Le pays le plus peuplé du monde avec 1,7 milliards d'habitants monte au créneau, Alors que la Chine ne mise que sur l'industrie, l'Inde privilègie la matière grise ... sans perdre de vue son lien commercial avec le Moyen Orient (Haïfa et l'Europe)
Aucune autre nation au monde ne "forme" autant de citoyens de cette manière, de façon gladiatorienne, que l'Inde", déclare R. Gopalakrishnan, ancien PDG de Tata Sons et co-auteur de The Made in India Manager.
Les hauts dirigeants d’origine indienne dominent aujourd’hui plusieurs géants technologiques mondiaux. Parmi eux : Satya Nadella, ancien ingénieur devenu PDG de Microsoft, qui a transformé l’entreprise autour du cloud et de l’intelligence artificielle. Sundar Pichai, né à Chennai, dirige Google et sa maison-mère Alphabet, et joue un rôle clé dans la stratégie IA du groupe.
À la tête d’Adobe, Shantanu Narayen incarne l’élite technologique indienne : il a guidé l’entreprise vers un modèle d’abonnement très rentable. Enfin, Arvind Krishna, diplômé de l’IIT Kanpur, est CEO d’IBM, où il a piloté des acquisitions majeures comme Red Hat.
La formation d’ingénieurs en Inde est massive : environ 1,5 million de jeunes obtiennent chaque année un diplôme d’ingénierie. Pourtant, une grande partie de ces diplômés ne sont pas jugés “employables” par les entreprises : selon certaines études, seuls 7 % répondraient aux exigences techniques et de savoir-être.
Cette situation pose un dilemme : d’un côté, l’Inde dispose d’un vivier immense de talents potentiels ; de l’autre, une partie de ces diplômés peine à être absorbée dans l’industrie technologique.
Dans une logique géoéconomique plus large, l’Inde multiplie désormais les investissements stratégiques à l’étranger.
Le groupe Adani, dirigé par le milliardaire indien Gautam Adani, a acquis 70 % du port de Haïfa en Israël pour 1,2 milliard de dollars. Ce port méditerranéen devient pour l’Inde un hub stratégique entre l’Asie et l’Europe, dans le cadre d’un corridor commercial appelé IMEC (India-Middle East-Europe Corridor).
L’objectif : diversifier les routes d’exportation, réduire la dépendance aux routes maritimes traditionnelles — souvent soumises à des points de blocage — et renforcer l’influence économique de l’Inde dans une région cruciale.
Cette acquisition reflète aussi l’ambition géopolitique de New Delhi : contrôler des infrastructures essentielles pour peser dans les flux mondiaux, tout en affirmant ses liens avec Israël.
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