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jeudi 20 novembre 2025

Hommage à Jacqueline Keller et à la Coopération féminine JBCH N° 648

La Coopération féminine Merkaz de Montmartre,  Rue des Saules


Il est des femmes dont la présence discrète éclaire des existences entières. Jacqueline Keller fut de celles-là.  Jacqueline nous a quitté à 97 ans cette semaine. Elle a rejoint  ma maman Lina Cohen-Hadria et  son amie Gaby Zaitoun.


Ces femmes ont donné naissance à une œuvre profondément humaine : la Coopération Féminine, dont la première mission fut d’ouvrir chaque mercredi, au Merkaz de Montmartre, un espace de chaleur et de réconfort pour ceux qui avaient échappé à la Shoah, mais que la vie avait laissés vieillissants, isolés, parfois brisés.


Le Mercredi, des jeunes au coeur gros venaient pour animer ces après-midi , parmi ceux la on peut citer Yvon Nataf, Jacques Barkatz, Guy Zaitoun, Michel Cohen-Hadria, Dino Uzan, Guy Curiel, André Benzaquin, et bien d'autres qui outre les animations aidaient les personnes âgées à faire leurs courses, à leur monter au 7ème étage le charbon, à confectionner des colis pour les fêtes...



Jacqueline Gaby et ma maman, avaient compris que la dignité commence souvent par une main tendue, un sourire sincère, une table où l’on vous attend. Mercredi après mercredi, elles ont  offert bien plus qu’un accueil : elles ont  redonné à ces survivants ce que la barbarie avait voulu leur enlever la certitude qu’ils n’étaient pas seuls, qu’une petite lumière pouvait encore briller dans leur vie. Cette lumière était faite de simplicité, d’écoute, de générosité, mais surtout d’une profonde fraternité juive.




À travers la Coopération Féminine, Jacqueline accompagnée de Lina, Rosy, Gaby  ne cherchaient ni reconnaissance ni louange. Elles agissaient, tout naturellement, parce qu’elles considéraient comme un devoir sacré de soutenir celles et ceux qui avaient traversé l’indicible. 


Lina Cohen-Hadria apportait son cœur immense et sa force de mère, tandis que Gaby Zaitoun, d’une présence vigilante et douce, complétait ces de femmes exceptionnelles. Ensemble, elles ont construit un refuge, un rendez-vous hebdomadaire qui devint pour beaucoup un véritable havre de paix, et probablement leur seule raison de survivre.





L’héritage de Jacqueline Keller  et de ces pionnières ne se mesure pas en monuments ni en discours, mais en visages illuminés, en vies réchauffées, en souvenirs préservés. Leurs actions demeurent un témoignage vibrant de ce que peuvent accomplir quelques femmes déterminées, lorsque la compassion les guide.


Aujourd’hui, nous nous inclinons devant leur  mémoire avec respect, reconnaissance et affection. Que leurs noms soient pour tous une bénédiction, et que la lumière qu’elles ont rallumée dans tant de destins continue d’éclairer les générations à venir.




2 commentaires:

  1. Merci Bernard de faire revivre l'oeuvre de nos mères. Que leurs mémoires soient bénies.

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  2. Cet escalier me fait trop penser a MADAME Zaitoûn

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