À l’occasion des commémorations des attentats du 13 novembre 2015, l’islamologue Gilles Kepel a dressé un état des lieux alarmant de la menace islamiste en France, pointant la permanence et l’évolution des réseaux jihadistes sur plusieurs décennies.
De la Haine contre Salman Ruchdie, De Charlie Hebdo, au Bataclan, de c'est notre culture qu'on veut tuer!
De Samuel Paty à Dominique Bernard, tous deux décapités, c'est notre système éducatif qu'on veut dompter!
Dix ans après ces attaques, il est évident que la France continue de faire face à un défi multidimensionnel : il ne s’agit plus seulement de la lutte contre des individus armés, mais aussi d’une bataille culturelle et idéologique.
La société française, ses institutions et sa culture se retrouvent aujourd’hui confrontées à une pression insidieuse, moins visible que les explosions ou les attentats mais tout aussi pernicieuse.
Cette menace culturelle se manifeste notamment dans certains secteurs professionnels et syndicaux, où des influences islamistes parviennent à s’infiltrer hors de leur champ traditionnel d’action. Le cas récent de l’annulation ou de la censure d’un concert de l’Orchestre Philharmonique d’Israël à la Philharmonie de Paris en est un exemple concret.
La CGT Spectacle, syndicat historiquement centré sur la défense des droits des travailleurs de la culture, a conditionné la tenue du concert à des exigences liées à l’État d’Israël, allant au-delà de sa mission initiale. Ce geste n’est pas un simple désaccord politique ; il traduit une dérive idéologique qui, si elle n’est pas maîtrisée, risque de fragiliser la liberté culturelle et l’indépendance artistique, piliers de la culture occidentale.
Gilles Kepel souligne que l’islamisme cherche à imposer une vision normative de la société qui s’insinue dans des sphères variées, allant de l’éducation aux médias, des quartiers à certaines institutions culturelles et associatives. Cette influence peut passer par la pression, l’intimidation ou la mobilisation de minorités organisées autour d’une idéologie qui instrumente des causes locales ou internationales. Dans le cas du concert de la Philharmonie, il est clair que des revendications étrangères au domaine syndical et artistique ont pu peser sur une décision qui devrait rester autonome et fondée sur des critères culturels et artistiques.
L’enjeu dépasse le simple cadre d’un événement musical. La culture occidentale repose sur des principes de pluralité, d’ouverture et de dialogue. Lorsque ces principes sont remis en cause par la peur ou l’idéologie d’une minorité agissante, la société dans son ensemble se fragilise. Céder à ce type de pression crée un précédent : d’autres groupes pourraient être tentés d’imposer leurs choix, non plus sur des bases culturelles ou artistiques, mais idéologiques, religieuses ou politiques. Cette dérive illustre parfaitement ce que Gilles Kepel appelle la bataille culturelle, où la radicalisation ne se mesure plus seulement à l’aune des attentats mais à l’influence qu’exercent certains sur l’opinion et les institutions.
La réponse à ce défi ne peut être uniquement répressive. Elle doit être à la fois politique, éducative et sociale. La prévention de l’endoctrinement et la valorisation des valeurs de liberté, de tolérance et de rationalité sont indispensables pour contrer l’emprise culturelle de l’islamisme. Dans le domaine syndical et associatif, il est crucial que les instances garantissent l’indépendance de leurs actions et que les décisions soient prises en fonction de la mission réelle de l’institution, et non sous la pression de groupes idéologiques.
La réaction de la société française, des autorités et des responsables culturels doit être ferme. Il ne s’agit pas de stigmatiser les croyants musulmans dans leur ensemble, mais de reconnaître qu’une minorité agit pour imposer une vision totalitaire et excluante.
L’histoire montre que l’influence idéologique peut être plus durable et destructrice que la violence immédiate : elle façonne l’opinion, déforme les institutions et affaiblit la cohésion sociale.
Enfin, le cas de la Philharmonie rappelle que la vigilance doit être constante. L’islamisme ne se limite pas à la violence armée ; il cherche à s’implanter dans tous les espaces où il peut dicter des normes.
La défense de la culture occidentale, de la liberté d’expression et de la diversité artistique est donc un enjeu stratégique et citoyen. Dix ans après le 13 novembre, il est clair que la France ne peut se permettre ni naïveté ni passivité.
La bataille culturelle est réelle, la lutte va être impitoyable, et notre défaite signifierait un affaiblissement durable de l’identité démocratique et de la liberté des citoyens.
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