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vendredi 28 novembre 2025

Le service Militaire en Israël JBCH. N°. 675

 En Israël, sont exemptés du service militaire : les Arabes israéliens, quelle que soit leur confession religieuse (certains d'entre eux se portent tout de même volontaires, la majorité des Haredim (ultra religieux) et les femmes mariées.


Le projet de loi actuellement débattu à la Knesset, visant à élargir ou pérenniser l’exemption du service militaire pour les haredim, porté par le député Boaz Bismuth, constitue une profonde injustice pour la société israélienne. 


Il est inique, non seulement parce qu’il crée une inégalité flagrante entre citoyens, mais surtout parce qu’il dénature l’esprit même du contrat social israélien : celui selon lequel tout droit implique un devoir, et qu’aucune communauté ne peut bénéficier des fruits de l’État sans participer à son effort collectif.


Les haredim jouissent déjà de larges avantages : allocations, bourses, subventions aux yeshivot, facilités administratives. Ces aides ne sont pas en soi problématiques si elles s’intègrent dans un cadre de responsabilité nationale. Mais à partir du moment où une partie de la population reçoit beaucoup et contribue peu, la rupture devient inévitable. Le service militaire est l’expression la plus élémentaire de cette responsabilité, surtout dans un pays où l’existence même dépend de sa défense.



La société civile israélienne, dans toute sa diversité, le comprend parfaitement. Depuis des mois, des milliers de citoyens, laïcs comme sionistes religieux, se mobilisent contre ce projet. Les familles de soldats, les réservistes, les étudiants, les jeunes des villes de périphérie comme du centre : tous voient dans cette loi une tentative dangereuse de maintenir artificiellement une majorité parlementaire au prix d’un déchirement national. Car ce projet ne répond pas à l’intérêt du pays, mais uniquement à la survie politique d’un gouvernement en difficulté.



Les sionistes religieux, longtemps alliés naturels de la droite, sont aujourd’hui parmi les plus virulents opposants à cette mesure. Ils ne contestent pas l’importance de l’étude religieuse, mais refusent qu’elle devienne un prétexte à l’inaction ou un privilège héréditaire. Dans leur vision, Torah et défense du peuple sont indissociables ; l’un ne peut exister sans l’autre.





Ce projet de loi n’est pas seulement injuste : il est dangereux. Il accentue la fracture entre les différentes composantes d’Israël, nourrit le ressentiment, fragilise la solidarité nationale et met en péril l’avenir de Tsahal, qui repose sur la participation de tous. Un pays en guerre, un pays menacé, ne peut se permettre une armée à deux vitesses, ni une population où certains donnent tout pendant que d’autres refusent même de donner un minimum.


Israël doit ouvrir les yeux. Israël doit se réveiller. Il est urgent de restaurer l’équité, de rappeler que le service militaire n’est pas un fardeau que l’on peut déléguer, mais une responsabilité commune. Céder à la pression de groupes minoritaires pour préserver une majorité politique est une faute historique. L’État d’Israël mérite mieux que cela. Le peuple d’Israël mérite mieux que cela.


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