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dimanche 3 août 2025

Chine - Israël des relations jamais rompues 5FR). JBCH N° 183

La Chine prend-elle conscience de l’importance stratégique d’Israël ?

 Pékin revoit sa stratégie au Moyen-Orient




Par Anat Hochberg-Marom – 3 août 2025 à 13h47                               Jerusalem Post

 NB : Mon complément en fin d'article


Une experte analyse la manière dont la Chine réagit à un nouvel ensemble de défis mondiaux.


L’implication croissante de la Chine au Moyen-Orient — accentuée par la récente escalade du conflit à Gaza — suscite une attention mondiale accrue et alimente de nombreuses spéculations. Traditionnellement, la stratégie régionale de Pékin s’est concentrée sur la sécurisation de ses intérêts économiques et énergétiques à long terme : garantir l’accès à des ressources énergétiques vitales, protéger les grands corridors commerciaux internationaux et investir massivement dans les secteurs des infrastructures, de la technologie et de l’énergie, en particulier dans le Golfe Persique.


Pourtant, malgré ces impératifs stratégiques, la Chine continue d’adopter une approche volontairement ambivalente et multidimensionnelle à l’égard des principaux acteurs régionaux, notamment l’Iran et Israël. 


Cette posture soigneusement calibrée reflète des mutations géopolitiques plus larges, l’érosion de l’hégémonie américaine et, surtout, l’instabilité croissante au Moyen-Orient — des évolutions qui menacent de plus en plus l’équilibre régional et la sécurité économique propre à la Chine.





Énergie et intérêts stratégiques



La sécurité énergétique constitue un pilier central de la vision stratégique de la Chine. En tant que premier importateur mondial de pétrole, Pékin s’approvisionne actuellement à hauteur d’environ 40 % au Moyen-Orient — un chiffre qui pourrait doubler d’ici 2035. 


Cette forte dépendance expose la Chine à des vulnérabilités majeures en cas de conflit ou d’instabilité dans des points de passage maritimes cruciaux tels que la mer Rouge ou le détroit d’Hormuz. 


Ces routes stratégiques représentent également environ 60 % du commerce chinois avec l’Europe et l’Afrique, ce qui accroît encore les enjeux liés à la volatilité régionale.


Au-delà de l’énergie, l’empreinte économique de la Chine dans la région — notamment via l’Initiative des Nouvelles Routes de la Soie (Belt and Road Initiative, BRI) — fait face à des risques croissants. 


L’Arabie saoudite, principal partenaire commercial de la Chine dans la région, incarne cette interdépendance accélérée : leur commerce bilatéral a atteint 107,53 milliards de dollars en 2024, soulignant le renforcement rapide de leurs liens économiques.



Naviguer entre les rivalités régionales

Dans le même temps, tout en s’efforçant de saper l’influence américaine dans la région et de s’affirmer comme une puissance stabilisatrice à l’échelle mondiale, Pékin — longtemps réputé pour son approche prudente et neutre — adopte récemment une posture plus pragmatique et proactive sur le plan diplomatique. 


Ce virage reflète un délicat exercice d’équilibre et l’adaptation d’une stratégie souple et finement ajustée, visant à maximiser les bénéfices issus de partenariats stratégiques diversifiés, tout en évitant soigneusement d’aliéner un État au profit d’un autre état.


Suite à la lecture de cet article  passionnant : 


La montée en puissance de la Chine au Moyen-Orient marque un tournant stratégique majeur, dicté autant par ses besoins énergétiques que par son ambition géopolitique. 


Pékin cherche désormais à équilibrer ses relations avec des acteurs aussi antagonistes qu’Israël et l’Iran, tout en sécurisant ses intérêts économiques dans un contexte régional de plus en plus instable. 


Cette approche pragmatique, fondée sur la neutralité diplomatique, pourrait néanmoins atteindre ses limites si les tensions s’exacerbent. 


