La Histadrout est la principale confédération syndicale de travailleurs israéliens. Elle est affiliée à la Confédération syndicale internationale. Ce syndicat est considéré comme un des éléments fondateurs de la nation d'Israël, comme précurseur de l'État.
Le nouveau scandale de corruption impliquant la Histadrout éclate au pire moment pour Israël. Alors que le pays est engagé dans une guerre longue et éprouvante, la confiance dans les institutions est déjà fragilisée. Voir désormais surgir un dossier touchant à la fois la principale fédération syndicale et plusieurs figures du gouvernement renforce l’impression d’un système miné de l’intérieur.
Après l’affaire de Sde Teiman, cette nouvelle crise fait peser une menace accrue sur l’image du pays, tant sur le plan démocratique que diplomatique.
Le cœur de l’affaire se concentre sur un réseau présumé d’échanges de faveurs, de pots-de-vin et d’avantages politiques orchestré par Ezra Gabay, militant influent du Likud. Or, parmi les responsables cités dans l’enquête figurent plusieurs ministres de premier plan du parti au pouvoir : Gideon Saar (Affaires étrangères), Miki Zohar (Culture et Sports), Yariv Levin (Justice), Shlomo Karhi (Communications), David Amsalem (Coopération régionale) et Eli Cohen (Énergie). Tous affirment n’avoir rien à se reprocher et ne sont pour l’heure que témoins potentiels — mais leur simple mention dans ce dossier suffit à susciter l’inquiétude.
L’impact politique est direct : Israël se présente comme la seule démocratie stable du Moyen-Orient, mais la répétition des scandales donne à ses détracteurs des arguments faciles. Sur la scène internationale, cette affaire pourrait entamer encore davantage la crédibilité du gouvernement alors même que le pays sollicite soutien militaire, diplomatique et économique. Dans le monde économique aussi, la corruption est perçue comme un facteur de risque. Elle peut refroidir les investisseurs au moment où Israël doit financer l’effort de guerre et maintenir une économie résiliante
La secousse est aussi sociale et symbolique. La Histadrout est un pilier du monde du travail israélien. Si son nom est associé à une affaire de corruption à grande échelle, c’est la stabilité du dialogue social qui vacille. En pleine période de tension nationale, la population a plus que jamais besoin de croire en la probité des dirigeants. Or cette affaire alimente le sentiment d’un fossé entre les élites politiques et syndicales, accusées de tirer profit des crises pendant que la société paie le prix humain et matériel du conflit.
Ce scandale dépasse donc la seule dimension judiciaire. Il nourrit un récit dangereux : celui d’un pays affaibli par des dérives internes, vulnérable autant face à ses ennemis qu’à ses propres démons. Pour restaurer la confiance, Israël devra faire preuve d’une transparence irréprochable, garantir que nul n’est au-dessus des lois et reconstruire un lien de confiance avec des citoyens éprouvés. Car si la menace extérieure est visible et combattue, la corruption, elle, sape silencieusement les fondations de l’État.
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