Protéger la recherche scientifique contre l’obscurantisme ... et pourquoi l’attaque contre l’Institut Weizmann est un événement exceptionnel
L’attaque iranienne ayant détruit plusieurs laboratoires de l’Institut Weizmann des sciences constitue un événement d’une gravité exceptionnelle, non seulement pour Israël mais pour la communauté scientifique mondiale.
Peu d’institutions, dans l’histoire contemporaine, ont atteint un tel niveau d’excellence et d’influence internationale dans autant de domaines fondamentaux pour l’humanité : immunologie, cancérologie, génétique, neurosciences, physique moléculaire, intelligence artificielle… L’Institut Weizmann n’est pas un simple centre de recherche ; c’est un moteur de découvertes majeures qui façonnent déjà la médecine, la biologie et la technologie de demain
Les exemples cités dans le texte rappellent son rôle central dans des avancées révolutionnaires : les cellules CAR-T, nées dans le laboratoire de Zelig Eshhar, ont transformé la lutte contre certaines leucémies, sauvant des milliers de vies.
Ada Yonath, travaillant dans ce même institut, a réalisé les percées structurales sur le ribosome qui lui ont valu un prix Nobel, ouvrant la voie à de nouveaux antibiotiques. Le laboratoire de Moshé Oren a clarifié le rôle du gène TP53, devenu l’un des piliers de l’oncologie moderne. Ces découvertes ne sont pas seulement israéliennes : elles appartiennent au patrimoine scientifique de l’humanité.
C’est précisément cela qui rend l’attaque de juin 2025 exceptionnelle et particulièrement choquante : c’est la première fois qu’une puissance étatique cible délibérément, dans un pays démocratique, des laboratoires de sciences de la vie des lieux où l’on ne développe pas des armes, mais des thérapies, des connaissances, des outils pour comprendre la vie et pour guérir.
Détruire des plates-formes de séquençage, des banques de drosophiles créées sur dix ans, des microscopes uniques, ce n’est pas seulement s’en prendre à Israël : c’est frapper la science mondiale, ralentir des projets qui auraient pu sauver des vies partout, y compris… en Iran.
L’Institut Weizmann, situé en Israël, possède une particularité : il produit une recherche d’envergure planétaire malgré un environnement géopolitique instable, des menaces constantes et parfois un isolement diplomatique. Que de telles découvertes émergent dans un pays aussi petit et aussi menacé relève presque du paradoxe.
C’est parce qu’Israël place la science, l’éducation et la liberté intellectuelle au cœur de son identité nationale. Les laboratoires détruits étaient dirigés par des chercheurs mondialement reconnus : Jacob Hanna sur les cellules souches et l’embryologie, Eldad Tzahor sur la régénération cardiaque, Oren Schuldiner sur le développement neuronal. Leurs travaux touchent à des questions essentielles : comment réparer un cœur ? Comment reconstruire un neurone ? Comment modéliser le développement d’un embryon humain ?
Face à l’obscurantisme religieux, politique ou idéologique , la science reste l’un des derniers espaces où le dialogue international survit malgré les conflits. C’est pourquoi l’attaque contre l'Institut Weizmann doit être dénoncée par tous : scientifiques, institutions, gouvernements.
Ce qui a été frappé à Rehovot, ce n’est pas Israël – c’est l’idée même de progrès. Et c’est pour cela qu’il est vital de soutenir ces chercheurs, de reconstruire leurs laboratoires et de protéger partout, toujours, la science contre ceux qui veulent l’éteindre.
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