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samedi 4 octobre 2025

L'importance historique des Juifs dans les Balkans. (FR). JBCH N° 470

Il y a environ 2800 ans  les juifs (hébreux) ont accompagné les phéniciens et ont fondé avec eux des comptoirs le long de l'Adriatique, il s'y sont bien installés, et au long des années et des expulsions de Judée, au 1er siècle et d'Espagne au 16ème siècle ils ont bien réussi, en tant qie sujet protégés (dhimmis) de l'Empire Ottoman.


Quelques villes comme Raguse (Dubrovnik) avec une communauté importante, sont restées longtemps sous contrôle Vénitien. 


Les Balkans ont toujours été une mosaïque d’identités : slaves, grecques, ottomanes, austro-hongroises, italiennes, juives… Au cœur de cette diversité, les communautés juives ont joué un rôle décisif dans la vie économique, intellectuelle et culturelle de la région.


Depuis le Moyen Âge, elles furent des passeurs de langues, de savoirs et de commerce entre l’Europe centrale et l’Empire ottoman. À Sarajevo, Thessalonique, Dubrovnik, Belgrade ou Osijek, les Juifs séfarades et ashkénazes ont tissé des réseaux reliant Trieste à Istanbul, Vienne à Salonique.


Sous l’Empire ottoman, les Juifs séfarades, expulsés d’Espagne en 1492, apportèrent leurs compétences dans la banque, la médecine, la diplomatie et l’imprimerie.


Thessalonique (Grèce) devint un centre économique majeur où la majorité de la population était juive jusqu’au XIXᵉ siècle. Dans l’Empire austro-hongrois, des familles juives prospérèrent dans le commerce du bois, du textile, du vin et du tabac. 


À Osijek, petite ville croate alors en pleine expansion, des familles juives devinrent banquiers, industriels et mécènes. Elles fondèrent des écoles modernes, des associations de bienfaisance et participèrent activement à la modernisation urbaine.


Les Juifs furent aussi des pionniers de l’éducation et des professions libérales : médecins, pharmaciens, avocats, professeurs. Ils contribuèrent à la diffusion des idées européennes — rationalisme, libéralisme, sionisme culturel — tout en défendant un idéal d’intégration civique dans des sociétés plurielles.


Le Journal Jerusalem Post rappelle qu’Osijek fut, au tournant du XXᵉ siècle, un foyer intellectuel du sionisme européen. Des jeunes étudiants juifs partis à Vienne pour leurs études revinrent avec les idées d’Herzl et organisèrent des congrès sionistes régionaux dès 1904.


Ce mouvement n’était pas tant politique qu’identitaire : il visait à reconnecter une génération assimilée à ses racines culturelles et spirituelles, à travers la langue hébraïque, l’histoire juive et la solidarité communautaire.


Synagogue de Dubrovnik


Ce que l’on observe aujourd’hui à Osijek – concerts de musique ladino, conférences, expositions et festivals – prolonge cette quête d’identité. Le renouveau culturel juif, financé en partie par la restitution de biens communautaires spoliés pendant la Shoah, s’adresse autant aux Juifs qu’aux non-Juifs. C’est un mouvement de mémoire partagée dans une région où la diversité fut jadis la norme.




Après la Seconde Guerre mondiale, 80 % des Juifs de Croatie furent exterminés. par les nazis, aidés par les Oustachis croates. Sous le communisme, la vie religieuse et associative juive sombra dans le silence.

Déportation des juifs croates

Mais depuis la chute du Rideau de fer, plusieurs pays balkaniques – Croatie, Serbie, Macédoine du Nord, Bosnie-Herzégovine ont adopté des lois de restitution des biens juifs. le Kosovo vient de le faire, la Serbie aussi qui  compte transférer son ambassade à jérusalem, au grand dam de l'UE, et l'Albanie qui bien que musulmane a les meilleurs relations avec l'état Juif. 

da Les revenus tirés de ces biens permettent aujourd’hui de financer musées, festivals, bourses d’études, activités éducatives et commémoratives. La Slovénie reste la seule à être profondément antisémite, alors que le nouveau venu, le Kosovo a inauguré son ambassade à Jérusalem.



