Les otages, c'est l' héritage historique d’un monde esclavagiste arabo-musulman.
La prise d’otages et l’asservissement d’êtres humains, tels que pratiqués par les groupes islamistes contemporains comme le Hamas ou Daech, ne sont pas des phénomènes nouveaux :
Ils s’inscrivent dans une longue tradition historique du monde arabo-musulman, où la capture d’hommes, de femmes et d’enfants a constitué pendant plus de treize siècles un instrument de guerre, de domination et d’économie. Une continuité idéologique : de la razzia à la prise d’otages
Dès les premiers siècles de l’islam, les razzias — expéditions armées destinées à capturer du butin et des esclaves — furent légitimées par le djihad. Les vaincus pouvaient être exécutés, convertis ou réduits en esclavage. Les textes coraniques eux-mêmes, tout en invitant à traiter les esclaves avec clémence, n’abolissent pas l’esclavage : ils en encadrent seulement l’usage. Cette ambivalence a permis, au fil des siècles, de justifier à la fois la libération pieuse et la capture rituelle.
Aujourd’hui encore, des groupes tels que le Hamas, Daech ou Boko Haram se réclament de cette tradition pour capter des prisonniers comme “otages de guerre”. Le vocabulaire même utilisé – « ghana’im » (butin) ou « sabaya » (femmes captives) – est directement emprunté à la littérature juridique médiévale. La détention des otages israéliens, utilisés comme monnaie d’échange, réactive cette conception archaïque où la vie humaine est une ressource politique, religieuse et marchande.
L’Algérie, centre névralgique de la traite des esclaves
Du XVIᵉ au XIXᵉ siècle, les côtes d’Afrique du Nord, notamment l’Algérie ottomane, furent le plus grand marché d’esclaves de la Méditerranée. À Alger, Tunis et Tripoli, les corsaires maures et barbaresques capturaient chaque année des milliers d’Européens — marins, pèlerins, pêcheurs ou villageois — revendus sur les marchés publics.
Les registres consulaires européens rapportent qu’entre 1530 et 1830, plus d’un million d’Occidentaux furent réduits en esclavage dans les régences barbaresques. Les captifs travaillaient dans les arsenaux, les galères ou les palais des beys. Certains, comme Miguel de Cervantès, marrane, y vécurent plusieurs années avant leur rachat.
Ce système prospéra avec la complicité du pouvoir ottoman, qui voyait dans ces razzias une ressource économique majeure et un moyen d’humilier l’Europe chrétienne. Ce n’est qu’avec la conquête française d’Alger, en 1830, que cette traite méditerranéenne prit fin.
La traite arabo-musulmane : la plus vaste et la plus longue
Plus méconnue que la traite atlantique, la traite arabo-musulmane fut pourtant plus ancienne, plus étendue et plus persistante. Du VIIᵉ au XXᵉ siècle, entre 12 et 17 millions d’Africains noirs furent capturés à travers la traite transsaharienne, orientale et océanique.
Ces esclaves provenaient du Sahel, du Soudan, du Niger, du Tchad ou du Mozambique. Beaucoup périssaient en traversant le désert, d’autres étaient castrés pour servir comme eunuques dans les harems ou comme soldats dans les armées du califat.
Des penseurs aussi prestigieux qu’Avicenne, Ibn Khaldoun ou Al-Masudi ont, dans leurs écrits, justifié la supériorité supposée des Arabes sur les Noirs, nourrissant un racisme institutionnel. Cette vision, selon laquelle les Africains étaient « nés pour être asservis », a profondément marqué les mentalités dans de nombreux pays musulmans.
L’abolition fut tardive et imposée de l’extérieur : l’Arabie saoudite et le Yémen ne supprimèrent l’esclavage qu’en 1962, Oman en 1970, et la Mauritanie seulement en 1981, où la pratique perdure encore sous forme d’esclavage héréditaire.
De l’esclave à l’otage moderne : une mutation de forme, non de fond
Le terrorisme islamiste contemporain s’inscrit dans la continuité de ces pratiques : les captifs deviennent otages, mais la logique demeure la même — domination religieuse, rachat financier, humiliation de l’ennemi.
Le Hamas à Gaza, Daech en Syrie, ou les milices islamistes en Afrique reprennent cette économie du captif, où l’être humain est un moyen de chantage et de communication politique. L’acte n’est pas seulement militaire : il est théologique et symbolique, rappelant la soumission des infidèles et la suprématie du croyant armé.
Cette mémoire souterraine de l’esclavage éclaire la brutalité des prises d’otages actuelles : elles prolongent, sous des formes modernes, un imaginaire de conquête hérité des siècles passés.
la mémoire nécessaire
Alors que le monde occidental a largement étudié et reconnu sa propre responsabilité dans la traite atlantique, le monde arabo-musulman demeure dans le déni de son passé esclavagiste.
Ce silence alimente une ignorance historique, et parfois une indulgence idéologique envers des violences contemporaines qui trouvent pourtant leurs racines dans cette culture du captif.
Reconnaître cette histoire n’est pas un acte d’accusation, mais une nécessité morale : comprendre que le mépris de la liberté d’autrui qu’il prenne la forme de l’esclavage ou de la prise d’otages reste la marque des sociétés qui refusent de se confronter à leur passé.
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