Rechercher dans ce blog

mercredi 12 novembre 2025

L'aéroport de Haïfa deviendra International ... JBCH N° 620

Le gouvernement israélien, la ville de Haïfa et la région de la Galilée ont récemment conclu un accord stratégique visant à développer et à agrandir l’aéroport de Haïfa afin de l’ouvrir davantage aux vols internationaux et régionaux.


Cet accord s’inscrit dans une vision de renforcement de la connectivité du nord d’Israël, ainsi que du tourisme, de la logistique et de l’intégration économique de la région. Plusieurs éléments méritent d’être analysés, argumentés et mis en perspective.





L’un des principaux objectifs est de transformer l’aéroport de Haïfa en plateforme régionale et internationale, permettant aux voyageurs du nord d’Israël de bénéficier de vols directs vers des destinations de la Méditerranée (Chypre, Grèce, Jordanie) et russes jusqu'en Sibérie, sans passer par l’Aéroport international Ben Gourion près de Tel-Aviv.  



En parallèle, l’accord prévoit un volet logistique et économique : la région de Haïfa (port, industrie, tourisme) bénéficiera d’un accès aérien renforcé, ce qui peut stimuler l’emploi, les infrastructures et le rayonnement international de la « métropole nord ». 




Le volet territorial et urbain est aussi présent : l’agrandissement de l’aéroport s’inscrit dans un plan global avec le port de Haïfa, la zone de la baie de Kishon, et le développement du hinterland (« nord ») pour désengorger le centre ouest d’Israël.  


Les défis et les contraintes sont d'abord techniques : L’aéroport de Haïfa dispose actuellement d’une piste relativement courte (≈1 318 m) ce qui limite le type d’aéronefs pouvant opérer et donc les liaisons internationales lourdes.  Elle devra atteindre plus de 3000 Mètres.


Pour accueillir des avions long-courriers ou même des large-corps moyen-courriers, une extension de piste est nécessaire — ce qui entraîne des coûts, des contraintes foncières et environnementales. Environnement et urbanisme : L’expansion d’un aéroport comporte des impacts (bruit, nuisances, emprises foncières). 



L’accord mentionne des « restrictions de construction et d’utilisation des sols autour de l’aéroport ».  Il faut donc concilier développement et qualité de vie pour les habitants de Haïfa et de la région. 


Sécurité et contexte géopolitique : Le nord d’Israël est proche de la frontière libanaise et des zones de tension. Le ciel, la gestion des trajectoires et les restrictions d’espace aérien ont été des facteurs de limitation. 

Par exemple, l’article sur la reprise des vols de la compagnie Air Haifa indique que l’aéroport ne pouvait opérer pleinement tant que certaines restrictions de vol vers le nord étaient en place.   


Compétition et taille de marché : Le marché israélien des vols internationaux est dominé par Ben Gurion et d’autres hubs. Haïfa devra se trouver une niche attrayante (ex. tourisme nord, vols low-cost, liaison vers l’Europe de l’Est ou la Méditerranée) pour justifier l’investissement et attirer des compagnies aériennes.





Les arguments en faveur : Développement régional : Cet accord peut réduire la centralisation des infrastructures aériennes autour de Tel-Aviv et favoriser l’essor du nord d’Israël, en termes d’attractivité touristique (Galilée, Mer de Galilée, montagne du Hermon) et d’affaires/logistique. 



Accessibilité accrue : Pour les habitants de la Galilée, de Haïfa, et même des frontières nord (Golan, Galilée orientale), un aéroport international plus proche représente un gain de temps, de transport et de commodité. Diversification du tourisme et du trafic aérien : 


L’ouverture du nord à l’aviation internationale peut attirer des compagnies low-cost ou charter, stimuler l’arrivée de touristes européens intéressés par la partie nord d’Israël moins exploitée. 

Effet multiplicateur économique : Un aéroport international crée des emplois dans l’aéroport‐zone, la logistique, l’hôtellerie, les services, et génère des retombées dans le commerce local et régional.


Enfin, coordination avec le port de Haïfa, dont une partie est gérée par les indiens et l'autre par les chinois devront être complétées par des infrastructures ferroviaires et routières : c'est crucial : l’aéroport ne peut être qu’un maillon d’un pôle de transport intégré.


L’accord conclu entre l’État, la ville de Haïfa et les trois  régions de la Galilée marque une étape stratégique prometteuse pour le développement du nord d’Israël. En ouvrant l’Aéroport d’Haïfa à des vols internationaux, la région peut se positionner comme une alternative ou un complément à Tel-Aviv, en tirant parti de son attrait touristique, de sa logistique portuaire et de son potentiel d’innovation. 


Toutefois, la mise en œuvre effective exigera de surmonter des contraintes techniques, financières, environnementales et sécuritaires et de garantir que l’infrastructure attire les compagnies et le trafic nécessaires pour déclencher l’effet de levier espéré. 


Si ces défis sont relevés, ce dont ne doute pas, Haïfa pourrait devenir un nouvel hub régional et contribuer à équilibrer le développement israélien vers le nord, surtout si les relations s'ouvrent enfin avec la Syrie et le Liban.




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire