Israël Maroc … que dit la constitution du royaume au sujet des juifs .. en 5 ans qu’ont apporté concrètement les accords d Abraham …
Historiquement, et à l’exception de ses voisins jordanien et égyptien, les relations entre Israël et une partie du monde arabo-musulman sont adverses, sinon belliqueuses
De fait, et a fortiori depuis la crise au Proche-Orient initiée par l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, Tel-Aviv ne parvient à tisser que fort difficilement des relations structurellement qualitatives avec le monde arabo-musulman
Realpolitik oblige, Israël est toutefois parvenu à créer des partenariats parfois inattendus et pourtant réussis avec différents pays de la région, sous l’égide d’un pragmatisme partagé par les deux parties : si Les clés du Moyen-Orient avaient récemment consacré un article au partenariat confidentiel mais notablement étroit entre Tel-Aviv et Bakou, celui unissant de façon croissante Israël et le Maroc mérite une attention toute particulière en raison de son ampleur et de son intensification depuis maintenant cinq ans.
La Constitution marocaine de 2011 reconnaît que l’identité nationale du Maroc « s’est nourrie et enrichie de ses affluents … hébraïque ».
Elle garantit aussi, via l’article 6, que « l’Islam est la religion de l’État », tout en assurant « à tous le libre exercice des cultes »
Si la guerre à Gaza a pu ébranler ce processus, Rabat est restée relativement neutre à l’égard du conflit au Levant et a accéléré un rapprochement réciproquement désiré avec Tel-Aviv, dans le cadre de la volonté du royaume chérifien de s’imposer comme l’un des acteurs géopolitiques de référence en Afrique [3].
Aujourd’hui, la relation israélo-marocaine est devenue suffisamment qualitative, d’un point de vue structurel, pour être caractérisée de partenariale : les accords et les rencontres de haut niveau entre les deux pays se multiplient, tant dans les domaines économiques que sécuritaires, et promettent de futurs et fertiles développements.
Cet article entend ainsi détailler le partenariat, aussi discret que réussi, unissant désormais le Maroc à Israël ; l’historique de leurs relations depuis l’indépendance du royaume chérifien sera tout d’abord abordé , avant d’en venir à leur coopération dans les domaines socio-économiques et sécuritaire
Une relation davantage marquée par la coopération que par l’adversité. Au contraire d’autres Etats arabo-musulmans, le Maroc n’a que très occasionnellement entretenu des relations d’inimitié avec Israël.
Une part des Israéliens est, de fait, d’origine marocaine (10% selon certaines sources [4], un peu plus de 7% selon d’autres), et des responsables de l’Etat hébreu y trouvent aussi leurs racines, comme Amir Peretz, l’instigateur du Dôme de fer , Amir Ohana, speaker de la Knesset du gouvernement Netanyahou V (2020-2021) et actuel président de la Knesset, ou encore le chef et député du parti religieux séfarade Shas, Aryé Dery.
Aujourd’hui, la population marocaine en Israël est la deuxième plus grande diaspora marocaine après celle résidant en France (respectivement 800 000 et 1,7 millions en 2019). De fait, le Maroc est historiquement une terre accueillant une communauté juive ancienne et intégrée : lors de l’indépendance du royaume en 1956, environ 225 000 juifs y vivaient alors sur une population totale d’environ 10,6 millions de Marocains.
Depuis la création de l’État hébreu, le Maroc et Israël ont presque toujours entretenu des contacts, ouvertement ou non : malgré une position officiellement solidaire avec le monde arabe au cours de la seconde moitié du XXème siècle (condamnation des actions israéliennes après la guerre des Six jours, rupture diplomatique en 2000…)
Le processus de paix israélo-palestinien de 1991-1993, dont la Conférence de Madrid (30 octobre au 1er novembre 1991) et les accords d’Oslo (13 septembre 1993) en ont été les principales manifestations.
Cela a été fortement encouragé par le Maroc et a abouti, en 1994, en l’ouverture de bureaux de liaison à Rabat et à Tel-Aviv, et en une amorce d’intensification des échanges économiques, touristiques et culturels entre les deux pays. A son accession au trône le 23 juillet 1999, le roi Mohammed VI a poursuivi la politique d’ouverture prudente de son père mais s’est trouvé obligé de suspendre officiellement les relations avec Israël le 23 octobre 2000 lors de la seconde Intifada (28 septembre 200-8 février 2005) [11] sous la pression populaire et régionale.
Durant les 20 années suivantes, les relations israélo-marocaines seront caractérisées par une période de gel diplomatique officielle faite de contacts économiques et sécuritaires informels mais bien réels, comme le montrera la croissance quasi-interrompue des échanges commerciaux, le Maroc s’est donc positionné, le 20 décembre 2020, pour signer les accords d’Abraham et reconnaître officiellement l’Etat d’Israël.
Il en a gagné, par la même occasion, la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidentale. Depuis, comme il sera vu infra, les relations israélo-marocaines sont foisonnantes et n’ont pas été perturbées par la guerre à Gaza ni par les manifestations, pourtant nombreuses des Marocains en soutien à Gaza et en opposition à la poursuite de la coopération entre Rabat et Tel-Aviv
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