À l’avenir, la Chine devra probablement sortir de son ambiguïté calculée pour jouer un rôle de médiateur actif, notamment face aux défis liés à la sécurité des routes maritimes et à la polarisation régionale. 


Israël, fort de son poids technologique et stratégique, pourrait devenir un partenaire-clé dans cette recomposition. 


Pékin semble progressivement prendre conscience du potentiel israélien, sans pour autant rompre ses équilibres existants. La prochaine décennie dira si la Chine assume pleinement ce rôle de puissance stabilisatrice au Moyen-Orient.   

 

Les « routes de la soie » modernes, via l’Initiative chinoise Belt and Road (BRI), incarnent l’ambition de Pékin de redessiner les flux commerciaux mondiaux sous sa houlette.

 

Dans ce cadre, la Chine a pris le contrôle ou une participation majeure dans plusieurs ports stratégiques, notamment le port du Pirée en Grèce et celui de Haïfa en Israël.  

 

Le Pirée, racheté majoritairement par le groupe chinois COSCO, sert désormais de porte d’entrée vers l’Europe pour les marchandises chinoises. 

                             



 

 

De même, la gestion partielle du port de Haïfa renforce la présence logistique de la Chine en Méditerranée orientale. Ces investissements permettent à Pékin de sécuriser ses chaînes d’approvisionnement, mais suscitent aussi l’inquiétude des États-Unis et de certains pays européens. 

                          L'Inde, par l'intermédiaire du milliardaire Gautam Adani, vient de                                            reprendre la majorité  du port.                             


                             


                                 

La Chine talonnée par l'Inde avance ainsi ses pions en douceur, via l’économie, tout en tissant un réseau global d’influence.


 

Ce maillage portuaire est un élément-clé de sa stratégie pour peser sur la scène géopolitique, sans recourir à la force militaire.


Il y a plus important : c’est le partenariat éducatif tissé entre la Chine et Israël, incarné par la création du Guangdong Technion Israel Institute of Technology (GTIIT) à Shantou, dans la province du Guangdong, illustre une forme inédite de coopération académique. Fondée en 2015, cette institution est le fruit d’une alliance entre le Technion – prestigieuse université israélienne d’ingénierie et de sciences – et le groupe chinois Li Ka Shing Foundation.

                   


 

 

Le projet visait à importer en Chine l’excellence technologique et pédagogique israélienne, notamment dans les domaines des sciences, de l’ingénierie, de l’innovation et de l’entrepreneuriat.


D’un point de vue institutionnel, le GTIIT est un succès total. L’infrastructure est de haut niveau, les cursus sont alignés sur ceux du Technion de Haïfa, et certains enseignants israéliens assurent des cours en anglais. 

                   




 


Les étudiants chinois bénéficient ainsi d’une formation de calibre international sans quitter leur pays. Le GTIIT a également permis d’initier des programmes de recherche conjoints et de créer un pont académique et technologique entre Israël et la Chine.


L’intégration culturelle et pédagogique entre les deux systèmes n’a pas toujours été fluide : les méthodes israéliennes, fondées sur l’esprit critique, la discussion ouverte et la créativité individuelle, contrastent avec une culture académique chinoise plus hiérarchique et tournée vers la mémorisation. 


De plus, le rayonnement scientifique du GTIIT peine encore à égaler celui des grandes universités chinoises comme Tsinghua ou Zhejiang.


C’est un succès stratégique, mais un défi humain et académique toujours en cours.

 

Dans le domaine commercial, dans celui des start up comme dans celui de l’aide aéronautique (transmission des plans du Lavi) que nous avions décrits sur ce blog il y a plusieurs mois, et celui du savoir, les relations israélo-Chinoises sont florissantes mais elles restent discrètes. ... 

 

On comprendra pourquoi !


https://www.gtiit.edu.cn/en/videoView.aspx?vNo=29
 

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