Rechercher dans ce blog

mardi 18 novembre 2025

Toledot : De génération en génération JBCH N° 643

De génération en génération, l'histoire du peuple juif se transmet, de génération en génération, cette histoire se répète, heureusement ou malheureusement, le temps s'écoule, mais les hommes se succèdent et  transmettent leurs valeurs...


La Paracha "Toledot" c'est le récit fondateur du peuple d'Israël; cette paracha  est fondamentale pour comprendre la genèse du peuple juif et les forces opposées qui ont façonné son destin.


Rebecca, après des années de stérilité, donne naissance à des jumeaux : Yaakov et Essav. 



Dans le ventre, les frères se heurtent violemment, et Rebecca s’inquiète : « Les enfants se disputaient en elle. » Elle va consulter l’Éternel et reçoit une réponse qui définit toute l’histoire future : « Deux nations sont dans ton ventre… et le plus grand servira le plus jeune » (Genèse 25,23). 


Cette révélation divine n’est pas seulement une anticipation des trajectoires personnelles des enfants, mais une métaphore de la lutte spirituelle et morale entre deux visions du monde, devant Isaac qui est vieux et aveugle (devant les manigances de sa femme)


Essav incarne l’homme des champs, le chasseur, de la force brute et de l’instinct immédiat. Yaakov, lui, est attaché à la tente, à l’étude, à la spiritualité et à la justice intérieure. L'un incarne le "Youd" l'être, la spiritualité, la sagesse, l'autre le "Beth", la possession, l'avoir, le comportement brut de l'Homme.



Leur rivalité, qui s’amplifie au fil des épisodes de la vie familiale – l’achat du droit d’aînesse contre un simple plat de lentilles, la bénédiction volée à Isaac est le reflet d’une tension universelle entre la matérialité et la valeur spirituelle. Ce dualisme se retrouve dès les premiers récits bibliques avec Caïn et Abel : le conflit fraternel devient le terrain d’un affrontement moral et ontologique, qui se prolonge tout au long de l’histoire d’Israël.


Dans ce cadre,  Amalek apparaît comme la figure récurrente de l’attaque contre Israël. Le Talmud (Sanhédrin 96b) précise que Sennachérib fils de Sargon a dispersé la semence d’Amalek parmi les nations, et depuis, cette force du mal se manifeste sous différents noms et dans différentes époques. 


Dès l’attaque traîtresse des bébés et des enfants d’Israël à Rééim,  Amalek frappe les faibles, les retardataires et les vulnérables non armés, . Plus tard, Haman l’Agagite tente d’anéantir le peuple juif dans l’histoire de Pourim, et d'Esther,  illustrant que le cycle de violence et de haine se répète à travers les générations.



L’histoire juive est jalonnée de ces réapparitions : la destruction du Temple par Rome, les croisades, les bourreaux de l’Inquisition, les pogroms cosaques de 1648, la Shoah et le génocide de six millions de Juifs. Chaque épisode reflète le même schéma : une force extérieure tente d’éradiquer le peuple juif, ciblant particulièrement les innocents et les faibles. La constance de ce mal souligne la nécessité du commandement divin : « Tu effaceras la mémoire d’Amalek… tu ne l’oublieras pas » (Deutéronome 25,17-19). Ce n’est pas seulement un avertissement historique, mais un guide moral pour chaque génération.


Le 7 octobre 2023 illustre tragiquement cette continuité. Le Hamas, dans un acte de cruauté extrême, a attaqué des civils désarmés, ciblant enfants et vieillards. Ce comportement reflète la signature d’Amalek, la haine gratuite de l’existence juive. Comme dans les épisodes bibliques, le mal se manifeste en utilisant la surprise, la perfidie et la violence contre ceux qui sont vulnérables. Et comme dans le récit de Rebecca, la question « lama zeh anokhi ? » Pourquoi moi ? surgit naturellement dans la conscience collective israélienne et juive.



La lecture de Toledot en 2025, deux ans après cet événement tragique, nous rappelle que la lutte n’est jamais terminée. Rebecca, dans sa grossesse douloureuse, illustre l’importance de la vigilance et de la détermination. Yaakov et Essav sont déjà en conflit dans le ventre maternel : il n’y a pas de hasard, la confrontation est inscrite dans la nature humaine et spirituelle. Israël, aujourd’hui, incarne Yaakov : il doit protéger la vie, la morale et la continuité de la communauté, même quand le monde semble favoriser la voie de la force brute et de l’injustice.


Cette paracha enseigne également l’importance de la stratégie et de la clairvoyance. Rebecca ne renonce pas face à la difficulté : elle agit, planifie et guide Yaakov pour qu’il reçoive la bénédiction. De même, Israël ne peut se contenter de subir l’histoire ; il doit agir, préserver son avenir et celui de ses enfants, et comprendre que le mal, même lorsqu’il semble omniprésent, peut être contenu et surmonté. 


Cette leçon est renforcée par les événements historiques : la vigilance, l’unité et la sagesse sont des armes contre la répétition des tragédies.



Enfin, Toledot nous montre que le combat est à la fois collectif et intérieur. La lutte entre Yaakov et Essav est à la fois une bataille familiale et une métaphore de la lutte spirituelle entre le bien et le mal. Elle se manifeste à chaque étape de l’histoire juive, et la réapparition d’Amalek rappelle que la haine et la destruction ciblant Israël ne sont jamais anodines. La mémoire de ces événements, et la conscience de ce combat, sont essentielles pour la survie et la force du peuple juif.


La paracha Toledot, tout en racontant l’histoire d’une famille, éclaire l’histoire du peuple juif. Elle révèle le rôle permanent de l’antagonisme fraternel, de la lutte spirituelle et de l’hostilité d’Amalek à travers les âges. La compréhension de ce texte nous permet de relier la Bible aux tragédies historiques et contemporaines, de la Shoah au 7 octobre 2023. 


Elle nous enseigne que la vigilance, l’unité et le choix de la voie de Yaakov sont essentiels. Comme Rebecca, nous devons porter l’avenir, guider les forces de la vie sur celles de la haine, et rester conscients que רק יחד ננצח – seulement ensemble nous vaincrons.





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire