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vendredi 1 août 2025

La Philosophie est devenue mon amie

Qu’est-ce que la philosophie ? Une quête intemporelle de sagesse


Parceque la philosophie est vue comme une matière abstraite, et inutile, je l'ai refoulée pour d'autres que je pensais être plus importantes en terminale au Lycée Condorcet, j'avais 17 ans.

Aujourd'hui , soixante ans après, je suis certain que cette matière  pose les questions les plus essentielles : 

Pourquoi vivons-nous ? Qu’est-ce que le bien ? Que signifie être libre ? Dieu existe-t-il ? Qu'est ce que le bonheur ? La recherche de la vérité ! et bien d'autres ..

La philosophie, comme son nom grec l’indique (philo – aimer, sophia – sagesse), est littéralement l’amour de la sagesse. Mais cette sagesse ne se donne pas : elle se cherche, dans la réflexion, le doute, le dialogue.





Un art de questionner, pas une science de certitudes

J'avais choisi les Sciences Expérimentales j'étais certain d'avoir pris le bon chemin, puis je me suis dirigé vers des études de gestion, de Marketing et de commerce. et j'ai commencé ma carrière dans l'enseignement.

Mais petit à petit, au fur et à mesure que le temps passait,  les questions essentielles qui gèrent nos existences ont pris le dessus dans mes réflexions.

Contrairement aux sciences, qui démontrent par des expériences, la philosophie avance par le raisonnement, le langage, la confrontation des idées. 

Elle n’offre pas des réponses toutes faites, mais elle apprend à poser des questions justes. Socrate disait 

: « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien. » 

Ce doute, ce manque, est le moteur même de la pensée philosophique.


Dans la tradition soufie, un proverbe dit :

  « Le cœur qui questionne est plus vivant que la langue qui affirme. » 

La sagesse ne se trouve pas dans la certitude, mais dans la recherche constante. C’est exactement ce que la philosophie incarne : une marche, non une destination.


Le Talmud abonde dans ce sens :

  « Apprends de tout homme et ne te fie jamais à ta propre sagesse. » 

(Pirkei Avot 4:1). Philosopher, c’est rester humble face à la complexité du réel.


Des visages multiples à travers les âges

Aristote voyait dans la philosophie la quête de la vérité. 

Épicure, une pratique pour atteindre le bonheur. 

Marc-Aurèle en faisait une discipline intérieure. Montaigne : "Philosopher c'est apprendre à mourir"

Pascal ironisait : « Se moquer de la philosophie, c’est vraiment philosopher. » 

Descartes y voyait l’arbre de toute connaissance. 

Spinoza qui a remis en question "Dieu" qui est Nature, qui a condamné les clercs et qui a ouvert la voie au Siècle des Lumières.

Kant la pensait comme une science des concepts.

Mais tous ont en commun de vouloir comprendre l’homme, le monde et leur relation.


Selon le Zohar : « La lumière n’existe que si tu la cherches dans l’obscurité. » (Zohar II, 262a).

 Philosopher, c’est chercher cette lumière, même dans les zones d’ombre de l’existence.


L'Hellénisme se base sur la raison (Logos) , le Judaïsme sur la Loi révélée, et son code éthique et rituel. Pour Maimonide les deux pouvaient se compléter. Le Soufisme quant à lui explore la dimension spirituelle, intérieure, ésotérique de l’islam:" Que dit vraiment le Coran,  Qui est réellement le Prophète ? Qu’est-ce que le monde ? Qui sommes-nous ?" 

Une boussole pour notre monde troublé



Aujourd’hui, alors que les sciences progressent à grande vitesse, de nouvelles questions apparaissent : Quelle place donner aux animaux ? Doit-on craindre l’intelligence artificielle ? Qu’est-ce qu’être humain à l’ère numérique ?  Peut-on procréer artificiellement ? Choisir sa mort !, Ces interrogations échappent souvent aux scientifiques.

 C’est là que la philosophie intervient, non pour donner des solutions techniques, mais pour poser les bonnes questions morales, éthiques, existentielles.

Le soufisme enseigne : « Il ne s’agit pas de savoir, mais de devenir. » La philosophie moderne est donc aussi une spiritualité : elle ne transforme pas seulement nos idées, mais notre être.

De même, la tradition juive rappelle : « Ce n’est pas l’étude qui est l’essentiel, mais l’action. » (Pirkei Avot 1:17). 

La philosophie est donc aussi un appel à vivre autrement, à choisir une vie guidée non par l’ignorance ou l’habitude, mais par la conscience.


Science et philosophie,  sœurs séparées


La philosophie a enfanté les sciences. Newton, Galilée, Descartes, étaient d’abord des philosophes. Ce n’est qu’à partir du moment où les méthodes se sont spécialisées que les disciplines se sont distinguées.


Mais la philosophie continue d’observer les sciences. Cette branche s’appelle l’épistémologie. Elle se demande : Qu’est-ce qu’une vérité scientifique ? Une science est-elle neutre ? Le progrès est-il toujours souhaitable ?

Là encore, la philosophie agit comme une vigie, une conscience, une mise en perspective du savoir.


Philosopher, c’est vivre en éveil


La philosophie n’est ni une recette de cuisine ni un discours lointain réservé à une élite. Elle est, comme le dit le Zohar, « une lampe pour éclairer le sentier de celui qui marche dans l’obscurité. » (Zohar I, 221b). Elle apprend à douter sans désespérer, à chercher sans posséder, à penser sans dominer.

Elle est, selon le Talmud, « un chant silencieux que seuls les sages entendent au fond d’eux-mêmes » (Haguiga 13b).

Dans un monde bruyant, la philosophie propose donc un silence fertile, elle a pris en moi une grande  importance et m'a permis de relativiser le monde instable dans lequel nous vivons et surtout de cottoyer et d'aimer le visage l'autre, sans contrepartie (E.Levinas)*

* Voir dans mes textes qui lui sont consacrés :  Altérité, le 20 et le 29 Juillet 2025

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Claude Levi Strauss


Catherine Chalier parle de Lévinas





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