Le Golden Dome est un projet phénoménal de défense antimissile, très ambitieux lancé par Donald Trump il y a quelques semaines. Il vise à protéger les États-Unis contre un large éventail de menaces aériennes et balistiques, allant des drones aux missiles nucléaires intercontinentaux.
Ce projet combine trois éléments chers à Trump : la technologie avancée, l’investissement dans des systèmes prestigieux et la réduction de l’engagement militaire à l’étranger.
Le succès d'Israël dans le Iron Dome est jalousé par tous les pays. Nombreux ceux qui l'on acheté. Mais Israël est un tout petit pays, alors que les USA sont 450 fois plus grands.
Le Golden Dome s’inspire donc de deux projets historiques : Star Wars (SDI) de Ronald Reagan dans les années 1980, qui visait à intercepter des ICBM soviétiques avec des technologies futuristes. Iron Dome israélien, qui protège un petit territoire contre des roquettes conventionnelles.
Cependant, Golden Dome est plus ambitieux : il cible une surface continentale et doit contrer une variété de menaces, y compris les drones, missiles de croisière, hypersoniques et ICBM. Il ne s’agit pas d’un système unique mais d’une combinaison de radars, intercepteurs terrestres, maritimes et spatiaux, ainsi que de logiciels de contrôle et d’anticipation.
Pour fonctionner, Golden Dome nécessitera : Des capteurs avancés capables de détecter et de suivre des menaces multiples et variées Une flotte de missiles intercepteurs, certains basés au sol, en mer et potentiellement en orbite Un logiciel sophistiqué pour coordonner la défense et, éventuellement, prendre des décisions en autonomie.
Certains éléments existent déjà, comme les systèmes AEGIS, GMD, Patriot et THAAD, utilisés pour intercepter avions, missiles de croisière et certains ICBM. D’autres technologies devront être développées, notamment pour contrer les essaims de drones ou pour intercepter les missiles lors de leur lancement.
L’orbite basse et la nécessité d’avoir un nombre suffisant d’intercepteurs pour une couverture globale rendent le projet extrêmement coûteux : une version de base coûterait environ 250 milliards de dollars sur 20 ans, tandis qu’une version complète pourrait atteindre 3,6 trillions de dollars.
Le projet implique une coopération entre entreprises traditionnelles de défense (Lockheed Martin, L3 Harris) et des start-ups technologiques (SpaceX, Palantir, Anduril), chacune apportant ses compétences en matériel, logiciels et lancement spatial. Le système nécessitera des centaines de milliers de satellites intercepteurs pour garantir une couverture globale et maintenir une capacité constante de défense contre les ICBM.
Golden Dome pose des questions de faisabilité, de coût et de stabilité stratégique :La défense contre les ICBM est très difficile. Les tests du GMD ont montré un taux d’échec non négligeable, et l’efficacité réelle du Golden Dome reste incertaine.
Le coût économique de l’interception est élevé : chaque missile défense coûte souvent beaucoup plus que la menace elle-même, et les adversaires peuvent utiliser des leurres ou missiles bon marché, rendant le système vulnérable. Sur le plan stratégique, Golden Dome pourrait perturber l’équilibre nucléaire mondial, basé sur la destruction mutuelle assurée. En rendant certaines frappes nucléaires moins efficaces, il pourrait inciter la Russie, la Chine ou d’autres puissances à augmenter leur arsenal, déclenchant une nouvelle course aux armements.
Les partisans du projet estiment qu’il limiterait les dommages en cas de conflit nucléaire et améliorerait la sécurité nationale. Les critiques dénoncent un gaspillage colossal, comparant le projet à la SDI de Reagan, qui a échoué pour des raisons techniques, financières et politiques.
En conclusion, Golden Dome est un projet à la fois visionnaire et controversé. Il pourrait transformer la stratégie militaire américaine et la défense antimissile mondiale, mais comporte des risques financiers, techniques et géopolitiques majeurs.
Le succès ou l’échec de ce projet dépendra de l’ingéniosité technologique, de la coordination industrielle et de la capacité à maintenir l’équilibre stratégique avec les puissances nucléaires.
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