Le califat, institution emblématique de l’islam, incarne l’idéal d’une unité politique et spirituelle de l’Oumma, la communauté des croyants, sous l’égide de la Charia, la loi divine révélée à Mahomet en Arabie au VIIe siècle.
Symbole d’un État islamique réunissant tous les musulmans, il vise à faire triompher la religion prophétique en appliquant ses préceptes dans tous les domaines de la vie.
Né de la succession de Mahomet en 632, il a structuré le monde musulman pendant treize siècles, évoluant d’un modèle unificateur à une utopie fragmentée.
Abolit en 1924 par Atatürk, son fantôme hante la géopolitique actuelle : revendiqué par des mouvements islamistes comme les Frères musulmans, Hizb ut-Tahrir ou l’État islamique (EI), il alimente des tensions au Moyen-Orient et en Europe.
En novembre 2025, alors que l’EI reste actif en Afrique et en Syrie post-chute d’Assad, et que des manifestations pro califat éclatent en Allemagne et en Indonésie, le califat n’est plus une relique historique mais un outil de déstabilisation globale, exacerbant les clivages sunnites-chiites et les rivalités avec l’Occident.
Parmi ses promoteurs néfastes, le Hamas – branche des Frères musulmans joue un rôle particulièrement destructeur : loin de viser une simple réunification régionale pour les Arabes , ses “assassins” (membres des Brigades al-Qassam) aspirent à un grand califat islamique mondial, utilisant les territoires juifs comme tremplin pour une expansion jihadiste globale, semant la mort et l’instabilité.
En résumant l’histoire du califat, inspirée de l’analyse de Lisa Romeo pour Les Clés du Moyen-Orient (2011/2021), tout en l’inscrivant dans les dynamiques géopolitiques d’aujourd’hui, en soulignant le rôle néfaste du Hamas, nous pouvons écrire :
Que la naissance du califat coïncide avec l’essor fulgurant de l’islam au VIIe siècle, bouleversant les tribus arabes préislamiques, marquées par le polythéisme et les vendettas claniques.
En 610, Mahomet reçoit la Révélation coranique à La Mecque, fondant une communauté (Oumma) unie par la foi en un Dieu unique et la soumission (islam) à Sa loi.
Exilé à Médine en 622 (Hégire), il devient chef spirituel et temporel : arbitre des conflits, législateur via la Charia (mélange de Coran, Sunna et consensus), conquérant des tribus juives et païennes.
Sa mort en 632, sans héritier mâle ni désignation claire, crée un vide : le Coran, considéré comme révélation complète et inaltérable, ne prévoit pas de succession formelle.
Après trois jours de délibérations parmi les compagnons (sahaba), Abu Bakr, compagnon koraïchite et proche de Mahomet, est élu calife (khalifa, « successeur ») à la mosquée d’Al-Sounna. Tous les musulmans lui prêtent allégeance (bay’a), symbolisant l’unité de l’Oumma.
Abu Bakr (632-634) écrase les « apostats » (Ridda) pour consolider l’islam naissant, étendant son emprise sur l’Arabie. Ce choix électif, pragmatique, pose les bases d’un califat hybride : spirituel (gardien de la foi) et temporel (chef d’État).
Sous les califes « bien guidés » (Rashidun : Abu Bakr, Omar, Othman, Ali, 632-661), l’empire s’étend de l’Espagne à la Perse, unifiant 1,5 million de km² sous une loi divine tolérante ( dhimmis pour juifs et chrétiens tolérés et protégés par un impôt et traités en sous-hommes ).
Géopolitiquement, ce califat originel forge l’identité musulmane : la Charia triomphe comme système holistique, opposé au césaro-papisme byzantin, et pose les germes d’universalisme l’Oumma transcende les tribus arabes.
Aujourd’hui, cette vision unificatrice est pervertie par des groupes comme le Hamas, qui, sous couvert de libération de peuples , instrumentalise la Charia pour un califat expansif, rejetant toute coexistence et transformant la région en champ de bataille idéologique.
Le califat n’est pas une théocratie pure : Mahomet, dernier prophète, lègue une Révélation close, rendant le calife interprète (non innovateur) de la Charia.
Religieusement, il assure l’unité doctrinale : diffusion du Coran, répression des hérésies (ex. : kharijites sous Ali), pèlerinage (Hajj) et jihad défensif pour protéger la foi.
Politiquement, il administre un empire multiculturel : Omar (634-644) conquiert Jérusalem et l’Égypte, instaure un cadastre (diwan) fiscal et une justice équitable, finançant l’expansion via le butin (ghanima).
