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dimanche 23 novembre 2025

Le siècle Quantique .... JBCH N° 662

La technologie quantique, m'a toujours fascinée, longtemps cantonnée à la science-fiction, est aujourd’hui au cœur des stratégies de défense et de sécurité nationale. Les pays et organisations militaires qui investissent massivement dans ce domaine aujourd’hui disposeront d’un avantage décisif demain. 


Aux côtés de l’intelligence artificielle, des systèmes hypersoniques et des plateformes autonomes, le quantique est présenté comme une technologie disruptive susceptible de transformer le champ de bataille et la cybersécurité.




On distingue trois branches de la technologie quantique, chacune avec son impact spécifique sur la défense : L'Informatique quantique : permet de résoudre des problèmes complexes impossibles pour les ordinateurs classiques. Les applications militaires incluent la simulation de matériaux avancés pour les blindages, les batteries haute énergie et la recherche sur la propulsion hypersonique, ainsi que l’optimisation des trajectoires de drones et de missions logistiques.




Les communications quantiques reposent sur l’intrication et la distribution de clés quantiques, elles promettent des réseaux inviolables, critiques pour la communication sécurisée entre centres de commandement, satellites et capteurs autonomes. 


La Chine a déjà démontré une capacité opérationnelle via son satellite quantique Micius et un réseau terrestre sécurisé de 4 600 km 





Les capteurs quantiques : ces technologies permettent une navigation et une détection indépendantes du GPS, essentielles pour les sous-marins, missiles et forces terrestres dans des environnements brouillés ou saturés. Elles offrent aussi la possibilité de détecter des plateformes furtives et d’améliorer la conscience spatiale.



Malgré le potentiel, les systèmes quantiques pleinement opérationnels restent à cinq à dix ans. Le chemin vers la maturité inclut trois étapes : avantage quantique (tâches spécifiques surpassant les ordinateurs classiques), utilité quantique (applications pratiques réelles), et informatique quantique tolérante aux fautes (millions de qubits stables).




La technologie nécessite des investissements lourds : installations cryogéniques, fabrication de semi-conducteurs avancée, salles blanches, lasers de précision et expertise scientifique. Les start-ups seules ne peuvent supporter ces coûts : seuls les États et grandes entreprises de défense disposent du capital et de la patience nécessaires. Les États-Unis, l’Union européenne, le Royaume-Uni et la Chine consacrent déjà plusieurs milliards à ces programmes.




Le quantique est le « moment nucléaire » du XXIᵉ siècle : il ne s’agit plus seulement de posséder les meilleures armes, mais de dominer l’information et le calcul. L’alliance du quantique et de l’IA permettra de simuler des scénarios à l’échelle planétaire, de protéger ses communications tout en pouvant casser celles de l’ennemi, et d’optimiser la logistique en temps réel.




Il nous faut investir dans la cryptographie post-quantique et sécuriser leurs infrastructures existantes ; lancer des preuves de concept avec des fournisseurs d’informatique quantique pour tester l’optimisation et la simulation ; développer des environnements de R&D quantique sécurisés sur site afin de protéger la propriété intellectuelle et réduire la dépendance aux plateformes étrangères.



La technologie quantique n’est pas un gadget futuriste, mais un enjeu stratégique critique pour la défense et la sécurité mondiale. Les États et entreprises qui investiront dès maintenant dans le quantique détermineront qui contrôlera l’information et la cybersécurité sur le champ de bataille de demain. 


Le message est clair : il ne s’agit plus de se demander si le quantique transformera la défense, mais qui en prendra les rênes.




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