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samedi 15 novembre 2025

Le Mali au bord du gouffre JBCH N° 636


Le Mali, depuis le coup d’État militaire de 2020, vit une situation critique sur le plan politique et sécuritaire. Les « petits colonels » maliens qui ne sont pas malins,  ces officiers maliens peu expérimentés, ont pris le pouvoir en chassant le gouvernement civil, justifiant leur action par l’incapacité de l’État à sécuriser le pays face aux menaces djihadistes. 


Dans ce contexte, Bamako avait initialement demandé l’aide de la France pour contrer une attaque djihadiste majeure contre la capitale. Les forces françaises, engagées dans l’opération Barkhane depuis 2013, ont apporté un soutien crucial, avec des renseignements, un appui aérien et la formation des troupes locales. 


Cependant, la méfiance des nouveaux dirigeants maliens et leur volonté de réduire la présence française a conduit à l’expulsion progressive des forces françaises, malgré leur rôle protecteur contre le terrorisme.



L’absence de coopération avec les Français a laissé un vide stratégique que la Russie a tenté d’exploiter par des moyens de guerre hybride. Moscou, fidèle à sa stratégie observée en Ukraine et dans d’autres zones d’influence, a proposé un soutien militaire au Mali via des sociétés privées, comme le groupe Wagner, prétendant renforcer la sécurité nationale. 



Leur véritable objectif, cependant, n’était pas la stabilisation, mais l’exploitation des richesses minières du pays, notamment l’or, élément clé de la stratégie économique russe en Afrique.


Contrairement à ce que la propagande russe laisse entendre, les forces engagées au Mali n’ont pas fait preuve de l’efficacité militaire qui leur a permis, par exemple, de s’imposer temporairement dans certaines zones d’Ukraine. Sur le terrain malien, elles ont été battues à plusieurs reprises par des groupes rebelles islamiques, qui connaissent mieux le terrain et ont su bloquer tout approvisionnement à Bamako, paralysant ainsi la capitale. Ce blocus illustre les limites d’une intervention militaire étrangère sans réelle stratégie locale et avec des forces peu adaptées aux conflits asymétriques.




Les conséquences pour la population sont graves : la capitale vit sous pression constante, avec des pénuries alimentaires, des difficultés d’accès aux services essentiels et une montée de l’insécurité urbaine. 


Les Maliens sont pris entre des groupes armés djihadistes, des milices locales et des mercenaires étrangers, rendant toute planification de reconstruction ou de sécurité quasi impossible. L’échec des Russes, comme l’a montré leur campagne dans le Donbass, souligne que la présence d’une puissance extérieure ne garantit pas la sécurité et peut même aggraver la situation en alimentant les tensions et les violences.




Cette situation au Mali illustre un phénomène plus large : les interventions étrangères motivées par des intérêts économiques plutôt que par la sécurité locale. La France, historiquement présente dans la région, avait un rôle défensif et coopératif, cherchant à stabiliser le pays et à lutter contre le terrorisme. À l’inverse, la Russie exploite les crises pour s’implanter et contrôler les ressources naturelles, comme elle l’a tenté dans d’autres zones instables. Le résultat est un double échec : le Mali reste en proie à la violence et la population souffre, tandis que les puissances extérieures poursuivent leurs objectifs géopolitiques et économiques, souvent au détriment de la souveraineté nationale et de la sécurité civile.




En résumé, le Mali se trouve aujourd’hui dans une situation dramatique : ses dirigeants militaires ont écarté un allié efficace, la France, laissant le pays vulnérable à la fois aux djihadistes qui exigent qu'on applique la Charia, et aux ambitions de ce qu'il reste des russes vaincus sur le terrain. 


L’expérience montre que la présence militaire seule, qu’elle soit française ou russe, ne suffit pas à assurer la sécurité si elle n’est pas accompagnée d’une stratégie politique solide et d’une coopération locale. 


La population malienne reste le principal perdant de ces manœuvres géopolitiques, confrontée à l’insécurité, aux pénuries et à un chaos durable, tandis que les puissances étrangères exploitent les faiblesses du pays pour leurs propres intérêts.



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