Au Lycée Condorcet, mon professeur de français Roger Ikor nous avait fait étudier un livre mystérieux : La Treizième Tribu, d'Arthur Koestler. J'ai donc découvert par son biais l'histoire du peuple Khazar.
Plus tard, je lisais le Kouzari, correspondance entre Yehouda Halévy (Espagne) avec Joseph le roi des Khazars ... une recherche s'imposait donc ...
Le « Kouzari » (ou Kitab al-Khazari) de Yehouda Halevi, rédigé vers 1140 en Espagne, constitue la plus brillante réfutation médiévale de ce que les modernes appellent, par dérision, la « théorie khazare ».
Halevi y reprend en réalité un épisode historique authentique — la conversion du roi des Khazars au judaïsme au VIIIᵉ siècle — pour en faire une allégorie spirituelle et philosophique, non une origine ethnique du peuple juif.
Dans le dialogue entre le roi des Khazars et le « sage d’Israël », Halevi expose une défense rationnelle de la foi juive face à la philosophie grecque, au christianisme et à l’islam.
Le roi, à la recherche de la vérité, interroge successivement un philosophe, un chrétien, un musulman et enfin un juif ; seul ce dernier lui offre une sagesse enracinée dans la Révélation et l’histoire vécue d’un peuple, non dans la spéculation abstraite.
Le judaïsme, affirme Halevi, ne se définit ni par la puissance politique ni par l’argument logique, mais par la présence continue d’un lien vivant avec le Dieu d’Israël, transmis depuis Abraham et manifesté à travers l’histoire d’Israël.
Le Kouzari ne décrit donc pas des « origines khazares » des Juifs, mais au contraire leur unité spirituelle et généalogique au-delà des diasporas. Yehouda Halevi, poète et médecin andalou, y exprime la nostalgie d’un retour à Sion et la conviction que l’élection d’Israël est d’ordre divin, non politique.
C’est un texte profondément sioniste avant l’heure : Halevi quitta l’Espagne pour mourir, selon la légende, aux portes de Jérusalem.
Aujourd’hui, les partisans de la « Khazar theory » inversent complètement le sens du Kouzari : ce livre prouve justement que le judaïsme est universel dans sa foi mais enraciné dans une filiation historique réelle.
Les études génétiques modernes confirment cette histoire médiévale : Ashkénazes, Séfarades et Mizrahim partagent un noyau levantin commun, proche des peuples du Proche-Orient antique.
Ainsi, la « théorie négationniste khazare » contemporaine, évoquée par les extrèmes gauche et certains partis arabes, souvent agitée pour délégitimer Israël, par des propagantistes de bas étage, n’a rien d’historique :
Elle nie à la fois la science, les sources médiévales et le sens même du Kouzari, qui demeure l’un des plus puissants manifestes de l’âme juive et de sa continuité à travers le temps et l’exil.
C'est délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur
d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne
les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle, privée
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