre piedra, sino sobre conocimiento, memoria y solidaridad.
Sucot nos enseña a habitar el mundo sin convertirnos en sus prisioneros.
Nos recuerda que la verdadera casa es interior, que se construye con fidelidad, oración, compartir y deseo de aprender.
El hombre que se aferra al tener se vuelve prisionero del Bet que se derrumba; quien se aferra al ser se eleva con el Yod que no desaparece.
Al salir de la Sucá no regresamos a una casa más sólida: regresamos a una conciencia más clara.
La fragilidad aceptada se convierte en sabiduría; la precariedad asumida se convierte en paz.
Y el hombre descubre que su único bien verdadero es la luz que lleva dentro.
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