Depuis des décennies, l’origine de la pomme de terre (Solanum tuberosum) intriguait les chercheurs. Elle ressemble génétiquement à la tomate, mais morphologiquement à certaines espèces andines appelées Etuberosum, qui, paradoxalement, ne possèdent pas de tubercules.
Comment, alors, expliquer l’apparition de ce légume-racine devenu un pilier de l’alimentation mondiale ?
Une étude publiée récemment dans Nature Genetics (Huang et al., 2025) a permis de lever le voile : il y a environ 8 à 9 millions d’années, un événement d’hybridation interspécifique a eu lieu dans les Andes, probablement favorisé par les bouleversements géologiques liés au soulèvement de la cordillère. Un insecte aurait fécondé une plante Etuberosum avec du pollen d’une tomate ancestrale. De ce « hasard » est née une nouvelle lignée végétale dotée de tubercules souterrains, organes de stockage d’eau et de nutriments.
Les chercheurs ont identifié deux gènes clés — l’un issu de la tomate, l’autre d’Etuberosum — qui, combinés, ont permis la formation de tubercules. Cette innovation évolutive a donné un avantage décisif aux ancêtres de la pomme de terre, leur permettant de prospérer dans les conditions rudes des Andes (froid, sécheresse). Contrairement à d’autres hybrides stériles comme le mulet, les pommes de terre pouvaient se cloner par voie végétative à partir des « yeux » des tubercules, assurant leur diffusion rapide.
Aujourd’hui, la pomme de terre est l’une des quatre grandes céréales-racines de base de l’humanité avec le blé, le riz et le maïs, représentant près de 80 % de l’apport calorique mondial (FAO, 2024). Connaître ses origines génétiques ouvre de nouvelles perspectives : améliorer les rendements, créer des variétés résistantes aux maladies, ou adapter la culture de la pomme de terre à des environnements plus diversifiés, dans le contexte du changement climatique et de la sécurité alimentaire mondiale.
Ainsi, un accident de pollinisation survenu il y a plusieurs millions d’années est à l’origine d’un des piliers de l’alimentation humaine. La pomme de terre incarne donc, à sa manière, l’extraordinaire créativité de l’évolution.
C'est délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur
d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne
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Anglais
For decades, the origin of the potato (Solanum tuberosum) has puzzled researchers. Genetically, it resembles the tomato, but morphologically it is closer to certain Andean species known as Etuberosum, which paradoxically do not produce tubers.
How, then, can we explain the emergence of this root vegetable that became a cornerstone of global nutrition?
A study recently published in Nature Genetics (Huang et al., 2025) shed light on the mystery: around 8 to 9 million years ago, an interspecific hybridization event occurred in the Andes, likely favored by geological upheavals linked to the rise of the mountain range. An insect may have fertilized an Etuberosum plant with pollen from an ancestral tomato. From this “chance event” emerged a new plant lineage equipped with underground tubers—organs for storing water and nutrients.
The researchers identified two key genes—one from the tomato and one from Etuberosum—which, when combined, enabled the formation of tubers. This evolutionary innovation gave the potato’s ancestors a decisive advantage, allowing them to thrive in the harsh conditions of the Andes (cold, drought). Unlike other sterile hybrids such as mules, potatoes could clone themselves vegetatively from the “eyes” of their tubers, ensuring their rapid spread.
Today, the potato is one of the world’s four main staple crops alongside wheat, rice, and maize, together accounting for nearly 80% of humanity’s caloric intake (FAO, 2024). Understanding its genetic origins opens new possibilities: improving yields, creating disease-resistant varieties, or adapting potato cultivation to more diverse environments in the context of climate change and global food security.
Thus, a pollination accident that occurred millions of years ago gave rise to one of the pillars of human nutrition. The potato therefore embodies, in its own way, the extraordinary creativity of evolution.
espagnol
Durante décadas, el origen de la papa (Solanum tuberosum) ha intrigado a los investigadores. Genéticamente se parece al tomate, pero morfológicamente es más cercana a ciertas especies andinas llamadas Etuberosum, que paradójicamente no producen tubérculos.
¿Cómo explicar entonces la aparición de este tubérculo que se convirtió en un pilar de la alimentación mundial?
Un estudio publicado recientemente en Nature Genetics (Huang et al., 2025) arrojó luz sobre este misterio: hace unos 8 a 9 millones de años, ocurrió un evento de hibridación interespecífica en los Andes, probablemente favorecido por los cambios geológicos vinculados al levantamiento de la cordillera. Un insecto pudo haber fecundado una planta de Etuberosum con polen de un tomate ancestral. De este “azar” nació una nueva línea vegetal dotada de tubérculos subterráneos, órganos para almacenar agua y nutrientes.
Los investigadores identificaron dos genes clave —uno procedente del tomate y otro de Etuberosum— que, combinados, permitieron la formación de tubérculos. Esta innovación evolutiva otorgó a los ancestros de la papa una ventaja decisiva, permitiéndoles prosperar en las duras condiciones de los Andes (frío, sequía). A diferencia de otros híbridos estériles como las mulas, las papas podían clonarse vegetativamente a partir de los “ojos” de sus tubérculos, asegurando así su rápida difusión.
Hoy en día, la papa es uno de los cuatro cultivos básicos del mundo junto con el trigo, el arroz y el maíz, que en conjunto representan casi el 80 % de la ingesta calórica de la humanidad (FAO, 2024). Conocer sus orígenes genéticos abre nuevas perspectivas: mejorar los rendimientos, crear variedades resistentes a las enfermedades o adaptar el cultivo de la papa a entornos más diversos, en el contexto del cambio climático y de la seguridad alimentaria mundial.
Así, un accidente de polinización ocurrido hace millones de años está en el origen de uno de los pilares de la nutrición humana. La papa encarna, a su manera, la extraordinaria creatividad de la evolución.
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