Ainsi, le Mémorial de l’Holocauste de Skopje, financé par les biens sans héritiers, témoigne de l’importance historique des Juifs macédoniens. En Serbie, la Fédération des communautés juives reçoit près d’un million d’euros par an de l’État pour la culture et l’aide sociale. Ces fonds ne recréent pas la population perdue, mais permettent de maintenir vivant l’esprit d’un peuple bâtisseur et créatif.



Le renouveau juif dans les Balkans ne passe plus seulement par la religion, mais par la culture comme espace de dialogue.

Le concert de la chanteuse Nani Vazana à Osijek, en septembre 2025, en est un symbole : chantant en ladino, langue des Juifs espagnols, elle attire un public majoritairement non-juif et suscite des vocations à explorer ses propres racines.

La musique juive devient un langage universel, un vecteur de transmission intergénérationnelle et interculturelle.


Ces initiatives montrent que la mémoire juive n’est pas figée dans le deuil. Elle devient un levier de renaissance culturelle et économique pour des villes secondaires, transformant d’anciens ghettos en lieux de rencontre et d’ouverture.



Les chiffres restent modestes : à Osijek, la communauté compte environ 250 membres. Mais grâce à la coopération régionale entre Croates, Serbes et Bosniaques, ces petites communautés partagent leurs moyens, leurs artistes et leurs idées.



Elles prouvent qu’il est possible de revivifier la culture juive sans grand nombre, par la créativité, l’éducation et la coopération.


Le Président du Kosovo recevant le Grand Rabbin


Dans un espace marqué par la guerre, la division et l’exil, ce microcosme balkanique symbolise quelque chose de plus vaste : la capacité des cultures juives, même presque effacées, à renaître par la mémoire, l’art et la solidarité.



Les Juifs des Balkans ont contribué à façonner l’économie et l’esprit européen du Sud-Est. Leur influence se lit dans les villes qu’ils ont enrichies, dans les idées qu’ils ont diffusées, et dans la culture qu’ils continuent de faire vivre, souvent par-delà leur propre disparition démographique.


L’exemple d’Osijek montre que la renaissance juive n’est pas qu’un souvenir, mais une dynamique économique et spirituelle qui invite à redécouvrir un passé partagé et à inventer un avenir commun, entre juifs et non-juifs, au cœur des Balkans.



Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme... 

C'est  délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur 

d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne

les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle, privée

🇬🇧 English


About 2,800 years ago, the Jews (Hebrews) accompanied the Phoenicians and founded trading posts along the Adriatic together with them. They settled there successfully, and over the years — especially after the expulsions from Judea in the 1st century and from Spain in the 16th century — they thrived, living as protected subjects (dhimmis) of the Ottoman Empire.


Some cities, such as Ragusa (Dubrovnik), which hosted a large community, long remained under Venetian control.

The Balkans have always been a mosaic of identities: Slavic, Greek, Ottoman, Austro-Hungarian, Italian, Jewish… At the heart of this diversity, Jewish communities played a decisive role in the economic, intellectual, and cultural life of the region.

Since the Middle Ages, they were intermediaries of languages, knowledge, and commerce between Central Europe and the Ottoman Empire. In Sarajevo, Thessaloniki, Dubrovnik, Belgrade, or Osijek, Sephardic and Ashkenazi Jews wove networks connecting Trieste to Istanbul, Vienna to Salonika.

Under the Ottoman Empire, Sephardic Jews expelled from Spain in 1492 brought skills in banking, medicine, diplomacy, and printing.

Thessaloniki became a major economic center where Jews formed the majority of the population until the 19th century. In the Austro-Hungarian Empire, Jewish families prospered in the timber, textile, wine, and tobacco trades.

In Osijek, a small but growing Croatian town, Jewish families became bankers, industrialists, and philanthropists. They founded modern schools, charitable associations, and actively contributed to urban modernization.

Jews were also pioneers in education and the liberal professions: doctors, pharmacists, lawyers, professors. They helped spread European ideas — rationalism, liberalism, cultural Zionism — while defending an ideal of civic integration in plural societies.

The Jerusalem Post recalls that Osijek, at the turn of the 20th century, was an intellectual hub of European Zionism. Young Jewish students returning from Vienna with Herzl’s ideas organized regional Zionist congresses as early as 1904.

