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jeudi 27 novembre 2025

Pourquoi le Drône israélien est particulier ! JBCH. N° 672

L’essor fulgurant d’Israël dans les drones est spectaculaire; rappelons l’erreur stratégique voire tragique du Quai d’Orsay en 2013 qui a bloqué un partenariat Dassault–Israël, les conséquences se font sentir aujourd'hui un retard français devenu irrattrapable, notamment dans les drones suicides et de renseignement, le tout guidé par une intelligence artificielle maison.




À Tel-Aviv, l’exposition internationale consacrée aux drones ressemble à une démonstration de force. Chaque soir, les Israéliens voient à la télévision les images de ces engins frappant des cibles à Gaza ou au Liban : drones d’observation, munitions rôdeuses, essaims autonomes. 

La guerre de demain 

Cette omniprésence n’est pas un hasard : Israël s’est imposé comme l’un des quatre géants mondiaux du drone, aux côtés des États-Unis et de la Chine ... et de l'Ukraine !  Une domination technique, industrielle et opérationnelle. Et un contraste brutal avec la France, qui a manqué le tournant technologique en 2013.


Cette année-là, Dassault propose de développer en France une gamme de drones militaires sous licence israélienne, notamment auprès d’Israel Aerospace Industries (IAI). La technologie est mature, éprouvée en opération, et immédiatement intégrable dans les systèmes français. Mais le Quai d’Orsay, alors que le besoin était critique, surtout pour surveiller le Mali,  oppose un veto net, craignant des « dépendances » et des « complications diplomatiques ». Résultat : l’industrie française reste sur des programmes nationaux lourds, lents, coûteux et arrive trop tard.


Douze ans plus tard, le verdict est sans appel : le retard est devenu irrattrapable. Israël a transformé son avance en hégémonie.


Essain de dônes 

Dans les halls du Salon de Tel-Aviv, la diversité des acteurs impressionne : IAI, Elbit, mais aussi une constellation de start-up spécialisés dans les niches les plus innovantes. Israël domine aujourd’hui trois segments clés : Les munitions rôdeuses, ces « drones suicides » capables d’attendre la cible avant de la frapper avec précision. Les mini-drones tactiques portables à dos d’homme, silencieux, résistants au brouillage. Les drones MALE (moyenne altitude, longue endurance), essentiels pour le renseignement.

Héron israélien


Des engins comme le Spy X, déjà fabriqué au Maroc, ou les Heron, loués par l’Allemagne, ont permis à Israël de multiplier les percées diplomatiques au Moyen-Orient, en Europe et en Asie. Les États-Unis eux-mêmes s’approvisionnent auprès de sociétés israéliennes comme Xtend, qui développe des essaims low-cost pour les guerres urbaines.


Drones urbains pour la police en Israël


L’Allemagne renouvelle un contrat proche du milliard d’euros pour les Heron. L’Inde, les États-Unis, la Suisse, les Philippines figurent parmi les clients réguliers. Même les autorisations d’exportation ont été assouplies : 120 pays sont désormais accessibles aux industriels israéliens.



La France, elle, dépend toujours de matériels américains ou de solutions hybrides, faute d’avoir lancé à temps une filière compétitive. Les programmes MALE franco-allemands, retardés, n’ont jamais comblé l’écart. Quant aux drones suicides, ils n’existent tout simplement pas dans l’arsenal français.

Drônes d'observation


En 2013, Dassault proposait un partenariat rapide, solide, et immédiatement opérationnel. Le Quai d’Orsay l’a bloqué. Douze ans plus tard, le marché mondial des drones pèse des dizaines de milliards d’euros par an. Israël occupe le sommet, la France tente de rattraper son ombre. 


Dans la guerre des airs du XXIe siècle, le rendez-vous manqué de 2013 restera l’un des grands ratés stratégiques français.






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