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samedi 2 août 2025

Macron confond volontairement "Hotages civils" et " Prisonniers militaires" ??? (FR). JBCH N° 170

Une équivalence inacceptable : confusion morale et politique


Dans son discours,  à l'Elysée le président Emmanuel Macron a évoqué « des otages des deux côtés », assimilant les otages israéliens du Hamas aux prisonniers palestiniens détenus par Israël. Cette déclaration a provoqué une vive émotion. Elle soulève une question fondamentale de justice morale et de clarté éthique dans le traitement du conflit israélo-palestinien.





D’un côté, il ne reste plus que 49 otages israéliens (dont certains sont des enfants, des personnes âgées ou malades ou décédées) sont toujours détenus à Gaza, depuis le massacre du 7 octobre 2023, date à laquelle le Hamas a lancé une attaque sans précédent contre des fermes et des villages civils en Israël, tuant environ 1 200 personnes, violant des civils, incendiant des maisons, et mutilant, décapitant, violants, enlevant hommes, femmes et enfants. 


Ces otages sont détenus illégalement, sans accès à la Croix-Rouge (qui n' a pas voulu contrairement à sa Charte ne serait-ce que livrer des médicaments) , sans communication avec leurs proches, dans des conditions que de nombreux rapports qualifient de barbares et déshumanisantes. 


Il s’agit clairement de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, commis par une organisation terroriste désignée comme telle par l’Union européenne, les États-Unis et le Canada.







De l’autre côté, les prisonniers palestiniens en Israël (environ 6 000) sont détenus dans un cadre juridique, avec un accès à une défense, à des visites, à des soins, sous l’autorité de l’État de droit israélien, contrôlé par une Cour suprême indépendante. 

Certains d’entre eux sont en détention administrative, d’autres condamnés pour attaques meurtrières contre des civils israéliens, parfois au couteau, à la bombe ou lors d’attentats suicides. Un nombre significatif de ces prisonniers ont du sang sur les mains. Les comparer à des otages, c’est nier la réalité de leurs actes criminels et le cadre légal dans lequel ils sont jugés.





Confondre otage et prisonnier, c’est trahir les mots et les faits



La confusion entretenue par l’expression « otages des deux côtés » brouille profondément la compréhension du conflit. 


Un otage est une personne civile enlevée en dehors de toute procédure judiciaire, pour être utilisée comme monnaie d’échange ou comme levier politique, le plus souvent sous la menace de mort ou de torture. 


Un prisonnier, en revanche, est détenu dans le cadre d’un système pénal (même critiquable), avec des droits et une procédure.


Assimiler les deux, c’est relativiser la gravité de l’enlèvement du 7 octobre. C’est oublier que certains de ces otages, comme Kfir Bibas (bébé de 10 mois), n’ont aucune responsabilité politique, militaire ou idéologique. C’est aussi faire abstraction du traitement infligé par leurs geôliers, le Hamas, qui nie jusqu’à leur humanité.






Il ne s’agit pas ici de nier la complexité du conflit, ni de refuser de considérer la situation des Palestiniens. Il est légitime de s’interroger sur les conditions de détention en Israël ou sur l’usage excessif de la détention administrative. 


Mais en assimilant des terroristes condamnés et des civils enlevés, le président Macron commet une erreur de jugement historique. Il introduit une symétrie où il y a clairement dissymétrie morale et juridique.


Une telle déclaration affaiblit aussi la position de la France comme acteur de médiation. Elle donne le sentiment que toutes les souffrances se valent, quel qu’en soit l’auteur, ce qui revient à anesthésier la conscience morale internationale. C’est nier le rôle premier du terrorisme dans la dynamique actuelle du conflit.


Ce que la France aurait dû dire : 

clarté, exigence et courage moral


Ce que la France aurait pu affirmer avec clarté, c’est que la libération des otages israéliens est une exigence humanitaire non négociable. Qu’il n’y a aucune justification au maintien en détention de civils innocents, et qu’il n’y a pas d’équivalence possible entre l’innocence des otages et la culpabilité établie de certains prisonniers.


Le rôle d’un chef d’État démocratique est aussi de soutenir les droits fondamentaux de tous les peuples sans céder au relativisme. Cela implique de défendre les droits des Palestiniens, bien sûr, mais aussi de désigner clairement les auteurs de crimes de guerre, et de ne pas brouiller les lignes entre victimes et bourreaux.





En évoquant des « otages des deux côtés », Emmanuel Macron a, involontairement peut-être, validé la rhétorique du Hamas, qui se présente comme une force de résistance équivalente à l’armée israélienne. Cette posture renforce l’impunité des preneurs d’otages, et fragilise le combat légitime pour la libération de ces hommes, femmes et enfants.


Enfin, cette déclaration trahit la mémoire de l’histoire française, celle d’un pays qui a lui-même connu l’horreur du terrorisme, des enlèvements, des attentats. En confondant victimes et détenus, elle heurte profondément les valeurs mêmes que la République prétend incarner.

Il ne s’agit pas de nier les souffrances palestiniennes, ni de faire d’Israël un État au-dessus de tout reproche. Mais dans ce cas précis, la comparaison opérée par Emmanuel Macron est inexacte sur le plan des faits, injuste sur le plan moral, et dangereuse sur le plan diplomatique. 


Il faut appeler les choses par leur nom : les Israéliens détenus par le Hamas sont des otages. Les Palestiniens emprisonnés pour terrorisme sont des détenus. Mettre ces deux situations sur le même plan, c’est fausser le jugement et abîmer le débat public.


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