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samedi 22 novembre 2025

Ce que rapporte le Gaz à Israël. JBCH N° 660

Les Réserves de Gaz d’Israël : ce sont des bénéfices Économiques et Perspectives du Fonds Souverain Israélien.


Depuis les découvertes majeures de gaz naturel au début des années 2010, Israël s’est transformé d’un importateur net d’énergie en un producteur et exportateur clé dans l’est de la Méditerranée. 




Les champs offshore dominants – Tamar (découvert en 2009, 11,2 TCF de réserves), Leviathan (2010, 22 TCF), Karish (2013, 2,4 TCF), ainsi que les plus modestes Noa (0,4 TCF), Mari B (0,6 TCF), Sarah et Myra (estimés à 1 TCF combinés) – représentent environ 35 TCF de réserves prouvées en 2025  . 


Le champ terrestre de Heletz (première production en 1955, réserves résiduelles de 0,1 TCF) reste marginal, avec une production annuelle d’environ 0,5 BCM. Nous n'oublions pas qu'une des plus grandes réserves de gaz de schiste, non exploitée pour le moment du fait de l'opposition des partis écologistes se trouve entre la Mer Morte et le Negev.


En 2024, la production totale a atteint 27 BCM, dont 21,5 BCM des Tamar et Leviathan, et 5,8 BCM de Karish  . Ces ressources, exploitées par des consortiums comme Chevron (Leviathan), NewMed Energy (Tamar) et Energean (Karish), couvrent 90 % des besoins domestiques en électricité et génèrent des exportations record vers l’Égypte (130 BCM via un accord de 35 milliards $ signé en août 2025) et la Jordanie .



Au cœur de cette stratégie d’exportation, le projet de gazoduc EastMed , reliant Israël à Chypre, la Grèce et l’Italie sur 1 900 km – vise à contourner la Turquie et à sécuriser un accès direct à l’Europe. Signé en janvier 2020 par Israël, Chypre, Grèce et Italie, avec un coût estimé à 6-7 milliards €, il prévoit une capacité initiale de 10 BCM/an, extensible à 20 BCM  . 



En 2025, malgré des retards dus à des tensions régionales (guerre Israël-Hezbollah, revendications turques), une version allégée (Israël-Chypre via LNG) gagne du terrain, avec des études en cours pour un FID en 2026 . Ces développements posent la question des bénéfices pour Israël : diversification économique, sécurité énergétique et alliances géopolitiques. 




Par ailleurs, les revenus gaziers, couplés à l’excellence technologique israélienne (cybersécurité, IA), pourraient-ils alimenter un fonds souverain robuste ? Cet article explore ces enjeux en trois volets : les bénéfices immédiats du gaz, le rôle d’EastMed, et les perspectives d’un fonds souverain.


Les Bénéfices Économiques et Stratégiques des Réserves de Gaz pour Israël. Les réserves de gaz ont révolutionné l’économie israélienne, passant d’une dépendance à 100 % aux importations (charbon, fuel) en 2010 à une autosuffisance énergétique en 2015. En 2024, la production de 27 BCM a généré 2 milliards $ de revenus fiscaux (royalties et taxes sur profits excédentaires à 280 % pour Tamar et 200 % pour Leviathan), avec une croissance de 86 % des exportations à 13,2 BCM  . Tamar (10,1 BCM/an) et Leviathan (11,3 BCM/an) couvrent 70 % de la demande domestique en électricité, réduisant les émissions de CO2 de 70 % par rapport au charbon et économisant 18 milliards $ depuis 2013 .


 Karish, opérationnel depuis 2022, ajoute 5,8 BCM/an, tandis que Noa et Mari B (déclinants, <1 BCM/an) servent de backup ; Sarah et Myra (développés par NewMed) pourraient ajouter 1 BCM/an d’ici 2027. Heletz, bien que mineur, symbolise l’héritage pétrolier et gazier terrestre, avec une production résiduelle soutenant l’industrie locale.




Économiquement, ces champs ont boosté le PIB : contribution de 2-3 % en 2024, avec 10 000 emplois directs et 50 000 indirects dans l’exploration, la raffinerie et les services . Les exportations – 49 % de la production en 2024 – vers l’Égypte (via LNG pour réexportation) et la Jordanie ont généré 15 milliards $ cumulés depuis 2020, stabilisant les prix domestiques (0,5-0,6 $/MMBtu) et évitant la “maladie hollandaise” via des quotas d’export (max. 50 % des réserves) . 




Géopolitiquement, le gaz renforce les alliances : accords avec la Jordanie (45 BCM sur 15 ans, 10 milliards $) et l’Égypte (130 BCM sur 15 ans) favorisent la paix économique, malgré les tensions (arrêt temporaire des champs en juin 2025 lors du conflit Iran) . En 2025, un partenariat avec l’Azerbaïdjan (SOCAR : 10 % de Tamar, licence Cluster I) diversifie les risques et intègre Israël au corridor énergétique caspien .