This movement was less political than identity-driven: it sought to reconnect an assimilated generation with its cultural and spiritual roots, through Hebrew language, Jewish history, and community solidarity.

Today in Osijek, one sees concerts of Ladino music, lectures, exhibitions, and festivals continuing this quest for identity. The Jewish cultural revival, partly financed by the restitution of community property looted during the Holocaust, addresses Jews and non-Jews alike. It is a movement of shared memory in a region where diversity was once the norm.

After World War II, 80% of Croatia’s Jews were exterminated by the Nazis with the aid of the Croatian Ustasha. Under communism, Jewish religious and communal life fell silent.

But since the fall of the Iron Curtain, several Balkan countries — Croatia, Serbia, North Macedonia, Bosnia and Herzegovina — have adopted laws on the restitution of Jewish property. The revenues now fund museums, festivals, scholarships, and educational and commemorative activities. Slovenia remains deeply antisemitic, while Kosovo, the newcomer, has inaugurated its embassy in Jerusalem.

Thus, the Holocaust Memorial in Skopje, financed by heirless property, bears witness to the historical importance of Macedonian Jews. In Serbia, the Federation of Jewish Communities receives nearly one million euros a year from the state for cultural and social aid. These funds do not recreate the lost population but keep alive the spirit of a creative, nation-building people.

Jewish renewal in the Balkans is no longer only about religion but about culture as a space of dialogue.

The concert of singer Nani Vazana in Osijek in September 2025 is a symbol: singing in Ladino, the language of Spanish Jews, she attracts a mostly non-Jewish audience and inspires people to explore their own roots. Jewish music becomes a universal language, a bridge across generations and cultures.

These initiatives show that Jewish memory is not frozen in mourning. It becomes a lever of cultural and economic revival for secondary cities, turning former ghettos into places of encounter and openness.

The numbers remain modest: in Osijek, the community counts around 250 members. But thanks to regional cooperation between Croats, Serbs, and Bosnians, these small communities share their resources, artists, and ideas.

They prove that Jewish culture can be revitalized without large numbers, through creativity, education, and cooperation.

In a land marked by war, division, and exile, this Balkan microcosm symbolizes something broader: the ability of Jewish cultures, even nearly erased, to be reborn through memory, art, and solidarity.

The Jews of the Balkans helped shape the economy and spirit of Southeastern Europe. Their influence is visible in the cities they enriched, the ideas they spread, and the culture they continue to bring to life, often beyond their own demographic disappearance.


The example of Osijek shows that Jewish renaissance is not only a memory but an economic and spiritual dynamic, inviting the rediscovery of a shared past and the invention of a common future, between Jews and non-Jews, at the heart of the Balkans.


🇪🇸 Español


Hace unos 2.800 años, los judíos (hebreos) acompañaron a los fenicios y fundaron con ellos puestos comerciales a lo largo del Adriático. Allí se establecieron con éxito y, con el paso de los siglos —especialmente tras las expulsiones de Judea en el siglo I y de España en el siglo XVI— prosperaron, viviendo como súbditos protegidos (dhimmíes) del Imperio otomano.


Algunas ciudades, como Ragusa (Dubrovnik), que acogía una importante comunidad, permanecieron durante mucho tiempo bajo control veneciano.

Los Balcanes siempre han sido un mosaico de identidades: eslavas, griegas, otomanas, austrohúngaras, italianas, judías… En el corazón de esta diversidad, las comunidades judías desempeñaron un papel decisivo en la vida económica, intelectual y cultural de la región.

Desde la Edad Media, actuaron como mediadores de lenguas, saberes y comercio entre la Europa central y el Imperio otomano. En Sarajevo, Tesalónica, Dubrovnik, Belgrado u Osijek, judíos sefardíes y asquenazíes tejieron redes que unían Trieste con Estambul, Viena con Salónica.

Bajo el Imperio otomano, los judíos sefardíes expulsados de España en 1492 aportaron competencias en banca, medicina, diplomacia e imprenta.

Tesalónica se convirtió en un centro económico de primer orden donde la mayoría de la población era judía hasta el siglo XIX. En el Imperio austrohúngaro, las familias judías prosperaron en el comercio de la madera, el textil, el vino y el tabaco.

