Après avoir convaincu Macron, Fadwa Barghouti essaye de séduire Trump, et ca risque de marcher .
L’impossible transfiguration d’un assassin en homme providentiel, dans une séquence politique qui confine parfois à l’hypnose collective, la campagne mondiale menée par Fadwa Barghouti pour obtenir la libération de son mari, Marwan Barghouti, atteint un niveau de distorsion morale rarement égalé.
Il y a quelque chose de profondément troublant dans cette volonté de présenter un homme condamné à cinq peines de prison à perpétuité plus quarante ans, pour avoir aidé à planifier des attaques ayant assassiné des civils, comme le seul capable de diriger un futur État palestinien.
Et plus encore : comme une version orientale de Nelson Mandela, une comparaison qui, à elle seule, devrait suffire à signaler la dérive. Car Mandela a fait 27 ans de prison, mais il n’a assassiné personne.
Depuis des mois, Fadwa Barghouti traverse capitales, chancelleries et plateaux télé, cherchant à convaincre l’Occident et même Donald Trump que son mari est la clef de la paix.
À Washington, certains cercles diplomatiques jouent le jeu. Trump lui-même, interrogé par Time Magazine, a laissé entendre qu’il « réfléchissait à une décision ».
Une hésitation qui, en pleine recomposition régionale, a suffi à raviver les spéculations. Pourtant, les faits sont têtus., Marwan Barghouti n’a pas été oublié par erreur dans le dernier échange de prisonniers qui a concerné près de 2 000 détenus palestiniens contre 20 otages israéliens.
Son nom était même en tête de liste des libérations exigées par le Hamas. Israël a refusé catégoriquement, rappelant qu’il s’agit d’un « terroriste condamné pour meurtre ».
Dans la rue arabe de palestine, Barghouti bénéficie depuis vingt ans d’un prestige quasi légendaire, encore renforcé par l’échec des autres dirigeants. À Ramallah, des affiches le montrent levant les mains menottées comme un chef d’État en attente de couronne. Et Fadwa Barghouti, dans sa première interview accordée à un média israélien, insiste :« Marwan représente la paix et la stabilité. »
Mais la réalité judiciaire demeure : cinq condamnations pour meurtre, une implication reconnue dans plusieurs attaques contre des civils, un rôle politique majeur dans la violence de la Seconde Intifada.
Ce n’est pas le curriculum vitae d’un symbole pacifiste. Ni celui d’un Mandela. Car si Mandela a soutenu la lutte armée contre l’apartheid, il n’a jamais organisé ni approuvé l’assassinat de civils. Comparer les deux hommes revient à manipuler l’histoire — et à dénaturer la notion même de responsabilité.
Il existe aujourd’hui une tentation dangereuse : diluer la responsabilité individuelle dans une sorte de nuage collectif fait d’occupation, d’oppression ou de frustration. On finit par expliquer un meurtre par un « contexte », un attentat par une « cause ». Comme si un acte intentionnel pouvait être redistribué entre un peuple, un système ou une époque.
Mais un crime reste un crime. La justice juge les actes, pas les atmosphères. Et un assassinat n’est pas une métaphore politique c’est une vie ôtée.
L’histoire n’a jamais demandé à Mandela de porter les crimes d’autrui. Il serait donc grotesque de prêter à Mandela les actes de Barghouti.
Fadwa Barghouti, avocate, plaide que son mari n’a jamais ciblé de civils « à l’intérieur de la Ligne verte » et que les colons armés ne sont pas des civils. Une ligne de défense déjà vue, déjà réfutée. Elle affirme également que son mari « a toujours cru à la coexistence », citant ses écrits de 2002.
Mais ces déclarations s’opposent frontalement aux faits judiciaires, aux appels téléphoniques impliquant Barghouti dans des attaques, et aux témoignages recueillis sous serment. La stratégie rappelle un classique : séparer l’homme du crime, puis le transformer en victime, ensuite en héros, enfin en solution politique unique. Un arc narratif parfait pour les chancelleries en quête de symbole. Mais un arc narratif qui oublie les victimes, les familles, les morts.
Nombre de diplomates voient en Barghouti une figure capable de réunifier les factions palestiniennes. C’est vrai. Et c’est probablement ce qui explique, plus que tout, son aura. Du Qatar à l’Égypte, les médiateurs n’ont pas caché leurs appels à Israël pour sa libération.
La comparaison avec Mandela, répétée par Fadwa Barghouti jusqu’à l’obsession, repose sur une idée simple et erronée : la prison suffirait à sanctifier un homme. Mais Mandela a construit la paix en refusant de devenir ce que l’injustice aurait fait de lui. Barghouti, lui, a cautionné l’assassinat de civils.
Transformer un meurtrier en icône revient à faire fondre la limite essentielle entre la lutte politique et le sang versé. Et c’est précisément cette limite qui fonde la crédibilité d’un futur État.
On peut souhaiter la paix. On peut croire à la transformation des hommes. On peut penser qu’un leader palestinien fort est indispensable. Mais aucune paix durable ne se construit sur une falsification morale.
Le meurtre est un acte individuel. Il engage l’auteur, pas le peuple. Et surtout pas Mandela.
Le monde peut rêver ce qu’il veut. Le réel, lui, ne rêve pas. Marwan Barghouti reste un homme condamné pour meurtre — pas un prophète de paix.
Et aucune campagne diplomatique, même menée aux quatre coins du globe, ne peut réécrire cette vérité-là. Macron est intervenu plusieurs fois auprès de la Maison Blanche en faveur de Barghouti que le Quai d'Orsay et pro-arabe antisioniste considère malheureusement comme le successeur d'Arafat .
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