Bakou

Ces bénéfices s’étendent à l’innovation : les royalties (12,5 % sur production) financent la R&D en tech gazière (drones sous-marins pour surveillance, IA pour optimisation des champs), alignée sur l’écosystème high-tech israélien (500 milliards $ de capitalisation boursière en tech, 2025). Le gaz réduit la vulnérabilité aux chocs (comme la coupure égyptienne de 2011), avec une production qui devrait atteindre 30 BCM/an d’ici 2030, couvrant les besoins domestiques jusqu’en 2060 .


Le Projet EastMed : Allié Stratégique pour les Exportations et la Sécurité Européenne : Le gazoduc EastMed, signé en 2020 par Israël, Chypre, Grèce et Italie, vise à transporter 10 BCM/an (extensible à 20) des champs Leviathan et Tamar via Chypre (Aphrodite/Glaucus) et la Crète jusqu’en Grèce, puis en Italie via le Poseidon  . Coût : 6-7 milliards €, avec 34,5 millions € de fonds UE (PCI depuis 2013) et un FID visé en 2022, opérationnel en 2025 – mais retardé à 2026-2027 par des défis techniques (profondeur 3 300 m, risques sismiques) et géopolitiques (revendications turques, guerre Hezbollah 2024)  .




Pour Israël, EastMed offre des bénéfices multiples. Économiquement, il ouvre un marché européen premium (prix 8-10 $/MMBtu vs. 5-6 $ pour Égypte/Jordanie), potentiellement 5-10 milliards $/an d’exportations, avec priorité accordée à Israël et Chypre sur les quotas UE . 


Cela diversifie les risques (actuels : 80 % vers Égypte) et monétise les surplus (13 BCM exportés en 2024), boostant les royalties de 20-30 % . Stratégiquement, il renforce l’axe “3+1” (Israël-Grèce-Chypre + USA), contrecarrant l’influence turque (accord Turquie-Libye 2019) et intégrant Israël au Southern Gas Corridor UE, avec exercices militaires conjoints (Noble Dina 2025) . Pour l’Europe, EastMed diversifie les sources (réduisant la dépendance russe de 40 % en 2022 à <30 % en 2025), soutenant la transition verte (gaz comme “pont” vers H2) et favorisant l’hub sud-européen (Grèce-Italie comme alternatives à l’Allemagne) .





Malgré des critiques (coûts élevés, vulnérabilité aux sabotages, impact fossile), une version hybride (gazoduc Israël-Chypre + LNG vers Grèce) émerge en 2025, alignée sur le Green Deal UE (taxonomie gaz 2025)  . Pour Israël, cela consolide son rôle de “puissance énergétique”, avec des bénéfices indirects : attractivité pour FDI (NewMed + SOCAR) et levier diplomatique (soutien US via Pompeo 2019).




Vers une consolidation du  Fonds Souverain Alimenté par le Gaz et la Technologie  Inspiré par le modèle norvégien, Israël a créé le Fonds des Citoyens Israéliens (Keren LeEzraḥei Yisra’el) en juin 2022 pour gérer les “super-profits” gaziers (taxes excédentaires), après un retard dû à la pandémie et aux instabilités politiques  . 


En janvier 2025, il détient 2,05 milliards $ (hausse de 60 % vs. 2024), avec une allocation : 59 % actions, 36 % obligations, 5 % cash . Les royalties (12,5 %) et taxes (4,7 milliards ₪ en 2023) y affluent, visant 130 milliards $ cumulés d’ici 2040 . Géré par la Banque d’Israël, il investit à l’étranger pour éviter l’inflation (maladie hollandaise), finançant éducation, santé et R&D domestique.




Le gaz seul ne suffira pas : avec 2 % du PIB en 2025, les revenus (2 milliards $/an) grandiront à 5 milliards $ d’ici 2030 via EastMed, mais la volatilité (prix gaz -20 % en 2024) limite l’ampleur . 


C’est là qu’intervient la technologie : Israël, “Start-Up Nation” (6 000 startups, 25 % du PIB high-tech), génère 500 milliards $ de valorisation (NASDAQ : 131 firmes). Les royalties gaz (1 milliard $/an pour R&D) boostent cybersécurité (Check Point), IA (Mobileye) et biotech, attirant 25 milliards $ FDI/an  . 


Un fonds souverain élargi, incluant tech (via Israel Innovation Authority), pourrait atteindre 50 milliards $ d’ici 2035, comme le propose le Trésor en 2025 : 30 % gaz, 70 % tech pour diversification (énergie verte, H2 via Leviathan).



Une Énergie pour l’Avenir Les réserves de gaz, via Tamar-Leviathan-Karish, ont conféré à Israël une indépendance énergétique et des revenus de 2 milliards $/an, renforcés par EastMed qui promet diversification européenne et alliances anti-turques. Israël développe dans le Negev d'énormes champs pour produire de l'énergie solaire. 


Couplé à la tech (25 % PIB), cela pave la voie à un fonds souverain mature : de 2 milliards $ en 2025 à potentiellement 50 milliards $ d’ici 2035, finançant innovation et résilience. Sans cela, les risques (géopolitiques, climatiques) pourraient éroder ces gains ; avec, Israël deviendra un hub énergétique-tech, honorant son “miracle économique”.




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