La guerre de Gaza a été un avantage majeur pour l'industrie américaine de l'armement
Un conflit qui dope donc les ventes d'armes
Depuis l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a fait environ 1 200 morts et 251 otages civils, Israël a lancé une offensive militaire à Gaza, causant plus de 60 000 morts, selon les autorités sanitaires de Gaza, dont 30 000 terroristes armés d'après les israéliens.
Deux ans plus tard, en novembre 2025, ce conflit potentiellement en voie de résolution a non seulement ravagé l'enclave palestinienne et accru les tensions régionales, mais il a aussi généré une manne financière inédite pour les entreprises américaines.
Les États-Unis, principal allié d'Israël, ont approuvé plus de 32 milliards de dollars en ventes d'armements, munitions et équipements à l'armée israélienne depuis octobre 2023, selon une analyse du Wall Street Journal basée sur les disclosures du Département d'État.
Cette aide, financée en grande partie par les contribuables américains, a doublé l'assistance militaire annuelle habituelle de 3,3 milliards à 6,8 milliards de dollars en 2024, sans compter les aides non monétaires comme les livraisons directes. Ce boom des ventes a profité à des géants de la défense et de la technologie, transformant la guerre en une "grande affaire" pour l'industrie américaine.
Le rôle central des financements américains : L'aide militaire américaine à Israël, ancrée dans un accord de 2016 prévoyant 38 milliards de dollars sur dix ans, a explosé avec la guerre. Entre octobre 2023 et septembre 2025, les États-Unis ont fourni au moins 21,7 milliards de dollars en aide directe, plus des dizaines de milliards en accords de ventes futures, selon le Quincy Institute for Responsible Statecraft.
En 2024, une loi d'appropriation supplémentaire a alloué 8,7 milliards de dollars, portant l'aide annuelle à 3,8 milliards par an pour 2024 et 2025. Ces fonds couvrent des armes, des munitions et des pièces de rechange, mais aussi des opérations américaines régionales (comme contre les Houthis au Yémen), estimées à 9,65-12,07 milliards de dollars supplémentaires.
Cette générosité, justifiée par le "droit d'Israël à se défendre" sous les administrations Biden et Trump, a créé un pipeline d'armes sans précédent : 90 000 tonnes livrées par 800 avions et 140 navires depuis 2023, selon le ministère israélien de la Défense. Même en cas de trêve durable, les menaces persistantes (Iran, Houthis, Hezbollah) et les contrats pluriannuels garantissent un flux continu, avec des livraisons prévues jusqu'en 2029 et au-delà.
Les bénéficiaires principaux : Boeing et les géants de la défense : Les entreprises américaines ont engrangé des contrats massifs, centrés sur l'aérien – clé dans les bombardements à Gaza. Boeing domine : en 2024, il a obtenu l'approbation pour une vente de 18,8 milliards de dollars de chasseurs F-15 (jusqu'à 50 appareils plus kits de modernisation), à livrer dès 2029, surpassant les 10 milliards promis par Israël en 2018 sur dix ans. En 2025, des partenariats impliquant Boeing ont ajouté 7,9 milliards pour des bombes guidées et kits associés, boostant son carnet de commandes à 74 milliards de dollars.
D'autres firmes profitent aussi :
Northrop Grumman : Pièces pour chasseurs, avec des ventes approuvées dans le cadre des 32 milliards globaux.
Lockheed Martin : Missiles de précision ; sa division missiles a vu ses revenus grimper de 13 % à 12,7 milliards en 2024, grâce aux achats liés à Israël et à l'Ukraine.
General Dynamics : Obus de 120 mm pour tanks Merkava.
Oshkosh (Wisconsin) : Coques pour véhicules blindés Eitan ; une commande israélienne a prolongé une ligne de production menacée de fermeture.
Caterpillar : Bulleuses blindées D9, omniprésentes pour déblayer les décombres et détruire des structures, avec 7,9 milliards en contrats liés.
Les opérations terrestres (véhicules, obus) représentent des montants moindres, mais cumulés, ces ventes ont fait bondir les revenus du secteur. En 2023-2024, les revenus mondiaux des armuriers ont atteint 632 milliards de dollars, en hausse de 4,2 %, avec une croissance de 18 % au Moyen-Orient due à Gaza. Aux États-Unis, les actions de défense ont surperformé le S&P 500 de 18 % un an après le 7 octobre 2023, avec un retour total de 54,86 % pour Lockheed.
Le boom des technologies et des services ; au-delà de l'armement traditionnel, la guerre a ouvert des marchés pour la tech. Microsoft, Google (Alphabet) et Amazon avaient déjà des contrats pré-guerre pour l'IA et le cloud au ministère israélien de la Défense ;
Palantir (co-fondé par Peter Thiel, allié de Trump) a signé un partenariat en janvier 2024 pour l'intelligence artificielle, non matériel à ses résultats financiers mais vital pour les opérations. Des protestations internes ont forcé Microsoft à limiter l'accès en septembre 2025.
Même l'aide humanitaire profite aux firmes US : en juin 2025, le Département d'État a alloué 30 millions de dollars à la Gaza Humanitarian Foundation (dirigée par Johnnie Moore, ex-conseiller Trump), qui a sous-traité la sécurité à Safe Reach Solutions et UG Solutions, face à la violence et au dysfonctionnement des distributions.
Controverses et perspectives: Malgré ces gains, des backlash émergent. Des fonds norvégiens parce qu'ils sont pro-arabes ont vendu leurs parts dans Oshkosh, Palantir et Caterpillar en 2024-2025 ; le fonds de pension néerlandais ABP a cédé 448 millions de dollars en Caterpillar en octobre 2025.
Tous y reviennent bien évidemment ! de l'autre côté les exportations d'Israël n'ont jamais été aussi fortes : les USA, la Roumanie, la Serbie, l'Allemagne, l'Inde, l'Indonésie, la Pologne, l'Ukraine ont acheté en 2025 pour plus de 50 milliards de US $, et les carnets de commande sont remplis pour les cinq prochaines années.
Pourtant, les perspectives restent roses : l'économie israélienne est au top, les conflits persistants (Ukraine, Moyen-Orient) et les commandes à long terme (F-15 jusqu'en 2031) assurent une croissance. Les analystes prévoient une accélération des revenus en 2025-2026, avec Boeing et consorts verrouillés dans une "nouvelle ère de croissance".
La guerre de Gaza, en plus du renforcement de l'économie en Israël, a ainsi renforcé l'industrie américaine, illustrant comment les conflits mondiaux alimentent un complexe militaro-industriel florissant.
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