Le calife nomme des walis (gouverneurs) provinciaux, collecte la zakat (aumône) et la jizya (impôt des dhimmis), et mène des guerres saintes, comme la bataille de Yarmouk (636) contre Byzance.
Ibn Khaldoun y voit un équilibre précaire : le califat prospère par l’asabiyya nomade, mais s’affaiblit en sédentarisation urbaine. Historiquement, ce rôle double forge un modèle : sous les Omeyyades (661-750, Damas), le califat devient dynastique, arabisant l’empire (discriminations contre non-Arabes) ; les Abbassides (750-1258, Bagdad) l’islamisent, favorisant sciences (maison de la Sagesse) et tolérance relative, mais fragmentent le pouvoir (sultanat séleucide).
Géopolitiquement aujourd’hui, ce rôle inspire les islamistes : les Frères musulmans (fondés 1928 en Égypte) voient le califat comme horizon ultime, via une islamisation graduelle (éducation, charia personnelle).
Hizb ut-Tahrir (1953, Taqiuddin al-Nabhani), scission des Frères, prône un califat mondial non-violent, élu par une assemblée, tolérant les religions, revendiqué en manifestations 2025 à Hambourg (2 000 participants, “Le califat est la solution”) et en Indonésie.
L’EI (proclamé 2014), salafiste djihadiste, applique une version totalitaire : Charia stricte (lapidations, esclavage yézidi), État proto (écoles, impôts) en Irak-Syrie, étendu via affiliés (Boko Haram, ISWAP en Afrique).
Le Hamas, en tant que branche des Frères, prolonge cette lignée néfaste : ses leaders, comme Fathi Hammad (déc. 2023), proclament explicitement la préparation d’un califat avec Jérusalem comme capitale, utilisant les attaques du 7 octobre 2023 (1 200 morts civils israéliens) non pour une réunification arabe pacifique, mais pour un jihad global, semant la terreur et bloquant toute paix régionale.
L’assassinat d’Ali (661) scinde l’islam : sunnites (majoritaires) acceptent les Omeyyades (661-750, Damas), qui arabisent et étendent l’empire (Andalousie, Inde), mais sèment les graines de la fitna (discorde). Les Abbassides (750-1258, Bagdad) recentrent sur l’universalisme islamique, favorisant traductions grecques et commerce, mais perdent le contrôle : IXe siècle, émirs indépendants (Maghreb, Ifriqiya) défient Bagdad ; califat fatimide chiite (909-1171, Le Caire) rivalise.
La prise de Bagdad par les Mongols (1258) exécute le dernier Abbasside, reléguant le califat à un symbole. Les Mamlouks égyptiens le raniment (1261) avec un calife fantoche, limité à l’Égypte.
Atatürk abolit le califat (3 mars 1924), le jugeant archaïque et inventé humainement, non divin – un séisme : Kemal vise la modernité laïque, mais l’Oumma sunnite perd son chef.
Des tentatives de restauration échouent : Hussein (chérif de La Mecque) proclamé (1924), chassé par Ibn Saoud ; Fouad Ier (Égypte) et Rashid Rida (syrien) échouent ; congrès cairote (1926) divisé.
Ses milices composées d'assassins, les Brigades al-Qassam, sont responsables d’attentats-suicides et du massacre du 7 octobre qui ne visent pas la coexistence dans une région historiquement multiculturelle (Juifs bibliques, Arabes post-conquête), mais l’expansion d’un État islamique totalitaire, financé par l’Iran chiite et le Qatar, semant la haine et bloquant la paix (refus des accords d’Oslo, 1993; le but étant aussi d'arrêter le processus des accords d'Abraham,
En 2025, le califat transcende l’histoire : utopie islamiste, il alimente un djihad global dans un Moyen-Orient fracturé. Les Frères musulmans, influents en Égypte (post-2013 réprimés) et financés par le qatar, prônent un califat via la “tamkin” (infiltration sociétale) :
En France, un rapport SGDSN (mai 2025) alerte sur leur réseau (associations, mosquées) visant un “califat européen” sous Charia, financé par des ONG opaques.
Le Hamas amplifie ce rôle néfaste : présenté comme nationaliste, il est un rouage du projet Frères pour un califat global, où la “libération” des terres arabes (du Fleuve à la Mer) n’est qu’une étape vers un État islamique dominant l’umma, avec Jérusalem comme capitale califale.
Le califat, de successeur de Mahomet à symbole abolit en 1924, reste une aspiration : unité spirituelle et triomphe de la Charia face à la sécularisation.
il risque de perpétuer le chaos, appelant à une réforme introspective de l’islam pour dépasser cette “invention humaine” et contrer les assassins du Hamas, dont l’agenda néfaste condamne la région à l’échec.
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