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samedi 22 novembre 2025

Dimona Silicon Wadi. JBCH. N°. 655

“Dimona, future Palo Alto du désert israélien”.


Quand David Ben Gourion affirmait que « l’avenir d’Israël se joue dans le Néguev », il lançait bien plus qu’un slogan : il traçait une vision. Celle d’un Sud vibrant, innovant, capable d’attirer les énergies créatrices du pays et d’en devenir l’un des moteurs stratégiques. 


Pendant longtemps, cette prophétie a semblé lointaine, presque utopique. Aujourd’hui, c’est à Dimona qu’elle trouve son incarnation la plus saisissante. 




Longtemps perçue comme une ville périphérique, ou studio poue filmer des westerns, ou lieu de refuge pour des familles noires venues des USA, Dimona  connaît aujourd'hui transformation profonde, accélérée par les investissements technologiques, industriels et scientifiques. 


Dimona une ville millénaire


Ce qui était autrefois un bastion du développement pionnier devient progressivement un carrefour de recherche, d’énergie et de haute technologie. En quelques années, la ville a attiré de nouveaux habitants, de nouveaux centres d’innovation, et amorcé une mutation qui change sa place dans la carte mentale d’Israël. Le désert n’est plus une frontière : c’est un tremplin.


Les autorités israéliennes, tout comme de nombreux investisseurs privés, voient désormais dans Dimona un potentiel comparable à celui de certaines villes emblématiques de la révolution numérique. 



                                  

Le centre nucléaire de Dimona

La comparaison avec Palo Alto, le cœur historique de la Silicon Valley, n’est plus un fantasme : elle devient un horizon crédible. Comme la Californie du début de l’ère technologique, le Néguev offre de vastes espaces, une lumière unique, une qualité de vie nouvelle, et la possibilité de bâtir des infrastructures ultramodernes sans les contraintes des centres urbains saturés.


Dimona se positionne aujourd’hui comme le pilier d’un corridor scientifique et technologique allant de Beer Sheva à Arad, avec une spécialisation croissante dans les énergies renouvelables, la recherche nucléaire, la cybersécurité et l’innovation climatique. La région attire des ingénieurs, des chercheurs, des entrepreneurs ; les universités et centres de recherche multiplient les partenariats ; les startups du Sud y trouvent un écosystème moins onéreux et plus flexible que dans le centre du pays. C’est exactement ce que Ben Gourion avait anticipé : faire du désert un espace de création plutôt qu’un espace d’attente.



La montée en puissance de l’énergie solaire, pivot du futur énergétique israélien, place Dimona dans une position stratégique unique. Déjà surnommée par certains analystes “la capitale israélienne du soleil”, la ville développe un cluster énergétique d’importance mondiale. Dans un pays où la transition énergétique est une priorité nationale, cette avance confère au Néguev un rôle inédit : celui de laboratoire climatique et d’incubateur pour les technologies du futur.


Mais l’innovation ne suffit pas. Ce qui fait la force des grands centres mondiaux — de Palo Alto à Bangalore — c’est leur capacité à créer une culture : un mélange d’audace, de diversité, d’ouverture et de solidarité locale. Dimona commence à cultiver cet esprit-là. Les programmes éducatifs s’y renforcent, les jeunes familles s’y installent pour profiter d’un dynamisme nouveau, et les infrastructures culturelles se développent. Le désert devient un lieu de vie, pas seulement un lieu de travail.



Le rêve de Ben Gourion n’était pas simplement de voir des villes surgir dans le Néguev, mais d’y voir naître une nouvelle forme d’Israël : inventive, confiante, tournée vers l’horizon. Dimona incarne aujourd’hui ce tournant. Si la trajectoire actuelle se poursuit, la ville pourrait, d’ici dix ou quinze ans, devenir l’un des pôles technologiques les plus prometteurs du pays — un “Palo Alto du désert”, ancré non pas sur une côte océanique, mais dans la lumière brûlante du Sud.



Les prophéties ne se réalisent pas toujours comme on l’attend. Mais parfois, elles se concrétisent avec un éclat inattendu. Dans la vision du vieux Ben Gourion, l’avenir d’Israël se construirait au milieu des pierres et du sable. 


Il ne croyait pas si bien dire : à Dimona, cet avenir est déjà en train de prendre forme.









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