En Osijek, pequeña ciudad croata en plena expansión, las familias judías se convirtieron en banqueros, industriales y mecenas. Fundaron escuelas modernas, asociaciones benéficas y participaron activamente en la modernización urbana.

Los judíos fueron también pioneros en la educación y en las profesiones liberales: médicos, farmacéuticos, abogados, profesores. Contribuyeron a la difusión de ideas europeas —racionalismo, liberalismo, sionismo cultural— defendiendo al mismo tiempo un ideal de integración cívica en sociedades plurales.

El Jerusalem Post recuerda que Osijek fue, a comienzos del siglo XX, un foco intelectual del sionismo europeo. Jóvenes estudiantes judíos que fueron a Viena para sus estudios regresaron con las ideas de Herzl y organizaron congresos sionistas regionales desde 1904.

Este movimiento no era tanto político como identitario: buscaba reconectar a una generación asimilada con sus raíces culturales y espirituales, a través de la lengua hebrea, la historia judía y la solidaridad comunitaria.

Lo que hoy se observa en Osijek —conciertos de música ladina, conferencias, exposiciones y festivales— prolonga esta búsqueda de identidad. El renacimiento cultural judío, financiado en parte por la restitución de bienes comunitarios expoliados durante la Shoá, se dirige tanto a judíos como a no judíos. Es un movimiento de memoria compartida en una región donde la diversidad fue antaño la norma.

Tras la Segunda Guerra Mundial, el 80% de los judíos de Croacia fueron exterminados por los nazis con la ayuda de los ustachas croatas. Bajo el comunismo, la vida religiosa y comunitaria judía cayó en el silencio.

Pero desde la caída del Telón de Acero, varios países balcánicos —Croacia, Serbia, Macedonia del Norte, Bosnia-Herzegovina— han adoptado leyes de restitución de bienes judíos. Los ingresos hoy financian museos, festivales, becas de estudio, actividades educativas y conmemorativas. Eslovenia sigue siendo profundamente antisemita, mientras que Kosovo, el recién llegado, ha inaugurado su embajada en Jerusalén.

Así, el Memorial del Holocausto de Skopie, financiado con bienes sin herederos, da testimonio de la importancia histórica de los judíos macedonios. En Serbia, la Federación de Comunidades Judías recibe cerca de un millón de euros al año del Estado para cultura y ayuda social. Estos fondos no recrean la población perdida, pero mantienen vivo el espíritu de un pueblo constructor y creativo.

El renacimiento judío en los Balcanes ya no pasa únicamente por la religión, sino por la cultura como espacio de diálogo.

El concierto de la cantante Nani Vazana en Osijek, en septiembre de 2025, es un símbolo: cantando en ladino, la lengua de los judíos españoles, atrae a un público mayoritariamente no judío e inspira vocaciones para explorar las propias raíces. La música judía se convierte en un lenguaje universal, un puente intergeneracional e intercultural.

Estas iniciativas muestran que la memoria judía no está congelada en el duelo. Se convierte en una palanca de renacimiento cultural y económico para ciudades secundarias, transformando antiguos guetos en lugares de encuentro y apertura.

Las cifras siguen siendo modestas: en Osijek, la comunidad cuenta con unos 250 miembros. Pero gracias a la cooperación regional entre croatas, serbios y bosnios, estas pequeñas comunidades comparten recursos, artistas e ideas.

Demuestran que es posible revivir la cultura judía sin gran número, mediante la creatividad, la educación y la cooperación.

En un espacio marcado por la guerra, la división y el exilio, este microcosmos balcánico simboliza algo más amplio: la capacidad de las culturas judías, incluso casi borradas, de renacer a través de la memoria, el arte y la solidaridad.

Los judíos de los Balcanes contribuyeron a forjar la economía y el espíritu de la Europa sudoriental. Su influencia se lee en las ciudades que enriquecieron, en las ideas que difundieron y en la cultura que siguen haciendo vivir, a menudo más allá de su propia desaparición demográfica.

El ejemplo de Osijek demuestra que el renacimiento judío no es solo un recuerdo, sino una dinámica económica y espiritual que invita a redescubrir un pasado compartido e inventar un futuro común, entre judíos y no judíos, en el corazón de los Balcanes.



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