Kippour commence, la nuit est déjà présente, nous nous trouvons face à nous même afin d'effectuer un bilan, bilan de nos bonnes et de nos mauvaises actions afin de demander "Pardon" ... Voila qu'arrive un des moments les plus solennels : le"Kol Nidrei" que nous avons aussi écouté dans le premier film parlant ... le Chanteur de Jazz..., le film culte.
Ceci dit Max Bruch, de religion protestante, a apporté une émotion exceptionnelle et a crit une oeuvre monumentale
Kol Nidrei (כָּל נִדְרֵי, « Tous les vœux »), composé en 1880, est l’une des œuvres les plus émotionnellement intenses du répertoire pour violoncelle et orchestre. Elle s’appuie sur la prière d’ouverture de Yom Kippour, moment où la communauté juive demande à être libérée des serments non tenus — une supplication qui touche au cœur de la conscience humaine.
Max Bruch, protestant allemand, découvre la mélodie liturgique grâce au cantor Abraham Jacob Lichtenstein à Berlin, et en est profondément ému. Lorsqu’il est chef d’orchestre à Liverpool, il compose cette œuvre specifically pour la communauté juive locale, qui l’avait beaucoup soutenu. Créée par le violoncelliste Robert Hausmann, elle est immédiatement saluée comme un chef-d’œuvre.
Le titre original — Adagio sur deux mélodies hébraïques — révèle la structure en deux parties :
Les deux thèmes principaux : Le Kol Nidre Le violoncelle imite la voix du hazzan :lignes rhapsodiques mélismes expressifs souffle quasi liturgique
Une mélodie issue des Hebrew Melodies de Byron O Weep for Those Who Wept on Babel’s Stream » arrangée par Isaac Nathan. Ce second thème apporte la douceur du réconfort, comme une réponse lumineuse à la gravité du premier supplice.
L’orchestration reste volontairement transparente — harpe et cordes soutiennent le soliste — comme pour préserver la dimension sacrée de la source. ... Une œuvre universelle Bruch n’a jamais prétendu écrire “de la musique juive”. Il voulait rendre hommage, avec respect et sensibilité, à une tradition musicale qui l’avait touché.
Si Arnold Schönberg lui reprocha un manque “d’essence juive”, la postérité l’a placé du côté de la sincérité poétique, non de l’appropriation.
Pourquoi Kol Nidrei nous bouleverse encore : C’est une musique du cœur et du pardon.Elle porte une vérité humaine : reconnaître la fragilité des promesses, l’imperfection de l’homme, et l’espérance d’un renouveau moral.
Lorsqu’il monte au soir de Kippour, en synagogue ou en salle de concert, le violoncelle devient une âme qui se confesse. Chaque note semble chercher une paix intérieure.
Aujourd’hui, Kol Nidrei demeure : une pièce-phare du répertoire romantique, un pont entre cultures , l’une des plus belles prières jamais mises en musique par un compositeur non juif
Une œuvre qui prouve que la musique peut être une bénédiction… même venue d’ailleurs.
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