Il n'a fallu que quinze jours au Procureur de la République pour affirmer qu' Olivier Marleix s'était suicidé, il y a t-il eu précipitation forcée, c'est bien court, il y a eu probablement des pressions venant du plus haut degré de l'état.
Les accusations d’«abandon industriel » visant Emmanuel Macron, dans le contexte du supposé « suicide » d’Olivier Marleix et de ses dénonciations répétées :
Dérive industrielle ou choix stratégique ? Le procès Macron à travers l’affaire Marleix
Le contexte : Olivier Marleix, une voix solitaire dans le naufrage industriel
La disparition inattendue et tragique d’Olivier Marleix, député LR d’Eure-et-Loir et ancien président de la commission d’enquête sur la souveraineté industrielle, a ravivé des débats anciens sur l’action d’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie (2014-2016).
Marleix, réputé pour sa ténacité sur les dossiers de désindustrialisation, avait souvent dénoncé ce qu’il considérait comme une série de « braderies stratégiques » au profit de puissances étrangères.
Dans une lettre transmise à la presse en 2019 et lors de plusieurs interventions parlementaires, il accuse Emmanuel Macron d’avoir validé – voire orchestré – une série de ventes d’entreprises clés : Alstom (énergie), Alcatel-Lucent (télécoms), Technip (ingénierie pétrolière) et Lafarge (cimenterie).
Selon lui, ces décisions ont contribué à la perte de souveraineté industrielle de la France, à la destruction de dizaines de milliers d’emplois et à la fragilisation de secteurs névralgiques.
Marleix allait jusqu’à écrire que Macron n’est pas une rupture, mais l’aboutissement du système politico-financier qui enterre l’industrie française.
Il visait aussi une certaine continuité entre droite et gauche dans la soumission aux logiques de marché et aux intérêts américains.
Les dossiers emblématiques de la désindustrialisation française (2014-2016)
Alstom – la pièce maîtresse du reproche
En 2014, le rachat d’Alstom Énergie par General Electric a provoqué un séisme.
Ce fleuron industriel, fournisseur de turbines pour les centrales nucléaires françaises, avait des fonctions stratégiques dans la défense et le civil. Emmanuel Macron, alors secrétaire général adjoint de l’Élysée puis ministre de l’Économie, a approuvé la vente contre l’avis de plusieurs hauts fonctionnaires et députés, préférant GE à Siemens.
Le résultat a été catastrophique : suppression de plus de 10 000 emplois, perte de compétences clés dans le nucléaire, dépendance technologique accrue vis-à-vis des États-Unis.
En 2022, le gouvernement a tenté de « racheter » certains actifs, mais le mal était fait. L’ex-PDG d’Alstom, Patrick Kron, a par ailleurs été mis en cause pour corruption dans des contrats à l’étranger.
Alcatel-Lucent – la souveraineté numérique sacrifiée
Alcatel, entreprise française pionnière dans les télécommunications, possédait en 2015 près de 80 % du réseau mondial de câbles sous-marins, un actif stratégique de première importance. La vente à l’américain Nokia (devenu finlandais par fusion) s’est faite sans protection suffisante des infrastructures sensibles.
Les câbles sous-marins, par où transitent plus de 90 % du trafic Internet mondial, posent des enjeux de sécurité et de renseignement. La France, en perdant ce levier, s’est exposée à une surveillance potentielle étrangère, sans réciprocité.
Technip et Lafarge – l’énergie et le ciment sous pavillon étranger
Technip, société d’ingénierie spécialisée dans le pétrole et le gaz, a fusionné avec l’américain FMC Technologies en 2016. Bien que présentée comme une opération équilibrée, cette fusion a rapidement tourné à l’avantage du partenaire américain. Les centres de décision ont migré, les effectifs français ont été réduits, et la capacité d’innovation nationale s’est affaiblie.
Quant à Lafarge, racheté par le suisse Holcim en 2015, il a été mêlé à un scandale d’accords financiers avec Daech en Syrie. Là encore, les autorités françaises ont validé une opération entraînant une perte de contrôle sur un secteur stratégique de la construction, sans anticiper les risques géopolitiques.
Macron, artisan du déclassement industriel ? Entre responsabilité politique et logique systémique
Emmanuel Macron s’est toujours défendu de toute responsabilité directe dans ces opérations, les qualifiant de décisions d’entreprises privées dans un cadre ouvert et international.
À la présidentielle de 2017, il a nié « avoir vendu Alstom », affirmant qu’il n’était que le garant de la compétitivité française.
Mais Olivier Marleix a maintenu que c’est Macron qui a signé, documents à l’appui, et qu’il a souvent choisi de ne pas activer les outils juridiques disponibles (comme le décret Montebourg sur les secteurs stratégiques).
Il y aurait donc eu une volonté politique d’accompagnement, voire de facilitation, de ces ventes, au nom d’un dogme : celui de l’attractivité et du capitalisme transnational.
Plus largement, Macron incarne une génération technocratique mondialisée, peu attachée à l’outil industriel, préférant la finance, les services, le numérique.
Son passage chez Rothschild n’a fait qu’alimenter cette image d’un président aligné avec les intérêts d’un capitalisme sans racines.
Pour Marleix, Macron est l’héritier, non le fossoyeur accidentel, de quarante ans de désengagement industriel.
Conclusion : une France orpheline de son industrie ?
Le cri d’alarme d’Olivier Marleix, aujourd’hui réentendu à la lumière de sa mort tragique, prend un relief particulier.
Derrière la formule choc – « Macron enterre l’industrie française » – se cache un sentiment de trahison nationale partagée par nombre de cadres, d’ouvriers, de chefs d’entreprise.
Si l’analyse peut sembler sévère, elle n’en révèle pas moins une vérité structurelle : entre 2000 et 2020, la France a perdu près de 30 % de ses emplois industriels, et nombre de ses brevets, usines et savoir-faire sont passés sous contrôle étranger.
La vraie question est donc la suivante : la France peut-elle encore reconquérir sa souveraineté économique sans remettre en cause les choix politiques qui l’ont conduite à cette situation ?
Ou bien est-elle condamnée à être la base arrière d’un capitalisme mondial dont elle n’a ni les rênes, ni les fruits ?
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